Merde, je l'ai encore fait
aka Ooops, I did it again : un autre billet d'économie...
Ce matin, dans les pages Débats & Opinions du Figaro (les seules que je lise dans Le Figaro), La dette publique expliquée à tous nos élus, de Dunkerque à Perpignan, par Jean-Pierre Robin :
[O]n nous rebat les oreilles que "la génération future remboursera nos dettes". C'est inexact. La dette est aujourd'hui financée par une épargne correspondante, celle de notre génération de Français d'aujourd'hui.
La dette est aujourd'hui financée par une épargne correspondante... de sorte que le seul problème sera la situation sociale qu'il vaudra bien "règler" demain héritage :
Ce que nous léguerons à nos descendants, c'est le soin de régler les choses entre eux. D'un côté les contribuables et de l'autre les souscripteurs de titres publics. On peut imaginer que les contribuables de demain rechigneront alors à rembourser les détenteurs des titres d'État. Mais ce règlement de comptes – dans tous les sens du terme – s'effectuera au sein de la même génération future. Il est donc inexact d'affirmer que ce seront nos descendants qui "paieront nos dettes". Ce qu'ils recevront en héritage, et ce n'est pas rien, c'est une situation sociale objectivement révolutionnaire, comme notre histoire en a tant connu !
certes, mais aussi le fait que l'épargne, ayant servi à financer la dette, n'aura pas servi à financer autre chose... comme, je ne sais pas moi, des entreprises qui innoveraient, créeraient des emplois ou encore des universités et une enseignement supérieur dignes de ce nom, ou encore... autant de choses que les "générations futures" recevraient volontiers en héritage et qui les aideraient grandement à "règler" cette "situation sociale objectivement révolutionnaire".
Dans l'héritage, on trouvera, outre une situation sociale pas fameuse, une économie moins performante*. Et il y a fort à parier que les réformes nécessaires demain seront plus douloureuses encore que celles auxquelles ont renoncent aujourd'hui. Un bel exemple de courage.Et pour en revenir aux générations futures, j'ai peur qu'elles n'héritent ni du beurre, ni de l'argent du beurre et qu'en plus les épinards ne soient complètement indigestes.
Non, là, je retombe dans le ton polémique que je voulais dénoncer. Parce que, cette chronique, ce n'est pas une chronique économique**... En économie, on apprend aussi à voir ce qu'on ne voit pas, à regarder ce qui se passe et ce qui ne se passe pas. Pour revenir au fond, la dette publique pose un certain nombre de questions, voire de problèmes. Pour l'analyse économique, on commencera par se faire une idée avec Elmendorf et Mankiw (1999)***. Et ensuite, on n'oubliera pas que vulgariser, ce n'est pas simplifier et que pédagogie et démagogie n'ont une rime en commun.
* i.e. une économie qui, année après année, aura moins investi dans et donc accumulé un capital productif moins important.
** D'ailleurs, je ne suis pas forcément en désaccord complet, juste un peu énervé par le fait que ceci n'est pas une chronique économique.
** Douglas W. Elmendorf et N. Gregory Mankiw, 1999, "Government Debt," in John B. Taylor et Michael Woodford (eds.) Handbook of Macroeconomics, vol. 1C, ch. 25, pp. 1615-1699, Amsterdam: Elsevier Science, B.V. En bref, à court terme, les déficits permettent de soutenir une demande défaillante mais à long terme, une dette excessive risque de conduire à une éviction de l’investissement privé, à une hausse des taux d’intérêt, à un surcroît d’inflation et, dans des cas extrêmes, à un défaut de paiement de l’État. Sans compter le fait que les solutions des problèmes les plus simples sont moins compliquées que les solutions des problèmes les plus compliqués. Merci de ne pas attendre...
Ce matin, dans les pages Débats & Opinions du Figaro (les seules que je lise dans Le Figaro), La dette publique expliquée à tous nos élus, de Dunkerque à Perpignan, par Jean-Pierre Robin :
[O]n nous rebat les oreilles que "la génération future remboursera nos dettes". C'est inexact. La dette est aujourd'hui financée par une épargne correspondante, celle de notre génération de Français d'aujourd'hui.
La dette est aujourd'hui financée par une épargne correspondante... de sorte que le seul problème sera la situation sociale qu'il vaudra bien "règler" demain héritage :
Ce que nous léguerons à nos descendants, c'est le soin de régler les choses entre eux. D'un côté les contribuables et de l'autre les souscripteurs de titres publics. On peut imaginer que les contribuables de demain rechigneront alors à rembourser les détenteurs des titres d'État. Mais ce règlement de comptes – dans tous les sens du terme – s'effectuera au sein de la même génération future. Il est donc inexact d'affirmer que ce seront nos descendants qui "paieront nos dettes". Ce qu'ils recevront en héritage, et ce n'est pas rien, c'est une situation sociale objectivement révolutionnaire, comme notre histoire en a tant connu !
certes, mais aussi le fait que l'épargne, ayant servi à financer la dette, n'aura pas servi à financer autre chose... comme, je ne sais pas moi, des entreprises qui innoveraient, créeraient des emplois ou encore des universités et une enseignement supérieur dignes de ce nom, ou encore... autant de choses que les "générations futures" recevraient volontiers en héritage et qui les aideraient grandement à "règler" cette "situation sociale objectivement révolutionnaire".
Dans l'héritage, on trouvera, outre une situation sociale pas fameuse, une économie moins performante*. Et il y a fort à parier que les réformes nécessaires demain seront plus douloureuses encore que celles auxquelles ont renoncent aujourd'hui. Un bel exemple de courage.
Non, là, je retombe dans le ton polémique que je voulais dénoncer. Parce que, cette chronique, ce n'est pas une chronique économique**... En économie, on apprend aussi à voir ce qu'on ne voit pas, à regarder ce qui se passe et ce qui ne se passe pas. Pour revenir au fond, la dette publique pose un certain nombre de questions, voire de problèmes. Pour l'analyse économique, on commencera par se faire une idée avec Elmendorf et Mankiw (1999)***. Et ensuite, on n'oubliera pas que vulgariser, ce n'est pas simplifier et que pédagogie et démagogie n'ont une rime en commun.
* i.e. une économie qui, année après année, aura moins investi dans et donc accumulé un capital productif moins important.
** D'ailleurs, je ne suis pas forcément en désaccord complet, juste un peu énervé par le fait que ceci n'est pas une chronique économique.
** Douglas W. Elmendorf et N. Gregory Mankiw, 1999, "Government Debt," in John B. Taylor et Michael Woodford (eds.) Handbook of Macroeconomics, vol. 1C, ch. 25, pp. 1615-1699, Amsterdam: Elsevier Science, B.V. En bref, à court terme, les déficits permettent de soutenir une demande défaillante mais à long terme, une dette excessive risque de conduire à une éviction de l’investissement privé, à une hausse des taux d’intérêt, à un surcroît d’inflation et, dans des cas extrêmes, à un défaut de paiement de l’État. Sans compter le fait que les solutions des problèmes les plus simples sont moins compliquées que les solutions des problèmes les plus compliqués. Merci de ne pas attendre...

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