Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

15 juin 2006

Par une étrange coïncidence

Le 300ème billet de monsieur Jean sera un billet d'hommage à un très grand monsieur.

Une sorte d'immense monsieur, un pître, un poète et un amoureux de la langue française.

Monsieur Devos, vous ne me lirez pas, mais je voulais vous dire...

Vous dire que vous m'avez fait aimer cette langue dont j'ai la chance d'avoir hérité. Avec votre manière inimitable de jouer sur les sens et les sons, vous m'avez donné le goût d'en jouer à mon tour.

Monsieur Devos. Raymond. Nous n'étions pas intimes, certes non, mais je connais bien votre voix. Assez pour croire que j'aurais pu vous rencontrer, sans même vous avoir jamais vu.

Alors, Raymond, si vous me permettez cette familiarité, j'aimerais vous dire MERCI.

MERCI pour votre humour subtil et délicat, pour vos pitreries jamais triviales et pour votre maestria de poète.

Vous ne voudrez pas admettre que vous fûtes un poète, je dois vous donner tort. Car la poésie, ce n'est pas le jeu cérébral et vain des vers, des pieds, des rimes, travail laborieux d'un métronome sans âme qui ne sait pas sourire et pense que son art est trop sérieux pour rire. Non, la poésie, c'était votre manière de rebondir, d'un mot à l'autre et de faire naître chez vos auditeurs un sourire émerveillé par la seule musique d'une phrase à laquelle il n'y a rien à ajouter ni rien à retirer. Une phrase qui sonne juste, à la respiration près. Et dans laquelle se fondent un humour absurde et un verbe travaillé, qui sonne simplement, qu'on entend sans effort et qu'on se plaît ensuite à répéter encore.

Monsieur Devos, vous ne me lirez pas, alors je vous le crie, pour que vous m'entendiez, de là-haut où vous êtes : MERCI et ADIEU !


PS : et merci aussi de remonter le moral de Dieu, vous savez, ce vieux bonhomme que vous avez croisé une fois, dans une chapelle déserte dans le coin le plus reculé d'un endroit éloigné et qui priait ainsi : "Homme, si tu existes un signe de toi..." Remontez lui le moral et rassurez le, nous n'avons pas changé (en même temps, je doute que ça le rassure vraiment...) et soyez certain que vous nous manquerez, tous les deux.

[crédit photo : Stevens William - Gamma via Le Monde]

3 Comments:

  • Vous vous souvenez certainement qu'il a dit : "Je crois à l'immortalité et pourtant je crains bien de mourir avant de la connaître".

    Dites, Monsieur Jean, vous qui lui parlez directement,vous ne pourriez pas lui demander de nous en dire plus maintenant...

    By Anonymous Anonyme, at 10:36 PM  

  • Vous avez crié tellement fort que je vous ai entendu.
    Mais, je ne crois pas que vous ayiez entendu mon MERCI de là-haut…
    Remarquez, même si vous prêtez l’oreille à un sourd, il n’entend pas mieux…

    Passez le message à Charlotte…

    By Anonymous Anonyme, at 11:23 AM  

  • Raymond a de nouveau rencontré Dieu et ils se sont reconnus...

    Au moins, réjouissons nous : il en a un qui a de la chance d'avoir vu l'autre !

    Tenez-bon Monsieur Jean, Raymond nous manque(ra) mais il y a encore des tas de pitres à rencontrer sur cette terre : la relève est assurée.

    By Anonymous Anonyme, at 2:41 PM  

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