Resume blogging
Ce soir, une nouvelle entrée dans la rubrique "salles obscures" (je passe sur le succès hollywoodien -années 60- en resortie nationale de jeudi dernier Qu'as tu fais à la guerre, "Papa" ? de B. Edwards... demandez à O pour une critique enthousiate de ce petit film décalé, loufoque et absurde à l'humour pas tout à fait assumé, ou comment la guerre est un drôle de truc pas sérieux).

La moustache d'E. Carrère
Un film sur l'absurde, mais pas pareil. Ici, le réalisateur nous promène ad nauseum dans une histoire aberrante mais trop réelle. Il nous emmène là où nous ne voudrions pas être : trop près d'un type qui perd pied, sournoisement. On est condamné à osciller, avec Marc, entre incrédulité et folie, obsédé par un détail qui cloche. Se raser une moustache bien réelle dont personne ne se souvient. Plonger dans la démence, sans vraiment savoir que l'on devient fou mais sans l'ignorer non plus. S'égarer à la frontière du sens et du non-sens. Prendre le ferry de Kowloon à Hong Kong ; deux, dix, vingt, trente fois. Se perdre pour tenter de se retrouver... se perdre, être retrouvé mais se perdre. (NdE : ce paragraphe obscure est à l'image du film : l'incompréhension est un ressort puissant !)
Pour résumer :
- en une réplique : Agnès, la femme de Marc "c'est comme quand on est flippé, il faut se dire que ça va s'arrêter".
- en un adjectif : kafkaïen
- en un anglicisme : totalement insane
- en un signe de ponctuation : ?
- en deux signes de ponctuation : ?!
- en deux mots : absurde et lourd (mais réussi)
Mis à part ça, life, as usual... dîners, pubs, etc. à noter une sympathique soirée guinness & Taj Mahal dimanche, un bon moment passé avec mes grand-tantes, quelques coups de fils très réjouissants (mariage en perspective), des grass' mat juste comme il faut, quelques instants lecture-vautré-dans-un-bon-canapé-bien-profond-avec-de-la-bonne-musique, etc. ; tout ce qu'il faut pour passer un week-end de trois jours (ça devrait être la durée légale du week-end ! d'ailleurs, rendez-vous ici pour faire avancer ce grand combat).
Et une autre entrée culturelle...
Afrika Trek (de Sonia et Alexandre Poussin)
Une collection d'instantanés, de sourires, de parfums et d'histoires : l'Afrique à pied du Cap au Kilimanjaro (la suite de l'aventure s'achève au bord du lac de Tibériade : au total, 14 000 km). Un blog de voyage mais sur papier, qui nous emmène dans une Afrique intime, qui ne se laisse découvrir que parce qu'on ne cherche pas à la découvrir mais à la rencontrer.
Accueillis par des centaines de familles, ils nous font partager, quelques heures, quelques jours de la vie d'amis Africains, leurs peines, leurs joies. Milles rencontres, inattendues mais toujours accueillies et souvent providentielles. Avec un lietmotiv simple, désarçonnant :
- Pourquoi vous marchez ?
- Pour vous rencontrer.
Au fil des pages et des kilomètres, Alexandre (et Sonia, même si elle ne tient pas la plume... de toutes manières, il n'y a pas une page dont elle soit absente) Poussin nous font partager des paysages, des instants, des visages... au final, un regard sur l'Afrique, loin du funeste triptyque "guérilla/famine/épidémie", et des clichés de tour operators. Un autre regard sur le happy sad continent, juste, sans complaisance mais rempli d'espérance.
C'est d'ailleurs surprenant de constater combien ce récit de voyage résonne avec The Elusive Quest for Growth - Economists’ Adventures and Misadventures in the Tropics, de W. Easterly (une bonne référence en économie du développement ; un jour, je vous ferai un petit post sur ce chef d'oeuvre de vulgarisation, promis, en attendant, allez voir là).
Mais surtout, dans ces pages on touche du doigt la magie de ces vies qui se croisent et cette tension de la rencontre aussi éphémère qu'elle est sincère et vraie. Mystère de ces rencontres qui débordent du temps et de l'espace. Croiser une vie et passer, mais être, profondément. Toute une leçon. Ce soir, ça fera trois ans.

