Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

01 janvier 2006

On Air : allegro

Ce soir, un petit plaisir rare ; celui de gouter vraiment le premier mouvement d'un concerto pour piano et orchestre. Peut-être le contre-point de ces dernières semaines résolument plus contemporaines, entre jazz, nu-jazz, électro, rock indé, nouvelle scène et monstres sacrés ; peut-être un retour aux origines, sans nostalgie, avec un vraie perspective.

La joie sereine d'un allegro, la rondeur tranquille d'un larghetto... en attendant l'allegretto. moment de vraie détente au début d'une année qui s'annonce riche de changements (et à la veille de replonger dans un travail passionnant mais aussi captivant que vraiment exigeant).

La peinture et la photographie, c'est l'image (l'impression de l'instant) suspendue hors du temps. La sculpture, c'est le mouvement suspendu. La littérature, c'est le temps successivement dilaté et condensé, la vie alternativement au ralenti et en accéléré et une forme d'éternité des paysages. Le théatre, c'est le drame de la vie (le drame au sens le plus étymologique du terme) qui se joue, se rejoue, se perpétue. Le cinéma, c'est un peu l'image replongée dans le temps, l'atmosphère d'un moment ; la vie dans tous ses états, en filigrane, en impression et en surimpression. Mais le musique, ça n'est que le temps, le temps seul, habillé, habité, mis en abîme.

Une note, lancée, suspendue et déjà disparue, mais qui résonne encore. Un temps. Une mesure. Respiration, battement de coeur.

La musique, c'est la vie. Et la vie est un concerto.

nota : un premier billet qui ne sera peut-être pas compris pour ce qu'il est, juste une évasion et des doigts qui courent sur le clavier, sans réfléchir vraiment, simplement pour essayer de saisir un instant, un état d'esprit. Simplement capturer un paysage intérieur et les réflexions qui s'animent dans ce dialogue entre un piano et un orchestre. Et se souvenir de ce premier soir de 2006.