A brûle pourpoint
Moi, j'aime bien le charme très XVIIème de cette expression. Mon côté Cyrano, certainement. Et un petit goût pour une certaine pertinence (ou une certaine impertinence, ça n'est jamais qu'une question de perspective...).
Je parie que vous ne vous êtes jamais demandé d'où venait cette expression. Ou bien que ça vous est complètement indifférent. Ou encore, que ben, franchement, si un jour vous y avez pensé, ça n'a pas duré très longtemps. A moins que vous ne dormiez pas depuis des mois en vous demandant : "mais pourquoi diable dit-on... ?"
Hé bien, hé bien... "à brûle pourpoint" dérive de "tirer à brûle pourpoint" qui correspond peu ou prou à "tirer à bout portant" (dont le sens est clair, si vous ne voyez pas, ôtez donc de votre vue le canon de mousquet qui l'obstrue), le pourpoint étant la partie du vêtement d'homme qui couvrait le torse jusqu'au dessus de la ceinture, généralement rembouré et piqué (ou rembourée et piquée suivant que vous parliez du vêtement ou seulement de la partie). Vous remarquerez au passage que si l'on peut faire feu à bout portant sur une femme, il n'est pas permis de tirer à brûle pourpoint sur une dame (ben oui, le XVIIème était parfois un peu brutal et gaillard voire franchement trivial, mais finalement assez galant).
Quand à la date du glissement vers un usage plus oratoire... Bref, c'était la minute culturelle, il est temps de retourner à vos moutons (et moi à la recherche de zéros dans mes n-nappes avec M. Newton et consorts - et, vous saviez que consorts désignent au sens propres les personnes qui, dans un procès ont une situation identique... bon, parce que le XVIIème c'est aussi le siècle de la chicane - et non, chicane, ce n'est pas seulement une sorte de virage en S assez serré comme on en trouve, notamment à Monaco, ancienne colonie gênoise et principauté gouvernée par les Grimaldi depuis qu'en 1297 François Grimaldi dit "Malizia" - le rusé - s'empara de la forteresse travesti en moine franciscain... l'histoire ne dit pas le sort qui fut réservé au gouverneur mais, selon toute vraisemblance, quelque fourbe que fut Malizia, il n'a pas du brûler le pourpoint du gouverneur avec une arme à feu dont l'usage au XIIIème reste encore marginal et rudimentaire, je pencherais plutôt pour... non, c'est un peu trop gore...).
Je parie que vous ne vous êtes jamais demandé d'où venait cette expression. Ou bien que ça vous est complètement indifférent. Ou encore, que ben, franchement, si un jour vous y avez pensé, ça n'a pas duré très longtemps. A moins que vous ne dormiez pas depuis des mois en vous demandant : "mais pourquoi diable dit-on... ?"
Hé bien, hé bien... "à brûle pourpoint" dérive de "tirer à brûle pourpoint" qui correspond peu ou prou à "tirer à bout portant" (dont le sens est clair, si vous ne voyez pas, ôtez donc de votre vue le canon de mousquet qui l'obstrue), le pourpoint étant la partie du vêtement d'homme qui couvrait le torse jusqu'au dessus de la ceinture, généralement rembouré et piqué (ou rembourée et piquée suivant que vous parliez du vêtement ou seulement de la partie). Vous remarquerez au passage que si l'on peut faire feu à bout portant sur une femme, il n'est pas permis de tirer à brûle pourpoint sur une dame (ben oui, le XVIIème était parfois un peu brutal et gaillard voire franchement trivial, mais finalement assez galant).
Quand à la date du glissement vers un usage plus oratoire... Bref, c'était la minute culturelle, il est temps de retourner à vos moutons (et moi à la recherche de zéros dans mes n-nappes avec M. Newton et consorts - et, vous saviez que consorts désignent au sens propres les personnes qui, dans un procès ont une situation identique... bon, parce que le XVIIème c'est aussi le siècle de la chicane - et non, chicane, ce n'est pas seulement une sorte de virage en S assez serré comme on en trouve, notamment à Monaco, ancienne colonie gênoise et principauté gouvernée par les Grimaldi depuis qu'en 1297 François Grimaldi dit "Malizia" - le rusé - s'empara de la forteresse travesti en moine franciscain... l'histoire ne dit pas le sort qui fut réservé au gouverneur mais, selon toute vraisemblance, quelque fourbe que fut Malizia, il n'a pas du brûler le pourpoint du gouverneur avec une arme à feu dont l'usage au XIIIème reste encore marginal et rudimentaire, je pencherais plutôt pour... non, c'est un peu trop gore...).

5 Comments:
Ca y est, il a laché la rampe, Monsieur Jean.
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Anonyme, at 8:01 PM
Comme c'est curieux, cet-apres-midi même,dans une eau parfois moutonneuse... parfois d'huile, souvent vert-bleue et déjà très agréable pour la saison..., un de mes très chers amis, prix d'histoire monegasque, me contait justement l'histoire de ce moine, l'origine de la principauté, les guelfes, les gibelins, le Piémont-Sardaigne, les tractations avec la France, le comte de Polignac, la princesse Charlotte....
Mais, ... Charlotte, arrête... que vas tu raconter chez toi?
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Anonyme, at 11:32 PM
> Joséphine
La journée fut rude mais je suis encore vivant. Plus pour longtemps peut être...
> Charlotte
"L'histoire de ce moine" et moi je suis Pape, peut-être ? Du coup, j'ai hâte de lire votre version des faits. Même si je crois deviner qu'une princesse Charlotte aura le beau rôle...
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Monsieur Jean, at 12:08 AM
Ah bon, tu n'es pas Pape ???
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Anonyme, at 10:03 AM
Parfois, tu sais,contrairement à ce qu'on dit, l'habit fait le moine...comme dans cette histoire...
pape, toi? Faut voir de quoi... Tu peux réajuster ton habit? Juste pour voir...
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Anonyme, at 1:38 PM
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