Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

28 mars 2006

On being a happy few

[J'ai promis ce billet à quelqu'un il y a bien longtemps déjà et je sens que, pour des raisons qui vous apparaîtront évidentes, c'est vraiment le dernier jour, le dernier moment pour le publier... heureusement que je suis off cet après midi]

Je connais toutes sortes de gens (c'est le titre d'un recueil de portraits republiés par Philippe Labro il y a quelques années, et qui reprend entre autre, sous le titre le hussard et l'horloger, les portraits croisés de Dominique de Villepin et Olivier Schrameck qui étaient alors, comme secrétaire général de l'Elyssée ou comme directeur de cabinet du Premier Ministre, les chevilles ouvrières de la cohabitation - comme il le raconte dans Tomber sept fois, se relever huit, ce papier a surtout été pour Labro un moment important dans son retour de "là-bas").

Bref, je connais toutes sortes de gens... ce qui est parfois l'occasion d'aventures à caractère ethno-anthropologique. La dernière en date remonte au 1er mars. C'était un mercredi, enfin, je crois. J'avais reçu une invitation pour une avant avant avant première hyper private et totalement select (le film n'est pas encore sorti, c'est vous dire), en présence du réalisateur et à l'invitation d'une petite officine dont le business consiste à optimiser (dans tous les sens du terme) le patrimoine de quelques have and have more (and even some more for some others). J'avais été invité en qualité de je ne sais pas quoi (je veux dire que je ne suis pas encore une cible de ce genre d'officine) mais j'étais là bien décidé à explorer cet univers inconnu, à profiter d'une avant avant [...] avant première tout en goretisant les petits fours sans vergogne sans faire plus d'efforts que ça pour faire semblant de faire la conversation à je ne sais qui (oui, je suis un énorme mondain, en fait...) et, surtout, à accompagner Charlotte dans un immense moment de sa vie : sa première apparition à l'écran dans une comédie (il faut dire que je maîtrise hyper bien ce genre de chose : j'ai donné ma première interview pour Antenne 2 à 6 ans - je suis hyper vieux, je sais... - et mon premier direct le 14 juillet 2000 - un peu comme le président de la République mais moi, j'ai raconté des trucs vachement intelligents, si, si, je vous assure !).

La soirée avait bien commencé : mon nom n'était pas sur la liste et j'étais en avance (putain, je suis toujours en avance quand il ne faut pas et jamais à l'heure quand il faut, c'est une maladie chez moi !). Heureusement, lorsque j'ai laché que j'étais invité par Charlotte herself, je suis passé du rang de paria parasite à celui de parasite tout court et toujours trop en avance. Qu'à cela ne tienne, un buffet sophistiqué proposait aux parasites dans mon genre un peu de contenu pour peu à peu retrouver un peu de contenance.

C'est à ce moment que je me suis souvenu de la portée scientifique de mon entreprise. Délaissant l'exploration gastronomique (de toutes manières, c'est jamais très pratique les buffets de traiteurs tendance obligés à innover pour exister : c'est toujours immangeable dans le fond ou dans la forme et parfois dans le fond et dans la forme - et puis, rien ne vaut un bon dîner à table, manger debout, c'est dangereux pour la santé), délaissant donc l'exploration gastronomique, je me suis concentré sur l'aspect entomologique de la chose. Et bien, une conclusion s'impose : c'est finalement banal les évènements selects, complètement surfait. D'ailleurs, je suspecte fortement les vrais gens selects et richissimes d'avoir envoyé à la soirée en question, qui sa femme de ménage, son chauffeur, le neveu de sa maitresse, la petite amie de son fils ou ses parents montés à la capitale et dont il n'a ni le temps ni l'envie de s'occuper. Les vrais gens riches et selects ne devaient pas être là...

Et je les comprends, car La doublure [imdb] (le film présenté en avant avant avant [...] avant première - pensez, la première projection publique), ils n'auraient pas trouvé ça drôle, ça ressemble trop à leur vie.

C'est l'histoire d'un type (riche et select) qui trompe sa femme (riche, select et délicieusement fine et manipulatrice) avec une fille (select mais pas très riche quoique tellement belle qu'elle ne peut sortir qu'avec des types riches, ce qui compense). Mis à part le côté riche et select, l'histoire jusque là est assez banale. Les chose se compliquent quand un type pas riche et pas select (et pas super beau mais qui travaille pour un endroit où l'on ne trouve que des gens selects, riches ou beaux), qui est totalement amoureux d'une fille qui n'est ni riche ni select (mais quand même belle) et qui n'a rien à voir avec nos protagonistes initiaux, se retrouve coincé (la grammaire vous indique utilement à ce stade que je parle du type ni riche ni select ni beau ni rien mais amoureux) dans ce trio infernal sans avoir rien demandé à personne.

