Jamais deux sans trois...
Un dernier billet sur la dette publique et le rapport Pébereau. Et après, je lache le morceau, vraiment.
Dans Le Monde ce soir, Sortir de la dette publique, par Jean Pisani-Ferry :
Un débat indispensable et trop longtemps retardé sur un élément essentiel des choix collectifs s'ouvre avec le rapport de Michel Pébereau sur l'endettement public.
Avec une précision clinique, il expose l'état alarmant de nos finances publiques. Il démontre que la progression continue de la dette des administrations est, à terme, insoutenable et explicite les efforts nécessaires pour en recouvrer la maîtrise. Il établit que l'addiction à l'endettement n'est pas due à la volonté de soutenir la conjoncture mais à l'habitude de tenir la taxation des générations futures pour une ressource additionnelle. Il détaille comment l'enchevêtrement des responsabilités territoriales nourrit la propension à la dépense. La pertinence de ces constats est irréfutable.
Ses recommandations restent cependant empreintes d'un étonnant classicisme. [...]
Retrouver la maîtrise des finances publiques exige donc davantage qu'un effort prolongé. Il y faut des comptes, des principes et des institutions.
1. Les comptes. [...] Il importe donc que les décisions se prennent sur la base d'une comptabilité étendue.
2. Les principes. [... U]n pacte national qui concilie discipline de moyen terme et gestion active de la conjoncture économique.
Un tel cadre n'interdit pas des décisions discrétionnaires mais oblige à les justifier au regard des objectifs que la puissance publique s'est donnés. Il favorise doublement la croissance : parce qu'il évite une dérive des finances publiques et parce qu'il permet de soutenir la conjoncture en période basse.
3. Les institutions. En France, le ministère des finances choisit les prévisions économiques sur lesquelles le budget est établi, chiffre le coût des mesures nouvelles ou des baisses d'impôt et dresse les comptes. Ce cumul de fonctions place régulièrement le ministre en conflit d'intérêts avec lui-même.
[...] Si la responsabilité des institutions politiques est et doit rester la décision, leur conserver celles de la prévision et de l'évaluation les soumet en permanence à des tentations inutiles. Instaurer une claire séparation entre ces fonctions contribuerait à rendre au ministre des finances français une crédibilité européenne largement entamée. Il y perdrait peut-être un peu de pouvoir, mais gagnerait, certainement, de l'autorité.
Je suis sur la même ligne que Pisani-Ferry (et pas seulement parce que c'est un de mes - anciens - profs) ; c'est en gros les constats auxquels j'étais arrivé (tout seul comme un grand) au terme de quelques longues migraines infernales.
Et puis, il faut que je vous dise, je suis assez fier de ce que j'ai lu dans le rapport... mais c'est une autre histoire.
Dans Le Monde ce soir, Sortir de la dette publique, par Jean Pisani-Ferry :
Un débat indispensable et trop longtemps retardé sur un élément essentiel des choix collectifs s'ouvre avec le rapport de Michel Pébereau sur l'endettement public.
Avec une précision clinique, il expose l'état alarmant de nos finances publiques. Il démontre que la progression continue de la dette des administrations est, à terme, insoutenable et explicite les efforts nécessaires pour en recouvrer la maîtrise. Il établit que l'addiction à l'endettement n'est pas due à la volonté de soutenir la conjoncture mais à l'habitude de tenir la taxation des générations futures pour une ressource additionnelle. Il détaille comment l'enchevêtrement des responsabilités territoriales nourrit la propension à la dépense. La pertinence de ces constats est irréfutable.
Ses recommandations restent cependant empreintes d'un étonnant classicisme. [...]
Retrouver la maîtrise des finances publiques exige donc davantage qu'un effort prolongé. Il y faut des comptes, des principes et des institutions.
1. Les comptes. [...] Il importe donc que les décisions se prennent sur la base d'une comptabilité étendue.
2. Les principes. [... U]n pacte national qui concilie discipline de moyen terme et gestion active de la conjoncture économique.
Un tel cadre n'interdit pas des décisions discrétionnaires mais oblige à les justifier au regard des objectifs que la puissance publique s'est donnés. Il favorise doublement la croissance : parce qu'il évite une dérive des finances publiques et parce qu'il permet de soutenir la conjoncture en période basse.
3. Les institutions. En France, le ministère des finances choisit les prévisions économiques sur lesquelles le budget est établi, chiffre le coût des mesures nouvelles ou des baisses d'impôt et dresse les comptes. Ce cumul de fonctions place régulièrement le ministre en conflit d'intérêts avec lui-même.
[...] Si la responsabilité des institutions politiques est et doit rester la décision, leur conserver celles de la prévision et de l'évaluation les soumet en permanence à des tentations inutiles. Instaurer une claire séparation entre ces fonctions contribuerait à rendre au ministre des finances français une crédibilité européenne largement entamée. Il y perdrait peut-être un peu de pouvoir, mais gagnerait, certainement, de l'autorité.
Je suis sur la même ligne que Pisani-Ferry (et pas seulement parce que c'est un de mes - anciens - profs) ; c'est en gros les constats auxquels j'étais arrivé (tout seul comme un grand) au terme de quelques longues migraines infernales.
Et puis, il faut que je vous dise, je suis assez fier de ce que j'ai lu dans le rapport... mais c'est une autre histoire.

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