Ce week-end, le soleil se couchera plus tôt
Ce week-end, le soleil se couchera plus tôt. Quelques minutes. Ce week-end, je la tiendrai dans mes bras. Toujours un peu gauche, elle est si petite, ma nièce, ma filleule. Ce week-end, ils fêteront leur trente ans de mariage. Et j'en espérerai encore trente de plus, ou quarante. Ce week-end, il nous manquera. C'est dommage, même si je comprends bien, fraterie pas tout à fait réunie. Ce week-end commence un jeudi soir. C'est étrange mais pas désagréable. Ce week-end... le soleil se couchera plus tôt, mais je ne sais pas si je m'endormirai plus vite au milieu de mille souvenirs, du passé, du présent, du futur, qui remontent lorsque, couché, je ferme les yeux.

4 Comments:
Vos mots me touchent, Monsieur Jean, et j'aimerais ce soir vous dire que je leur en souhaite moi aussi 30 et 40 de plus. Mais tout cela ne fait pas sens: dans le fond ils sont tout simplement faits pour l'éternité.Et puis également tout le meilleur, que du bonheur pour la petite, sa famille et son parrain y veilleront - elle est en de bonnes mains.
Je lis vos mots, Monsieur Jean, un peu par hasard -et beaucoup par bonheur- je passe vous rendre visite et je croise ces mots-là, ces mots qui me donnent l'étrange impression d'entrer dans votre maison, une maison un peu transparente, dans laquelle portes et fenêtres sont ouvertes à tous les vents. J'entre et je vous vois, je vous vois tous, et bien sûr cela me fait infiniment plaisir.
Mais j'ai tant l'impression aussi de ne pas être là à ma place. Qui suis-je pour entrer ainsi dans votre maison? Qui sommes-nous tous? Vos mots de ce soir me touchent parce que je les trouve très beaux et très forts, parce que je crois aussi pouvoir lire entre ou au-delà des lignes, etlà je plonge dans l'implicite, dans le non-dit, dans ce qui ne me regarde pas, et j'ai le sentiment de commettre une faute. Une indiscrétion au minimum.
Ce soir, Monsieur Jean, j'ai traversé votre maison, sur la pointe des pieds, sans faire de bruit, ombre bienveillante de passage dans vos mots, dans votre vie. Puisque j'ai su où vous trouver, puisque vous m'aviez donné les clés de cette maison virtuelle, c'est sans doute que j'avais le droit d'y venir.
Mais ce soir, je l'avoue une fois encore, il y avait quelque chose de si fort et de si troublant, de si touchantdans vos mots que j'ai vraiment eu l'impression d'être là où je ne devais pas.
Animal nocturne, je repars aussi discrètement que s'est faite ma visite chez vous. En emportant dans ma nuit l'image de gens formidables.
Embrassez-les tous pour moi.
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Anonyme, at 12:49 AM
Cher Anonyme, ou chere Anonyme,
D'abord, excusez-moi pour l'absence remarquée de certains accents... les claviers de ce coté-ci du Danube ont un tas de caracteres spéciaux et mystérieux (ő, ú, Ö, Ó, Ł, ł ou encore đ et Đ) mais pas de e accent grave...
Merci de votre long commentaire. Si je n'avais aucune pudeur, je vous dirais que... mais j'en ai encore loe soupcon qui me fait espérer que ma maison, comme vous dites, n'est pas a l'abandon, ouvertes aux quatre vents et a tous les regards voyeurs mais juste assez hospitaliere et originale pour qu'on s'y sente bien. Comme chez des amis qui ont le don de vous mettre a l'aise, tellement qu'en les quittant, vous en etes un peu gené...
Et pour ce que vous croyez me voir écrire entre les lignes, laissez moi vous préciser : ce que j'écris n'appartient qu'a moi. Et ce que vous lisez et qui résonne un peu chez vous est a vous. Je le partage parfois ici. Vous me l'avez gentiment écrit, un soir ou vous passiez. Merci.
Oh, et par la meme occasion, puisque j'ai emvie que vous vous sentiez ici a l'aise, n'hesitez pas a vous trouver un nom... puisque vous n'etes plus tout a fait un lecteurs anonyme et muet comme il en passe parfois par ici, enfin, j'imagine.
A bientot donc, cher plus tout a fait anonyme, ou chere plus tout a fait Anne O'nime...
[c'est drole que vous ayez parlé de tout ca... rapport a un billet qui muri, pour bientot]
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Monsieur Jean, at 10:59 AM
Soyez assuré, cher hôte de la toile, que l'une des dernières choses au monde que je souhaitais, en écrivant ces qqs lignes, était de vous blesser. Si tel est pourtant le cas, permettez-moi de vous présenter mes plus sincères excuses. Mon manque de don pour exprimer clairement à l'écrit ma pensée est sans doute à l'origine du désastre. J'espérais que vous sauriez comprendre. Mais ma responsabilité est entière et indéniable: j'ai raté mon pari de l'intelligibilité.
Puis-je tenter de corriger un peu notre malentendu en vous disant qu'à mes yeux impudeur et beauté sont exclusives l'une de l'autre et en maintenant que vos mots étaient beaux.
Ayez ainsi la bonté de ne retenir que la première partie de mon propos (la moins confuse, je l'espère) et essayez d'oublier le reste qui vous a peut-être et bien malgré moi blessé. Peut-être aussi ne devrait-on jamais avancer masqué.
Bien sincèrement je vous demande de me pardonner et je termine en vous disant que j'accepte avec humour le nom que vous me proposez, avec, si j'osais, une légère variante (qui me permettra de changer tout à la fois de genre et d'espèce).
Bien à vous,
l'Ane Onyme.
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Anonyme, at 4:24 PM
Cher Ane, donc,
(je me souviens que Francis Jammes vous écrivit un jour un beau poème)
Vous m'avez mal compris. Je me suis peut-être mal exprimé. Les claviers magyars ou je ne sais quel coup du sort.
Mais on ne va pas se désoler tous les deux plus avant. Non, halte à la Caliméralisation (un concept simple à appréhender, a priori) ! foin d'excuses, d'autant qu'elles n'ont pas lieu d'être. Je ne vois pas ce qui dans votre commentaire était blessant et, après une inspection rapide (je recompte : deux bras, deux jambes, une tête...), je vous rassure, je ne suis pas blessé.
Alors, pour faire bref et rapide : no offense, at all.
Et puis, puisque vous m'êtes sympathique, un ptit cadeau (c'est les ambiances d'anniversaire, cherchez pas à comprendre...) :
[...]
Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.
F. Jammes
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Anonyme, at 5:00 PM
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