Bon, je vais pas vous faire le teasing. Veber nous met en scène le nième François Pignon (incarné cette fois par Gad Elmaleh, après Daniel Auteuil dans Le placard ou l'inénarrable Jacques Villeret dans Le dîner de cons), c'est drôle, ça fonctionne bien et on passe un bon moment. La comédie comme on sait la faire en France, avec Louis de Funès, Pierre Richard, la bande du Splendid, etc. Bref, vous pourrez le découvrir demain sur les écrans, allez-y. Moi, je suis un peu blasé... c'est de l'histoire ancienne, qu'est ce que vous voulez, je suis un happy few, qui connait toutes sortes de gens et qui ne voit plus les films qu'en avant avant avant première parce qu'il réussit à récupérer d'improbables cartons d'invitation pour aller squatter dans des soirées selects où il n'a rien à faire mais qui sont tellement squattées par des gens comme lui que les vrais gens riches et selects n'y mettent plus les pieds depuis longtemps...

Ah, et l'apparition à l'écran de Charlotte ? 9s 1/2, impressionante de maîtrise sur fond de rapports sociaux un peu tendus. Elle crève l'écran, si, si... elle réussit même à éclipser Daniel Auteuil (vers le milieu du film, une scène de négociation avec les syndicats, mais vous pourrez pas la rater de toutes manières, on ne voit qu'elle) [oui, bon, c'est vrai qu'elle me lit et que c'est elle qui m'avait filé l'invitation mais le film est bien, enfin, il y a moyen de passer un bon moment, sans blague :) ]

8 Comments:

  • Weber

    I don't think so... Francis Veber, c'est le réalisateur et Carl Maria von Weber, c'est le compositeur (dont parle d'ailleurs Gérard de Nerval - Il est un air pour qui je donnerais... - c'est surtout pour ça que je le connais, et aussi parce que j'avais un camarade de classe qui portait ce nom là quand j'étais petit).

    By Blogger Monsieur Jean, at 6:25 PM  

  • Ok, il y a aussi Jacques Weber, acteur et Bernard Werber, *écrivain* à succès...et last but not least Max Weber, sociologue.

    By Blogger Monsieur Jean, at 7:19 PM  

  • Je t'envoie une invitation pour une soirée privée pour mon deuxième film du moment, La panthère rose, ou ça te saoule?

    By Anonymous Anonyme, at 11:02 PM  

  • Bonjour Alice (mode poli et impressionné, belle voix grave, mon plus joli sourire),

    Ce serait très sympa de ta part de m'envoyer une invitation. J'aime beaucoup les soirées privées. Et je ne manquerai pour rien au monde une soirée très privée avec toi (juste nous deux ?). D'ailleurs, si tu veux, quand tu veux, on va prendre un verre... Mon n. de tel., c'est le 06 09 xx xx xx.

    Tu permets que je t'embrasse ?

    By Blogger Monsieur Jean, at 10:23 AM  

  • Aie Aie Aie Aie Aie Aie........

    Alice, je t'avais pourtant dit qu'il fallait te creer un pseudo pour ce blog...Il y tient, c'est tres important...Et maintenant tout le monde va savoir... alors qu'il restait discret en disant qu'il connait toutes sortes de gens...Pfffff...

    By Anonymous Anonyme, at 3:14 PM  

  • Dis, Charlotte, puisqu'elle lit mon blog, tu pourras aussi préciser à Alice que la volupté dans les calanques ou ailleurs, elle et moi, on peut en faire quelque chose de pas seulement moral et esthétique ?

    Ou alors je lui dis directement ?

    Alice, appelle-moi, mon n. de tel., c'est le 06 09 xx xx xx.

    Et cette fois-ci, je t'embrasse !

    By Blogger Monsieur Jean, at 3:27 PM  

  • Je crois qu'il vaut mieux que tu le lui dises directement.

    Tu as son mail, non?

    Si non, je peux te le donner.

    By Anonymous Anonyme, at 7:00 PM  

  • Euh, non, finalement, c'est bon. Elle dort dans mon lit (jette un coup d'oeil chez moi si tu veux), inutile de la réveiller.

    PS : je ne te dis pas que je me la fais...

    By Blogger Monsieur Jean, at 8:00 PM  

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