Merde, je l'ai fait.
Oooops. Je me disais que je ne ferai jamais de billet économique sur mon blog à moi. J'ai craqué, je l'ai fait (enfin, je suis sur le point de le faire...).
Récemment, Starbuck s'est lancé dans le commerce équitable (référence) :
Starbucks and the Fair Trade movement share common goals: to ensure that coffee farmers receive a fair price and to ensure they can sustain their farms for the future. [...]
Starbucks is committed to paying fair prices for all of our coffee. We do that to ensure that farmers make a profit and to encourage future production of high quality coffee. Starbucks pays premium prices that are substantially over and above the prevailing commodity-grade coffee prices. In fiscal 2003, when prices for commercial-grade arabica coffee ranged from $0.55-$0.70 per pound, Starbucks paid an average of $1.20 per pound for all of our coffee.
Génial... quelle générosité !
Cela dit, je ne suis pas certain que ce soit la solution aux problèmes de développement (pour ça, je revois plus volontiers à l'excellent livre de W. Easterly, The Elusive Quest for Growth). Et plus encore, j'ai comme en doute sur la motivation profonde de Starbuck.
Je souscris volontiers à l'analyse de B. Daviron et S. Ponte (The Coffee Paradox: Global Markets, Commodity Trade and the Elusive Promise of Development) :
[T]he coffee paradox exists because what farmers sell and what consumers buy are becoming increasingly 'different' coffees. It is not material quality that contemporary coffee consumers pay for, it is mostly symbolic quality and in-person services. As long as coffee farmers and their organizations do not control at least parts of this 'immaterial' production, they will keep receiving low prices. The Coffee Paradox seeks ways out from this situation by addressing some key questions: What kinds of quality attributes are combined in a coffee cup or coffee package? Who is producing these attributes? How can part of these attributes be produced by developing country farmers? To what extent are speciality and sustainable coffees achieving these objectives?
où l'on comprend que Starbuck, c'est trendy et que Max Havelaar, c'estfuncky funky.
Et que si Starbuck fait du Fair Trade Coffee (enfin, du commerce équitable, je veux dire), ça n'est pas par pure charité, mais parce que, " it is not material quality that contemporary coffee consumers pay for, it is mostly symbolic quality and in-person services " et que " mostly symbolic quality ", c'est aussi un petit macaron Max Havelaar sur le coin de la tasse/gobelet en carton recyclé.
Et que le problème de fond (que la structure de marché entre les producteurs et les négociants n'est pas très favorable aux vendeurs et que ce que je paie dans mon Starbuck préféré* - un moment convivial entre potes à la sortie du boulot - ce n'est que très marginalement les quelques grammes de café qui ont servis à faire mon expresso) reste et restera entier.
Et que, finalement, boire son café équitable dans un gobelet en carton recyclé, c'est un bon moyen de s'acheter une bonne conscience mais ça ne résout qu'assez marginalement (voire pas du tout) les problèmes de développement et d'environnement. A bon entendeur...
Et voilà... je l'ai fait.
* Euh, non, en fait, je suis pas très fan de Starbuck... mais j'aime beaucoup le Dupont Café, le Café Cassette, le Pub Saint Germain, le Bistrot Vivienne et quelques autres dont je tiens la liste à disposition.
PS : le 28 novembre est déclaré Journée mondiale de l'autoréférencement ; voir le site http://monsieurjean.blogspot.com/ (et aussi ici, et plus précisemment, là).
Récemment, Starbuck s'est lancé dans le commerce équitable (référence) :
Starbucks and the Fair Trade movement share common goals: to ensure that coffee farmers receive a fair price and to ensure they can sustain their farms for the future. [...]
Starbucks is committed to paying fair prices for all of our coffee. We do that to ensure that farmers make a profit and to encourage future production of high quality coffee. Starbucks pays premium prices that are substantially over and above the prevailing commodity-grade coffee prices. In fiscal 2003, when prices for commercial-grade arabica coffee ranged from $0.55-$0.70 per pound, Starbucks paid an average of $1.20 per pound for all of our coffee.
