Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

27 juin 2006

Debout dans les cahots du métro

Il m'inspira - dès le premier regard, dès la première poignée de main - un profond sentiment de confiance, de sécurité, d'amitié. Il appartenanit à cette forte race d'hommes - soldats de fortune, explorateurs par vocation, blédards de nature, chasseurs professionnels, sous des climats difficile et dangereux, de gros gibiers, d'mages ou de nouvelles, gens pour qui l'aventure est le pain quotidien, le courage une habitude, la modestie une loi, qui cherchent le risque et même le provoquent, le créent, sans le savoir et qui sont riches seulement d'histoires vécues et superbes qu'ils n'écriront jamais parce qu'elles leur semblent toutes simples.

Et moi qui lis ça, debout dans les cahots du métro, je le vois avec ses yeux ridés et la peau tannée, les traits burinés par la vie. Et moi, je lis ça, debout dans les cahots du métro, en route vers un quotidien tellement moins aventureux qui ne m'aiguisera pas le regard comme seul le fait le danger et la mort qu'on voit venir puis s'éloigner, cette fois au moins. Je ne sais pas pourquoi je lis Kessel...

[Joseph Kessel, La vallée des rubis, (Gallimard, collection Folio, p. 49)]

2 Comments:

  • 1. parce que c'est un superbe écrivain
    2. parce qu'il a été aventurier, comme Corto Maltese qui écrivait les aventures d'Hugo Pratt ( ;-) )
    3. parce que lire dans le métro "il lisait dans le métro", c'est moins fun que lire dans le métro "les pousse-pousses ahanaient sous la pluie de mousson"

    Je te conseille aussi "Le coup de grâce", du même. Et enregistre cette "vallée des rubis" dans ma prochaine frénésie amazonienne.

    By Blogger Christophe T., at 10:52 AM  

  • 1 & 2 : oui, bien sûr.
    3... exactement ça.

    Noté, "Le coup de grâce" et recommande chaudement "Fortune carrée".

    Oh, by the way, welcome here, doc.

    By Blogger Monsieur Jean, at 5:10 PM  

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