Chaudes moufles
Un petit billet bizarre au titre farfelu...
Je lisais à l'instant un commentaire au sujet du partial disclosure d'un futur rapport et... (bref, ça n'est pas le sujet). Toujours est-il que je fus arrêté par l'usage assez incongru (quoique justifiable) d'un joli mot assez peu employé : camouflet.
N'écoutant que mon coeur et mon naturel un peu curieux (c'est ma maitresse de dixième - toujours elle - qui disait que la curiosité n'est pas un vilain défaut ! décidement*, ma maitresse de dixième, c'était une maitresse pleine de ressources...), je m'en suis allé consulter la définition de camouflet inscrite au Dictionnaire (par chance, l'actuelle édition court de A à onglette).
A en croire les Immortels (et l'on aurait tort de ne pas les croire), un camouflet est une chaude moufle mais ne présente aucune utilité en hiver. En effet,
CAMOUFLET n. m. XVIIe siècle, chaumouflet. Altération de l'expression chault mouflet, au sens 1, formée de l'adjectif chault, ancienne forme de chaud, et de mouflet, "souffle", dérivé de moufle, "gros visage rebondi".
1. Très vieilli. Fumée soufflée, par plaisanterie, au nez de quelqu'un.
2. Mortification, affront ; échec cuisant. Infliger un camouflet à quelqu'un.
3. MILIT. Fourneau de mine destiné à détruire une galerie souterraine ennemie.
Et faisant d'une pierre deux coups, j'ai aussi appris que les (chaudes) moufles de mon filleul** n'avaient rien à voir avec son visage qu'il a plus angélique que rebondi (mais là, je parle sous le contrôle de ses parents...), puisque moufle dérive du latin médiéval muffula (et ça, ça ne laisse pas de glace...)
MOUFLE n. XIIIe siècle. Emprunté du latin médiéval muffula, "mitaine". Les emplois techniques s'expliquent par un glissement du sens de "mitaine" au sens de "couverture, enveloppe, protection".
I. N. f. Sorte de gant qui n'a pas de séparation pour les doigts, excepté pour le pouce. Une paire de moufles.
II. TECHN. [...] 1. 2. et 3.***
Enfin, en pensant toujours à mon filleul (et aussi à mon neveu), je suis allé compulser l'entrée mouflet pour découvrir que
MOUFLET , -ETTE n. XIXe siècle. D'origine incertaine.
Fam. Jeune enfant, petit garçon, petite fille.
Cette filiation incertaine me laisse perplexe : les Académiciens auraient brillamment retrouvé la généalogie**** de camouflet mais sècheraient lamentablement sur celle de mouflet... A mon avis, le "gros visage rebondi" du premier doit avoir quelque chose à voir avec le visage angélique du second. Hier, je ne perdais pas espoir d'être un jour docteur, aujourd'hui, je me demande ce qui me retient de briguer un fauteuil sous la Coupole... (qui a dit que mon orthographe était lamentable et que je glissais des anglicisme toutes les deux phrases ? oui, bon, c'est vrai, je sais ce qui me retient... :) ).
* A propos de l'emploi des majuscules, l'incontournable Lexique des règles typographiques... nous renvoie successivement à "Capitale (emploi de la)" pour préciser qu'on emploie la capitale "[a]près les points d'interrogation, d'exclamation ou de suspension, mais seulement lorsqu'ils terminent effectivement une phrase et non quand ils ne servent qu'a en détacher les éléments successifs" puis à "Ponctuation" où il déplore avec véhémence un certain "laisser-aller" contre lequel il convient de réagir (dès la première rédaction d'un texte). Dont acte. Mais là, je crois que c'est un peu comme je le sens...
** S'il n'en a pas, il va me falloir pallier rapidement cet oubli, vu les contrées lointaines et froides où il est parti...
