Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

21 décembre 2005

Infidélité & échangisme

ou La vie très très très intime des chaussettes de monsieur Jean

Monsieur Jean organise demain une "non Christmas Party", entendez une soirée sympathique (on l'espère) avec un peu de monde (les paris sont ouverts) dans un endroit convivial (ça, c'est sûr) mais même si c'est le 22 décembre, le père Noël ne sera pas là. Et, si tout ce passe bien (là, je parle du travail, pas de la soirée), monsieur Jean pars en vacances vendredi après-midi (samedi matin en fait, mais comme mes courses de Noël ne sont pas commencées terminées, il va me falloir affronter l'épreuve des courses du 23 décembre...).

Bref, en prévision de ces échéances prochaines, je me suis occupé à un tas de choses ce soir (en plus d'être aller dire bonjour à Gabrielle, et d'avoir assisté à la projection de Angel-A de Luc Besson, avec Jamel Debbouze - pas mauvais - et Rie Rasmussen -moins convaicante -, film décevant malgré une photo parfois magnifique - Paris en noir & blanc - et un synopsis dont il aurait été possible de tirer un beau film ; définitivement, j'ai préféré Le Tigre et la neige - La tigre e la neve - de et avec Roberto Benigni et aussi Nicoletta Braschi et Jean Reno, mais j'en parle ailleurs), dont :
- préparer une série de quiches (à paraître, les Quiches de monsieur Jean, bientôt aussi célèbres que les Cakes de Sophie, mais moi, c'est tout ce que je sais cuisiner... oui, je sais, :) ) ;
- préparer un tas d'entrées diverses et variées (bon, en même temps, vous vous en foutez, et moi aussi) ;
- et surtout, une inénarrable séquence "je range mes 90 paires de chaussettes" (enfin, deux ou trois lessives que je n'ai pas eu le courage de ranger tout à fait depuis le week-end dernier).

Et ranger 90 paires de chaussettes, c'est un épreuve digne des douze travaux d'Hercule.

D'abord, on fait rapidement un sort aux trois ou quatres paires qui possèdent un motif identifiable et indentifié.

Ensuite, on trie rapidement la pile de chaussettes grises et la pile de chaussette bleu marine (oui, ça n'est pas la partie la plus funky de mon stock de chaussettes). Là, les vraies difficultés commencent : il s'agit de constituer de subtils camaïeux pour reconstituer les couples mis à mal après avoir accompli leur office (vous me suivez toujours ?).

Puis, en jouant sur les tons, les textures et les tailles, on achève de faire d'un tas informe de chaussettes (propres) un paquet de paires de chaussettes prêtes à l'usage (que l'on contemple 10s avec la satisfaction d'avoir triomphé d'une épreuve difficile).

Enfin, ça, c'est la théorie, quand tout se passe bien. Parce qu'en pratique, il faut prévoir qu'un certain nombre de paires sont définitivement condamnées. D'abord il y a les trous. Et mystérieusement, dans une paire, si un trou doit apparaître sur une chaussettes, alors l'autre ne présentera pas la plus petite trace de faiblesse. Plus mytérieux encore, il y a des chaussettes qui disparaissent comme ça, dans la nature sans laisser de trace. Disparues dans le triangle des Bermudes des chaussettes, englouties dans l'antre de la machine à laver, sacrifiées sur l'autel de la propreté, évaporées au sèchage ? Le mystère est entier.

Finalement (et tout bien pesé), il me semble que la meilleure solution à ces veuvages et autres infidélités soit à trouver dans l'indifférence et l'échangisme : un bon vieux stock de chaussettes identiques et interchangeables. D'ailleurs, cette solution pourrait même permettre de réduire l'ensemble de la séquence "je range mes 90 paires de chaussettes" à un "je laisse en vrac mes chaussettes dans leur tiroir". Mais en même temps, quid de la satisfaction d'avoir dans son tiroir un paquet de paires pliées et ordonnées ?

Monsieur Jean, qui aime bien plier ses chaussettes (pour pouvoir contempler un petit tas bien ordonné) et ne déteste pas faire un peu de repassage (parce que c'est vraiment chiant inhumain de faire ça le matin quand on est même pas réveillé)