Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

14 janvier 2006

Cette semaine, j'ai fait...

... et en même temps, vous vous en foutez, mais j'ai fais deux ou trois trucs (piscine, roller - qui a dit que ça faisait longtemps que monsieur Jean n'avait pas fait de sport* ? - dîner avec une oenologue Australo-Californienne, entretien - monsieur Jean change de travail, enfin, très bientôt - et aussi essayer d'être là pour mes amis, lire, dormir et, euh, un peu travailler et puis des trucs un peu surréalistes que je vous dirais pas... ouais, non, parce que je vais pas tout vous dire non plus !) et une grosse connerie...

Bref, mercredi ou jeudi (je ne sais plus très bien, j'oublie vite mes forfaits), pour la première fois depuis longtemps (enfin, euh, presque trois semaines), j'ai été dans une librairie. Je crois que, comme certains se font interdire de casino, je devrais me faire interdire de librairie. Mais c'est tellement bon, tous ces livres.


(Petite digression : je vous ai déjà parlé de la bibliothèque de l'université de Cambridge ? Bon, un jour, il faudra que vous en touche un mot ; et pas seulement parce que j'ai toujours un faible pour le .cam.ac.uk.)

Bon, bref, comme souvent, je me suis encore ruiné et je ressors** avec quelques petits bijoux : deux Kessel, un Dugain, A Capote Reader (en même temps, je crois que je vais commencer par Breakfast at Tiffany's en français, les backs de Cambridge en mai, c'est fini... c'est ça la connerie : acheter une quasi intérgale en anglais d'un auteur qu'on ne connait pas encore) et une petite découverte : La pièce montée de Blandine Le Callet (vous connaissez beaucoup de livres dont, à la fin du premier paragraphe, vous vous dîtes que ça va être vraiment bon... voire très bon, sans blague ?).



* sport : n.f. activité physique dangereuse susceptible de développer les muscles, à l'origine de phénomènes addictifs complexes ; l'absence de pratique provoque souvent une certaine mauvaise conscience alliée à une désagréable méforme. W. Churchill, octogénéaire, à qui l'on demandait le secret de sa forme répondait invariablement (à ce qu'il paraît... non, je dis ça parce que le Churchill Center fait la chasse aux citations inexactes) : "No sport, cigars & whisky". Bon, et puis, je ne résiste pas à l'humour de Sir Winston :

Bessie Braddock: "Winston, your drunk!" Churchill: "Bessie, your ugly, and tomorrow morning I shall be sober."


** ressortir, voyons... Comment s'en sortir, avec ressortir ?

C'est un vieux piège de la langue : il ne faut pas confondre les deux verbes ressortir. Combien de candidats à l'agrégation ont été recalés pour ne pas les avoir distingués dans leur leçon d'oral ? Je n'ose y penser. A l'ENA, bien sûr, même le jury les confond...

D'un côté vous avez ressortir, du 3ème groupe (nous ressortons, en ressortant) : c'est sortir, assorti - si j'ose dire - du préfixe re-, qui, ici, marque, en principe, la répétition. En principe, car, dans un tableau ou une photo, un détail qui ressort n'est pas préalablement sorti. Mystères insondables du préfixe re...

De l'autre côté, vous avez ressortir, mais du 2ème groupe (nous ressortissons, les ressortissants, avec l'“élargissement” -iss-). Ressortir, ici, c'est “être du ressort”, originellement en matière juridique : les délits ressortissent au tribunal correctionnel.

Membres du jury de l'ENA, rassurez-vous : vous n'avez pas tout à fait tort de confondre les deux verbes : car le second ressortir est, étymologiquement, un emploi spécialisé du premier. J'ai tort de le révéler !

du Bescherelle, allez, avouez, ça vous manquait, ce genre de petite précision.

update : oeunologue