J'ai été média trainé
Parfaitement, j'ai été média trainé. Avec tout ce qui va avec : on a tué la spontanéité pour mieux la recréer, on m'a forcé à developper et à synthétiser, c'était toujours trop court puis un peu trop long.J'ai bu des litres d'eau - et je me demande toujours pourquoi ils se contentaient de me l'apporter en (toute) petite bouteille.
J'ai subi le feu roulant des questions vicieuses auxquelle il ne faut pas répondre tout en donnant l'impression de répondre, des questions débiles auxquelles il faut répondre en donnant l'impression à son interlocuteur que sa questuion était brillantissime, des questions compliquées pour lesquelles il n'y a pas de réponses simples mais auxquelles il faut bien répondre, tout de même et aussi des questions qu'il faut identifier à temps pour préciser : "désolé, vous comprendrez que je ne peux pas répondre à cette question".
Il m'a fallu faire dix fois, vingt fois le même exercice. Drill répétitif pour créer des réflexes.
J'ai été média trainé, comme d'autre sont entraînés, sur entraînés dans un but : la guerre.
Et un peu comme Jarhead, ma guerre n'a pas eu lieu, pas vraiment.
[précision : Non, je ne suis pas born to kill des journalistes qui, de toute manière, ne sont pas des ennemis... ce billet très subjectif ne vise qu'à redonner cette impression bizarre d'avoir été sur préparé pour... quelques chose de relativement simple finalement. Enfin, on dit que c'est à ça qu'on reconnaît un entraînement réussi...]

5 Comments:
Les interviews se sont donc bien passées ! Peut-on parler de cours de langue de bois ?
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Anonyme, at 12:12 AM
Nan, j'ai pas fait de langue de bois du tout... mais j'avoue que je suis plus à l'aise pour expliquer certaines choses debout devant un tableau blanc (ou noir, c'est pareil, sauf que ça me rappelle plus mes tendre années les tableaux verts qu'on noircit frénétiquement en se blanchissant le mains) que debout derrière un pupitre.
Et oui, j'ai bien pensé à ne pas trop faire usage de mes mains, à ne pas les fourrer toutes les deux en même temps dans mes poches, à ne pas boutonner ma veste en parlant (c'est un conférence de presse monsieur, pas un cocktail ni un garden party).
Ah, et j'ai aussi pensé à sourire même zaux questions qui n'avaient pas trop de sens. Parce que si les questions n'avaient pas trop de sens, c'était certainement parce que mes explications n'étaient pas si claires... :)
Et j'ai même pas eu de questions piégeuses auxquelles je n'ai pas le droit de répondre parce que... ben parce que c'est hors sujet et c'est compliqué, enfin, vous voyez... Nan ? Bon, bah, tant pis. On fait un son quand même ? D'accord, mais je peux quand même pas répondre à votre question qui n'a pas de sens, vous savez. Et ça, ben, vous savez, je peux pas vous en parler, j'ai pas trop d'idées (à part moi : enfin, j'ai bien une iodée mais je crois que je vais avoir du mal à vous l'expliquer et vous encore plus à la comprendre alors on dit que...).
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Monsieur Jean, at 12:24 AM
Oui, "on dit que", ça vaudra mieux
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Anonyme, at 11:29 AM
> Pseudo...
Tu as raison. Sûr. Et le mieux, ce serait encore que je réfléchisse avant de parler. Bref. :)
[bon, on fait une trève avant que ça ne dégénère on blog et off blog ?]
> Schtoumpf
Tiens, les journalistes ont trouvé mon numéro de tel. Du coup, je commence mon apprentoissage du on et du off.
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Monsieur Jean, at 3:50 PM
> Schtroumpf
euh, +r... désolé.
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Monsieur Jean, at 3:52 PM
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