Génial... quelle générosité !
Cela dit, je ne suis pas certain que ce soit la solution aux problèmes de développement (pour ça, je revois plus volontiers à l'excellent livre de W. Easterly, The Elusive Quest for Growth). Et plus encore, j'ai comme en doute sur la motivation profonde de Starbuck.
Je souscris volontiers à l'analyse de B. Daviron et S. Ponte (The Coffee Paradox: Global Markets, Commodity Trade and the Elusive Promise of Development) :
[T]he coffee paradox exists because what farmers sell and what consumers buy are becoming increasingly 'different' coffees. It is not material quality that contemporary coffee consumers pay for, it is mostly symbolic quality and in-person services. As long as coffee farmers and their organizations do not control at least parts of this 'immaterial' production, they will keep receiving low prices. The Coffee Paradox seeks ways out from this situation by addressing some key questions: What kinds of quality attributes are combined in a coffee cup or coffee package? Who is producing these attributes? How can part of these attributes be produced by developing country farmers? To what extent are speciality and sustainable coffees achieving these objectives?
où l'on comprend que Starbuck, c'est trendy et que Max Havelaar, c'est
Et que si Starbuck fait du Fair Trade Coffee (enfin, du commerce équitable, je veux dire), ça n'est pas par pure charité, mais parce que, " it is not material quality that contemporary coffee consumers pay for, it is mostly symbolic quality and in-person services " et que " mostly symbolic quality ", c'est aussi un petit macaron Max Havelaar sur le coin de la tasse/gobelet en carton recyclé.
Et que le problème de fond (que la structure de marché entre les producteurs et les négociants n'est pas très favorable aux vendeurs et que ce que je paie dans mon Starbuck préféré* - un moment convivial entre potes à la sortie du boulot - ce n'est que très marginalement les quelques grammes de café qui ont servis à faire mon expresso) reste et restera entier.
Et que, finalement, boire son café équitable dans un gobelet en carton recyclé, c'est un bon moyen de s'acheter une bonne conscience mais ça ne résout qu'assez marginalement (voire pas du tout) les problèmes de développement et d'environnement. A bon entendeur...
Et voilà... je l'ai fait.
* Euh, non, en fait, je suis pas très fan de Starbuck... mais j'aime beaucoup le Dupont Café, le Café Cassette, le Pub Saint Germain, le Bistrot Vivienne et quelques autres dont je tiens la liste à disposition.
PS : le 28 novembre est déclaré Journée mondiale de l'autoréférencement ; voir le site http://monsieurjean.blogspot.com/ (et aussi ici, et plus précisemment, là).

2 Comments:
Oh vénérable protecteur de l'orthographe et de ses subtilités... Il vous a échappé semble-t-il que "FUNCKY" (tel que vous l'avez écrit!) avait la même étymologie que le funk... même si le premier devance le second chronologiquement. J'en veux pour preuve le Petit Larousse. Il définit le "funk" comme "un style de rock apparu dans les années 1970, issu du funky" et l'on apprend ligne suivante que le "funky" est en fait "un style de jazz apparu dans les années 1960" - originalité quand tu nous tiens ! Bref tout cela pour dire que tout arrive, je me décide à envoyer un post moi aussi pour vous signaler - pardon - que vous avez fait une faute d'orthographe...
By
Anonyme, at 9:51 PM
Merci, gardien pointilleux de la bonne orthographe dans les espaces numériques infinis...
Merci, sagace professeur à l'incommensurable culture...
Merci de m'avoir pris à mon propre jeu... et merci de ne pas me reprendre à chaque fôte.
:)
PS : du coup, j'ai corrigé ! Personne n'aime mon blog, mais j'aime avoir mes affaires en ordre.
By
Monsieur Jean, at 3:22 PM
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