Vieillir
Certains ont hâte de voir leurs enfants grandir. D'autres - plus jeunes - se rêvent étudiants. Et puis. Et puis, il y a tous ceux que ça angoisse de vieillir. Jour après jour. Année après année. Cheveu blanc après cheveu blanc.
Moi, j'avais plutôt de la chance, oscillant doucement, sans vraiment y penser et en tout cas sans angoisse, vers... Vers quoi, au juste ? Juste vers ma vie, enfin, je crois.
Alors, parfois, j'ai droit à un rappel : comme tout le monde, je vieillis. Oncle pour la deuxième fois. Parrain de la troisième fille ou du deuxième garçon de couples d'amis. Grand frère d'une petite soeur que je n'ai pas vraiment vu grandir. Qui n'est plus si petite et qui, à présent, ne déparerait dans un dîner avec mes amis. Et là, un autre frère qui boucle son DEA, comme à son habitude, sans forcer mais sans faillir, glanant, l'air de ne pas y toucher (une sorte d'habitude chez lui), sa mention "Très bien" (j'ai toujours préféré le Summa cum laude des universités étrangères) et glissant doucement vers sa thèse, vers sa vie.
Parfois, j'ai droit à un rappel. Même lorsque je n'y pense pas, je vieillis, inexorablement, poussé par ceux que j'ai toujours appelés "les petits" et qui n'attendront pas que je change mes catégories pour marcher sur des sentiers que je n'ai pas battus pour eux.
Etre l'aîné, c'est vieillir, toujours... parfois trop vite.

[crédit : Rembrandt / Portrait d'un vieux juif, vers 1660 (musée de l'Ermitage, St Petersbourg)]
Moi, j'avais plutôt de la chance, oscillant doucement, sans vraiment y penser et en tout cas sans angoisse, vers... Vers quoi, au juste ? Juste vers ma vie, enfin, je crois.
Alors, parfois, j'ai droit à un rappel : comme tout le monde, je vieillis. Oncle pour la deuxième fois. Parrain de la troisième fille ou du deuxième garçon de couples d'amis. Grand frère d'une petite soeur que je n'ai pas vraiment vu grandir. Qui n'est plus si petite et qui, à présent, ne déparerait dans un dîner avec mes amis. Et là, un autre frère qui boucle son DEA, comme à son habitude, sans forcer mais sans faillir, glanant, l'air de ne pas y toucher (une sorte d'habitude chez lui), sa mention "Très bien" (j'ai toujours préféré le Summa cum laude des universités étrangères) et glissant doucement vers sa thèse, vers sa vie.
Parfois, j'ai droit à un rappel. Même lorsque je n'y pense pas, je vieillis, inexorablement, poussé par ceux que j'ai toujours appelés "les petits" et qui n'attendront pas que je change mes catégories pour marcher sur des sentiers que je n'ai pas battus pour eux.
Etre l'aîné, c'est vieillir, toujours... parfois trop vite.

[crédit : Rembrandt / Portrait d'un vieux juif, vers 1660 (musée de l'Ermitage, St Petersbourg)]

7 Comments:
Mais c'est aussi aider les autres à grandir, ...
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Mlle B., at 8:25 PM
Et vieillir, c'est grandir, aussi.
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Anonyme, at 10:19 PM
C'est vrai qu'il ne sert à rien d'être nostalgique. C'est aussi vrai que je n'échangerais pour rien au monde ma place dans la fratrie (ni mes frères et soeur). Mais tout de même... oh, de toutes manières, les aînés me comprendront et les autres ne pourront jamais comprendre.
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Anonyme, at 12:21 PM
Moi aussi je n échangerais pour rien au monde ma place dans la fraterie. :)
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Mlle B., at 2:21 PM
Et que faites-vous du cas où il y a 2 (ou plus) aînés d'une fratrie ?
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Anonyme, at 2:50 PM
Hum... vous m'accorderez que ce n'est pas si courant... et comme je vieillis, que je grandis et que je gagne en sagesse (le privilège de l'âge tout autant que de la place :) ), je vous réponds prudemment : je ne sais pas.
[Ce qui m'évite aussi la langue de bois du "somewhere in-between" (un indice pour PDF2006).]
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Anonyme, at 4:30 PM
Gamin !
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Anonyme, at 9:24 PM
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