Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

29 octobre 2005

Premières feuilles

Dernière après-midi d'été... en français, le genre d'"après-midi" est indifféremment masculin ou féminin. Aujourd'hui, il me semble que l'après-midi se conjuguait au féminin : chaud, doux, langoureux... encore un peu de la chaleur de l'été, un soir qui se couche, certes plus tôt qu'en juillet, mais tout aussi paresseusement qu'en aout ou début septembre. Et comme une atmosphère... plus tout à fait summertime, mais pas encore vraiment la saison des pavés humides, des gens pressés, des courses. Le business as usual des parisiens comme suspendu, pour quelques heures encore.

Et pourtant, pourtant, ce soir, les premières feuilles de l'automne. Oh, certes, pas tout à fait les premières, mais les premières que l'on remarque, par hasard, en retrouvant un bruit familier... le pied qui joue involontairement avec les feuilles sur le trottoir. Un petit bruit oublié, depuis presqu'un an. Et moi, de retrouver le plaisir de marcher dans les feuilles. Plaisir enfantin et tellement ephémère... dont on profite quelques jours, avant que la pluie de transforme les feuilles en une vraie patinoire ou, plus sûrement (dans tous les sens du terme), que les balayeurs ne nettoyent les trottoires.

En parlant des balayeurs, je veux dire, les vrais, ceux-qui balayaient les feuilles de mon enfance (comme dans l'histoire de ce balayeur qui trouve un gant et qui le met sur son balaie... si, j'en suis sûr, dans la collection Père castor chez Flammarion), je crois qu'ils ont disparu... Comme les sous-pulls horribles qui grattaient, les cagoules marron, orange, bleu ou vert tellement années 80. Comme les plaques d'immatriculation en noir et blanc, avec deux lettres seulement pour le département de la Seine. Heureusement, il reste encore les petits lapins sur les portières du métro, pour me rappeler que j'ai vraiment été enfant.