Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

02 août 2006

Vers l'Orient compliqué

[brouillon, peut-être]

Vers l'Orient compliqué, [j'allais] avec des idées simples écrivit nagère le général De Gaulle (in Mémoires de Guerre - L'appel 1940-1942). On a, je pense, trop fait dire à cette phrase au verbe puissant. Le genre de phrase qui fournit de trop bels incipits, trop faciles pour être vraiment honnêtes.

Et moi, regardant l'Orient compliqué, je crois n'avoir jamais eu d'idées simples, manichéennes. D'ailleurs, comment avoir des idées simples ?

Enfin, juste en écho à quelques commentaires, on et off, j'aurais voulu préciser :

- que le mail que je me suis permis de mettre en ligne est à prendre pour ce qu'il est, un mail de là-bas ;

- que l'histoire nous enseigne la prudence dans nos jugements et montre, a posteriori que le courage et la clairvoyance sont des vertus aussi précieuses que rares ;

- et surtout que l'Orient compliqué suscite spontanément des émotions simples, voire primaires tandis qu'il appelle une réflexion complexe ou, faute d'une réflexion à la hauteur (que vous ne trouverez pas ici...), une réserve prudente (qui n'est pas de l'indifférence, non plus) ;

- enfin, que, le plus souvent, les situations de guerre sont des situations étranges où le coeur hurle, où il faut pourtant que la raison raisonne et où il convient de se garder des solutions simples, des jugements rapides et des considérations évidentes ou brillantes...

Et je me rappelle une longue discussion avec une ethno-linguiste française vivant dans les pays baltes, le 1er janvier 2001 dans le train couchette qui nous ramenait de Rome. C'était dans cette époque déjà preque oubliée, entre la chute du Mur et les Twin Towers, entre le 11/9 et 9/11. Nous avions débattu de l'histoire, de la guerre et de la violence. De Hegel, Marx, Aron, Fukoyama et Huntington. J'avais essayé d'expliquer, qu'il me semblait que nous n'étions pas très différents des Romains du Ier siècle avant J.-C., des marchands de la Hanse ou des sujets de Babylone, au fond, dans ce qui nous fait hommes, que nous restions marqués par la violence et que, même si nous ne voyions pas comment ou entre qui, la guerre n'était pas une relique d'un passé révolu. Tant qu'il y aura des hommes... et ce n'est pas la faute d'un Autre, mais la nôtre. Tant qu'il y aura des hommes... et pourtant, je veux croire que ce n'est pas une fatalité, un horizon indépassable. Et, même si c'est une voie étroite entre le réalisme cynique et l'émotion simplificatrice..., c'est le voeu que je forme, mon espérance. Un amer dans les turbulences du monde :

Misericordia et veritas obviaverunt sibi,
iustitia et pax osculatae sunt.
Veritas de terra orta est,
et iustitia de caelo prospexit.


[Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s'embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.
Ps. 85 (84), v. 11-12]

1 Comments:

  • Oui tu as bien sûr raison... pourtant... pourtant... quand est-ce que l'homme redeviendra (l'a-t-il jamais été?) un terrien, conscient de vivre sur une planète tournant autour d'une boule de feu (voilà pour la simpliciation). Se tuer pour des conneries de territoires, de croyances etc... c'est certes l'homme.. mais merde ok? Merde... et ce n'est pas même passionné de ma part. C'est juste une vraie lassitude devant l'impuissance dans laquelle nous sommes... et en même temps spectateurs d'évènements insupportables que nous ne partageons pas vraiment même s'ils nous touchent. Parfois j'en ai marre d'aller bien quand il y a tant de gens qui meurent.. pour des conneries. La culpabilité égoïste du survivant.
    Il y a tant de choses à faire pour ce monde... et regarde ce qui prédomine? Beurk.. en bref.

    By Anonymous Anonyme, at 12:41 AM  

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