La moustache d'E. Carrère
Un film sur l'absurde, mais pas pareil. Ici, le réalisateur nous promène ad nauseum dans une histoire aberrante mais trop réelle. Il nous emmène là où nous ne voudrions pas être : trop près d'un type qui perd pied, sournoisement. On est condamné à osciller, avec Marc, entre incrédulité et folie, obsédé par un détail qui cloche. Se raser une moustache bien réelle dont personne ne se souvient. Plonger dans la démence, sans vraiment savoir que l'on devient fou mais sans l'ignorer non plus. S'égarer à la frontière du sens et du non-sens. Prendre le ferry de Kowloon à Hong Kong ; deux, dix, vingt, trente fois. Se perdre pour tenter de se retrouver... se perdre, être retrouvé mais se perdre. (NdE : ce paragraphe obscure est à l'image du film : l'incompréhension est un ressort puissant !)
Pour résumer :
- en une réplique : Agnès, la femme de Marc "c'est comme quand on est flippé, il faut se dire que ça va s'arrêter".
- en un adjectif : kafkaïen
- en un anglicisme : totalement insane
- en un signe de ponctuation : ?
- en deux signes de ponctuation : ?!
- en deux mots : absurde et lourd (mais réussi)
Mis à part ça, life, as usual... dîners, pubs, etc. à noter une sympathique soirée guinness & Taj Mahal dimanche, un bon moment passé avec mes grand-tantes, quelques coups de fils très réjouissants (mariage en perspective), des grass' mat juste comme il faut, quelques instants lecture-vautré-dans-un-bon-canapé-bien-profond-avec-de-la-bonne-musique, etc. ; tout ce qu'il faut pour passer un week-end de trois jours (ça devrait être la durée légale du week-end ! d'ailleurs, rendez-vous ici pour faire avancer ce grand combat).
Et une autre entrée culturelle...
Afrika Trek (de Sonia et Alexandre Poussin)
Une collection d'instantanés, de sourires, de parfums et d'histoires : l'Afrique à pied du Cap au Kilimanjaro (la suite de l'aventure s'achève au bord du lac de Tibériade : au total, 14 000 km). Un blog de voyage mais sur papier, qui nous emmène dans une Afrique intime, qui ne se laisse découvrir que parce qu'on ne cherche pas à la découvrir mais à la rencontrer.Accueillis par des centaines de familles, ils nous font partager, quelques heures, quelques jours de la vie d'amis Africains, leurs peines, leurs joies. Milles rencontres, inattendues mais toujours accueillies et souvent providentielles. Avec un lietmotiv simple, désarçonnant :
- Pourquoi vous marchez ?
- Pour vous rencontrer.
Au fil des pages et des kilomètres, Alexandre (et Sonia, même si elle ne tient pas la plume... de toutes manières, il n'y a pas une page dont elle soit absente) Poussin nous font partager des paysages, des instants, des visages... au final, un regard sur l'Afrique, loin du funeste triptyque "guérilla/famine/épidémie", et des clichés de tour operators. Un autre regard sur le happy sad continent, juste, sans complaisance mais rempli d'espérance.
C'est d'ailleurs surprenant de constater combien ce récit de voyage résonne avec The Elusive Quest for Growth - Economists’ Adventures and Misadventures in the Tropics, de W. Easterly (une bonne référence en économie du développement ; un jour, je vous ferai un petit post sur ce chef d'oeuvre de vulgarisation, promis, en attendant, allez voir là).
Mais surtout, dans ces pages on touche du doigt la magie de ces vies qui se croisent et cette tension de la rencontre aussi éphémère qu'elle est sincère et vraie. Mystère de ces rencontres qui débordent du temps et de l'espace. Croiser une vie et passer, mais être, profondément. Toute une leçon. Ce soir, ça fera trois ans.

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