Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

09 novembre 2006

The almost-right & the truly-right

A question might look like it is simple, but there is a subtlety to it. There are often two answers. There is the "almost-right answer" and the "truly-right answer" which is a subtle wrinkle on that first answer.


C'est ce que j'aime dans mon métier (même si je ne suis pas certain que ce soit vraiment un métier - en fait, je crois que j'aime tellement la toolbox qui me sert à réfléchir que je n'en reviens toujours pas d'être payé pour m'en servir), chercher la "truly-right answer" qui se cache souvent derrière la "almost-right answer". Un peu pour tout d'ailleurs. Par exemple...

Par exemple, si je vous demande qui est le premier à avoir bouclé un tour du monde, si vous êtes un peu cultivé (ce dont je ne doute pas un instant), vous me répondrez : Fernão de Magalhães. Un portugais exilé qui, pour avoir convaincu en 1518 le roi d'Espagne, Charles Quint, du projet fou de trouver le passage conduisant de de l'océan Atlantique à l'océan Indien, lanca en 1519 une expédition entreprenant un tour du monde d'est en ouest qui reviendra trois ans plus tard, disloquée, victorieuse. Oui, Magellan. Magellan, parti avec de fausses cartes qui force avec la même détermination le destion et le détroit qui porte son nom. Magellan, cherchant son chemin dans les cailloux de la Terre de feu, lançant chacun de ses navires dans une exploration comme à taton des canaux, passes et culs de sac en quête d'un passage dont personne ne pourrait jurer qu'il existe. Oui, mais.

Mais Magellan meurt dans l'archipel des Philippines, dans la nuit du 26 au 27 avril 1521, "dans une bataille stupide avec une horde de sauvage", comme le raconte Stefan Zweig. Alors ? Un capitaine ou un second devenu amiral par la force des choses et l'aide de trop nombreuses pertes et qui commande le Victoria et ses dix-huit hommes, un Victoria qui remonte seul le Guadalquivir vers Séville le 6 septembre 1521 ; le Victoria, plus petit navire d'une flotte qui comptait cinq cotres de 500 à 600 tonnes, partie le 10 août 1519, forte de deux cent soixante cinq hommes.

Alors non. Le premier homme a avoir croisé chacune des longitudes du globe, c'est Henrique, le fidèle esclave malais de Magellan, acheté en 1511 à Malacca. Henrique...

There is the "almost-right answer" and the "truly-right answer"...

[improbable collision entre une bd, un article sur Kevin Murphy (un type assez déroutant qui est, de l'avis de beaucoup, un authentique génie) et la lecture déjà un peu ancienne du Magellan de Stefan Zweig. Aussi du fait d'un silence un peu contraint - parce que j'aime mon métier, mais parfois...]

[crédit : Wikipedia (Ferdinand Magellan [en])]

6 Comments:

  • Perdu, personne ne sait si il est originaire de Cebu (il serait de Malaisie, pas de Cebu) et on ne sait pas ce qu'il a fait après la mort de Magellan.

    By Anonymous Anonyme, at 2:05 PM  

  • > Tonfa (good to see you over there!) : Mais je n'ai jamais dit qu'il était originaire de Cebu, faut pas lire trop vite, sinon on comprend pas (pour paraphraser quelqu'une que nous connaissons bien tous les deux...). Comme je disais donc : Henrique, esclave malais qui, certes, n'apparaît pas dans la liste des 18 rescapés qui rentrent à Séville le 6 septembre 1522, dont Antonio Pigafetta et les autres témoins de la première circuum navigation ne parlent pas après l'accrochage de Cebu mais qui, à en croire Stefan Zweig, aura fini par parcourir les quelques 21° de longitude qui séparent Cebu (121°13E) de Malacca (102°23E). Probablement.

    By Blogger Monsieur Jean, at 3:02 PM  

  • Reste que c'est très controversé (cf l'article de wikipedia[1]. Si l'on prend des suppositions de cette nature Magellan pourrait aussi être le premier (il n'y a pas de certitude sur le point maximum où il est allé à l'est lors de ses précedents voyages).


    [1] http://en.wikipedia.org/wiki/Henry_the_Black

    By Anonymous Anonyme, at 8:08 PM  

  • De notre envoyé spécial:

    « Le 28 novembre 1520 on lève l’ancre, on hisse les drapeaux. Et par une salve tonnante d’artillerie les trois petits navires solitaires saluent respectueusement la mer inconnue, comme on salue un grand adversaire que l’on provoque à un duel à mort […]

    Pendant des milliers d’heures, la flotte de Magellan s’avance à l’aventure. Depuis le 28 novembre, le jour où le Cap Désiré a disparu dans le lointain, leurs cartes et leurs mesures sont sans valeur. Toutes les distances calculées par Faleiro se sont montrées fausses. Depuis longtemps Magellan croit avoir dépassé Cipango, le Japon, et cependant il a à peine parcouru un tiers de l’océan mystérieux qu’à cause de l’absence totale de vents il appelle le Pacifique.
    Mais combien cruelle cette tranquillité, combien atroce ce calme absolu ! La mer est toujours aussi bleue et miroitante, le ciel aussi serein et brûlant, l’air aussi vide de sons, l’horizon aussi lointain. Toujours le même néant bleu autour des trois petits navires, seuls points mouvants dans cette horrible immobilité, toujours la même lumière cruelle contre le jour, et la nuit les mêmes étoiles froides et silencieuses, qu’ils interrogent en vain. Toujours les mêmes objets dans le carré des matelots, la même voile, le même mât, le même pont, la même ancre, les mêmes canons, les mêmes affûts. Toujours la même odeur de pourriture, montant des entrailles du navire. Toujours, matin, midi et soir, les mêmes visages figés dans un morne désespoir, avec cette seule différence que chaque jour ils s’allongent un peu plus. Les yeux s’enfoncent de plus en plus dans les orbites, leur éclat diminue de jour en jour, les joues ne cessent de se creuser, la démarche des matelots devient de plus en plus molle et vacillante. Ils ont des allures de spectres, eux qui, quelques mois auparavant, jeunes hommes robustes, montaient et descendaient les échelles, manoeuvrant rapidement au milieu de la tempête. A présent ils marchent en chancelant comme des malades ou gisent épuisés sur leurs paillasses. Les trois navires ne sont plus que des hôpitaux flottants… »

    Stefan Zweig, Magellan, Les Cahiers Rouges, Grasset, 1938, pp. 197-201.


    (Monsieur Jean, un peu d'aventures que diable!
    de la sueur, du souffre,, de rhum, des tirs d'artillerie, de chants des soutiers, et du bleu, du ciel , des pirates des Caraïbes...)

    By Anonymous Anonyme, at 7:52 AM  

  • Je vote pour le rhum ! Yo ho ho !

    By Anonymous Anonyme, at 10:57 AM  

  • Doc, vous croyez aussi que monsieur Jean a (re) mis les voiles ?

    By Anonymous Anonyme, at 9:17 AM  

Enregistrer un commentaire

<< Home