Je l'aurais parié...
Cinématographiquement parlant, c'est simplement parfait. Rien n'est jamais laissé au hasard. On sent qu'ici, le moindre figurant est vraiment un acteur. On sent qu'ici, les plans de New-York dans la lumière matinale d'un mardi de septembre semblent naturels, évidents parce qu'ils ont été soigneusement préparés, tournés, montés, etc. On sent qu'ici, on avait 63 millions de dollars pour faire un film. Bref, cinématographiquement parlant, c'est un pure Holywood movie.Et c'est vraiment dommage que World Trade Center d'Oliver Stone ne soit qu'un pure Holywood movie, photo léchée et mise en scène millimétrée pour une émotion provoquée, contrôlée, dirigée. Au final, une morale : united, we stand!. Euh, oui, bon... certes. [message perso] Merci Oliver, c'est très gentil - en plus ce n'est pas faux. Mais, enfin, c'est court, tout de même. Beaucoup trop court. Parce que, 129 minutes, tu vois, c'est long pour dire together, we are stronger, moi, je le fais en moins de 5 secondes et, dans le fond, je suis au moins aussi convaincant. Enfin, heureusement que tu filmes mieux que je n'écris parce que, sinon, c'est certain, j'aurais craqué assez vite.
A contrario, United 93 de Peter Greengrass était autrement meilleur. Tout aussi maîtrisé mais nettement moins contrôlé. Toujours caméra à l'épaule, Peter Greengrass* poursuivait sur sa ligne : montrer des faits au plus près, trouver des angles différents, complémentaires. Exposer une réalité complexe pour faire réfléchir, interpeller avant d'émouvoir. Et de faire la preuve que l'émotion ne se réduit pas à un travelling arrière bien placé. Que l'émotion, la vraie, ne dispense pas de réfléchir. Au contraire.* Qui nous avait déjà livré l'excellent Bloody Sunday, toute l'émotion de la chanson de U2 distillée un film fort, plein de tact et incroyablement juste.

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