Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

08 août 2005

Instant

Le lundi matin est souvent précédé du dimanche soir. L'occasion hebdomadaire d'un moment fugage et déroutant.

Vers 21h (rarement avant, parfois un peu après), il y a toujours cet instant où l'on réalise que demain sera. Demain, lundi. L'espace d'un instant, j'avais oublié cette semaine qui arrive, j'avais oublié le travail qui attend, les questions en suspens (alors, on l'organise comment cette quatrième partie ? et les allemands qui veulent savoir comment on fait, nous, je réponds quoi ? et ce modèle qui n'attend plus que trois lignes de codes et aussi, ce déjeuner à confirmer, cette réponse à faire...).

Un instant éphémère que l'on sent se dissiper, presque physiquement, comme un oiseau qui s'envole au ralenti ou un chevreuil qui détale doucement de l'autre côté du thalweg. C'est un instant étrange, comme si, mystérieusement, nous avions manqué un battement de balancier à la comptoise du couloir. L'instant où la toupie s'immobilise, suspendue dans son mouvement. L'instant qui arrive trop tôt et trop tard où il faut rendre sa copie après quatres heures de concentration.

Un instant calme et profond. Comme si le temps dans sa
course marquait une respiration avant de reprendre son inexorable mouvement.

Un instant qui semble durer une éternité et puis, voilà, c'est fait, à présent nous ne sommes plus tout à fait dimanche soir mais plutôt la veille de lundi. Je crois que j'aime ces instants particuliers, uniques...

Mais la semaine prochaine, il n'y aura pas de dimanche soir...

PS : merci Nicole pour le "petit haiku d'un grand maitre".
C'est vrai que, juste deviner la tour Eiffel, le nez dans les nuages... et en profiter vraiment, c'est un luxe de parisien. D'ailleurs, Paris en automne, c'est si beau : le faisceau de la vieille dame qui balaie un ciel sombre et laiteux ; une symphonie de couleurs aux Tuileries ; les statues du Luxembourg qui semblent bien légèrement vêtues pour affronter l'hiver qui s'annonce ; un
soleil froid qui réchauffe le coeur ; la place Saint Sulpice luisante de la dernière pluie ; chocolat fumant et conversation à demi mots au fond du café Cassette ; vingt mètres sans veste, dehors, à midi ; un retour d'entretien sous la bruine ; un bon thé dans mon canapé ou au fond du Vivienne ; le Dupont's post toile (un bon film français semble tout à fait indiqué) ; le rythme serein des journées de novembre. Ah, vivement l'automne ! Euh, non, là, je m'emporte un peu, Morgen ist auch noch ein Tag et c'est tout de même dommage ce parfum d'été qui manque cette année.