Juste un instant
Comme surgit de nulle part. Le soleil dans l'axe de la rue de Sèvres. Le Lutétia au premier plan et plus loin dans la brume, la silhouette du Bon Marché.Paris, 1948.
Le Paris de mes grand-tantes. Celui qu'elles ont arpenté le coeur serré dans les années sombres de l'Occupation. Pensant à ce qui arriverait si jamais... et se jurant de sauter du dernier étage du Lutétia, par dessus la rembarde ou par la fenêtre, si par malheur. Celui qu'elle voit encore aujourd'hui, lorsque nous nous promenons ensemble, doucement, au rythme de ses quatre-vingt douze ans. En parlant d'autres promenades, lorsque la grand-mère de sa mère (mon arrière-grand-mère) montrait à ses petites-filles les fenêtres de la pièce du 18, rue des Cordeliers (aujourd'hui, rue de l'Ecole de Médecine) où Marie-Anne-Charlotte de Corday d’Armont poignarda Marat.
Traverser les siècles à grands pas. Garder le souvenir d'un instant. Et savourer nos rendez-vous du samedi, à midi, métro Vaneau ou rue du Bac. Chère, très chère grand-tante.
[crédit photo : Willy Ronis]

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