Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

29 octobre 2005

Salles obscures

Les deux dernières en date... cette fois-ci, je crois que je vais faire un petit effort pour sortir deux vraies (toutes) petites chroniques.

La (l'une des) seule(s) question(s) qui vaille(ent), après un film, un roman, une expo... ou, disons, plus génériquement, en face d'une oeuvre d'art, ce serait : qu'y a-t-il d'universel dans cette oeuvre ? qu'y a-t-il qui me parle de l'homme, de mon, de notre humanité ?

Et le propre d'une véritable oeuvre d'art, c'est peut-être de nous laisser perplexe, avec la certitude que nous venons de voir quelque chose d'universel, sans toutefois bien comprendre encore où se trouve l'universel dans le particulier.

C'est ce qui me vient à l'esprit en pensant aux deux films que je viens de voir ces derniers jours. a la fois étonnement universels et tout à fait particuliers.

L'enfant (réal. Jean-Pierre et Luc Dardenne)

Rien n'est glamour chez les frères Dardenne, pas même la manière de filmer. Un décor de terrils et de friches industrielles, plus évoqués, suggérés et, finalement, devinés que vraiment montrés. Des personnages toujours trop vrais, englués dans le réel. Une histoire glauque et jamais poétique (oui, je crois qu'on peut le dire... a contrario, certaines histoires sont glauques mais poétiques, e.g. I am Sam ou ***). Et pourtant, il en reste quelque chose de tout à fait indéfinissable et, je crois, universel.

Oliver Twist (réal. Roman Polansky)

Où l'Angleterre victorienne de Charles Dickens (England rules) sert de décor à la comédie humaine éternelle. Je n'ai pas lu Dickens (je n'ai lu aucun de mes classiques... et hereusement que mes amis s'emploient à combler cette terrible lacune, merci, même s'il reste beaucoup à faire), mais je crois que Polansky n'a pas démérité : le film est à la hauteur du chef d'oeuvre. Sans le trahir : il ne s'essaie pas à la reconstitution historique, ne tombe pas dans le mélo, n'en fais pas trop, etc. Finalement, Polansky a trouvé le ton juste pour une adaptation : raconter l'histoire et ne faire qu'évoquer ce que l'auteur a voulu, à dessein, laisser en arrière plan de son récit.