*** Je vous fais grâce du reste...
**** Je sais, mais l'étymologie, ce n'est jamais que de la généalogie, non ?
Je lisais à l'instant un commentaire au sujet du partial disclosure d'un futur rapport et... (bref, ça n'est pas le sujet). Toujours est-il que je fus arrêté par l'usage assez incongru (quoique justifiable) d'un joli mot assez peu employé : camouflet.
N'écoutant que mon coeur et mon naturel un peu curieux (c'est ma maitresse de dixième - toujours elle - qui disait que la curiosité n'est pas un vilain défaut ! décidement*, ma maitresse de dixième, c'était une maitresse pleine de ressources...), je m'en suis allé consulter la définition de camouflet inscrite au Dictionnaire (par chance, l'actuelle édition court de A à onglette).
A en croire les Immortels (et l'on aurait tort de ne pas les croire), un camouflet est une chaude moufle mais ne présente aucune utilité en hiver. En effet,
CAMOUFLET n. m. XVIIe siècle, chaumouflet. Altération de l'expression chault mouflet, au sens 1, formée de l'adjectif chault, ancienne forme de chaud, et de mouflet, "souffle", dérivé de moufle, "gros visage rebondi".
1. Très vieilli. Fumée soufflée, par plaisanterie, au nez de quelqu'un.
2. Mortification, affront ; échec cuisant. Infliger un camouflet à quelqu'un.
3. MILIT. Fourneau de mine destiné à détruire une galerie souterraine ennemie.
Et faisant d'une pierre deux coups, j'ai aussi appris que les (chaudes) moufles de mon filleul** n'avaient rien à voir avec son visage qu'il a plus angélique que rebondi (mais là, je parle sous le contrôle de ses parents...), puisque moufle dérive du latin médiéval muffula (et ça, ça ne laisse pas de glace...)
MOUFLE n. XIIIe siècle. Emprunté du latin médiéval muffula, "mitaine". Les emplois techniques s'expliquent par un glissement du sens de "mitaine" au sens de "couverture, enveloppe, protection".
I. N. f. Sorte de gant qui n'a pas de séparation pour les doigts, excepté pour le pouce. Une paire de moufles.
II. TECHN. [...] 1. 2. et 3.***
Enfin, en pensant toujours à mon filleul (et aussi à mon neveu), je suis allé compulser l'entrée mouflet pour découvrir que
MOUFLET , -ETTE n. XIXe siècle. D'origine incertaine.
Fam. Jeune enfant, petit garçon, petite fille.
Cette filiation incertaine me laisse perplexe : les Académiciens auraient brillamment retrouvé la généalogie**** de camouflet mais sècheraient lamentablement sur celle de mouflet... A mon avis, le "gros visage rebondi" du premier doit avoir quelque chose à voir avec le visage angélique du second. Hier, je ne perdais pas espoir d'être un jour docteur, aujourd'hui, je me demande ce qui me retient de briguer un fauteuil sous la Coupole... (qui a dit que mon orthographe était lamentable et que je glissais des anglicisme toutes les deux phrases ? oui, bon, c'est vrai, je sais ce qui me retient... :) ).
* A propos de l'emploi des majuscules, l'incontournable Lexique des règles typographiques... nous renvoie successivement à "Capitale (emploi de la)" pour préciser qu'on emploie la capitale "[a]près les points d'interrogation, d'exclamation ou de suspension, mais seulement lorsqu'ils terminent effectivement une phrase et non quand ils ne servent qu'a en détacher les éléments successifs" puis à "Ponctuation" où il déplore avec véhémence un certain "laisser-aller" contre lequel il convient de réagir (dès la première rédaction d'un texte). Dont acte. Mais là, je crois que c'est un peu comme je le sens...
** S'il n'en a pas, il va me falloir pallier rapidement cet oubli, vu les contrées lointaines et froides où il est parti...
*** Je vous fais grâce du reste...
**** Je sais, mais l'étymologie, ce n'est jamais que de la généalogie, non ?

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