Jules, Robert, Charlotte et l'hôtesse du cinéma
Monsieur Jean n'est pas mort (enfin, à en juger par une introspection clinique récente, il semblerait que non). Ce n'est donc pas que monsieur Jean soit décédé (ou pas, nous disions donc...) mais bien plutôt qu'il n'a pas tellement eu le loisir de profiter d'une connexion adsl récemment. Pas même une petite connexion modem bas débit (56k, le supplice chinois* du web). Alors, je n'ai pas pu commettre le moindre petit billet.
En même temps, ça tombe bien. Vous avez échappé à une somme de choses très très pas intéressantes. Du tout. Une rupture (...). Un déménagement (sans lien avec la précédente mais assez en rapport avec le suivant). Un emménagement (très en lien avec le précédent, même si le sens de la causalité n'est pas habituel). Et aussi, en vrac, des films, des bd, des romans, des essais, un week-end avec quelques amis, des réveils horribles, des petits poèmes sans intéret, de minuscules coups de gueules et de pas tellement plus grandes joies intellectuelles, etc. (c'est quand même pratique, etc., comme résumé).
Donc, je vous épargne la relation par le menu de ces dernières semaines, relation qui, dans ce cas précis, n'aurait certaiment pas été aussi menue qu'il eu fallu pour éviter de vous les briser... menues (oui, je sais, ami lecteur, elle est assez nulle et, oui, aussi, je sais, amie lectrice,tu (pardon, j'ai l'impression que tout part en couilles sur ce ploug) vous n'en avez pas). Je vous épargne donc, parce que j'ai pas envie de vous perdre, vous, là, les trois derniers fidèles qui me lisez encore ou du moins montrer quelques velléités à me lire - puisque pour me lire, encore faudrait-il que j'écrivis écrivisse. Mais si je vous épargne le menu de la relation, il va falloir que je trouve quelque chose à écrire (quoique, à la réflexion, j'ai l'impression que ce n'est pas tellement nécessaire - d'avoir quelque chose à raconter pour écrire, il n'y a qu'à voir ce billet...).
Oui, enfin, bon, je vais quand même tenter un effort (remarquez la bonne volonté que je vous saurais gré de mettre à mon crédit**). Genre, vous raconter que tout à l'heure, au ciné, je me suis senti tout à fait idiot. Je vous explique (parce que, je sens que vous avez l'impression d'avoir raté un épisode (en même temps, avec tout ce que je ne vous raconte pas et mon silence paresseux - ne me dîtes pas que vous avez cru au coup de la connexion... - je comprendrais même que vous ayez l'impression qu'avoir raté une saison complète) [ah, oui, il doit en rester une à fermer]). Je vous explique donc. Mieux, je vous raconte (oui, juste pour toi, dernier des mohicans qui a survécu jusque là après que les deux autres ont déclaré forfait).
[intérieur, jour (enfin, jour, plus pour très longtemps vu que le soleil se couche plus tôt maintenant - mais toujours à l'Ouest, ça, ça n'a pas changé le week-end dernier)]
Intérieur de ciné, moquette genre rouge, au comptoir après trois minutes de queue (c'est quand même plus précis que [intérieur jour] mais en même temps, ça fait moins script) alors que la nuit commence à peine à tomber dehors (on s'en fout pour la suite du récit, mais comme j'ai écrit [intérieur jour], il faut bien que je précise - enfin, on s'en fout, mais ça compte quand même un peu... pour l'ambiance, genre, froid, sec, grand ciel bleu, premières écharpes, la fin d'après midi qui pince les joues et donne envie d'être amoureux). Comme je vais voir les grandes sorties de la semaine ce week-end avec des amis et que j'ai néanmoins une furieuse envie de ciné, je suis rentré. Avec une excuse facile - les grandes sorties. Du coup, à moi les comédies françaises que j'affectionne assez, mais en secret, parce que honnêtement, si je vous disais que je regarde volontiers une petite comédie genre Mensonges et trahisons ou... enfin, bref, une petite comédie française pas compliquée, donc, si je disais que je regarde volontiers ce genre d'oeuvre, je suis certain que mon image de bobo intello culturé en prendrait un sacré coup. Alors pour vous, comme pour moi, je me suis fabriqué mon excuse à laquelle personne, ni vous, ni moi, ne croira. Voila. Alors, j'étais un peu honteux dans cette queue, à me dire que mon excuse ne valait rien, lorsque le dos de devant à fait place à un pupitre avec derrière une hôtesse qui me regarde, genre "euh, là, c'est à toi de parler", comme ça, dans un seul regard un peu fatigué mais finalement amical, enfin, vaguement. J'esquisse un sourire, elle a bien droit à un sourire, après tout. Et puis, le sourire, ça fait toujours passer les pires excuses, même le coup des grandes sorties. Donc, je lui souris et je lui demande : "Prête-moi ta main, s'il vous plaît." C'est là que je me suis senti idiot. Je suis là, je souris, je la regarde et je lui demande "Prête-moi ta main" et là, alors que je me trouve déjà un peu idiot (je ne la connais pas, moi, cette hôtesse, alors, j'imagine que sa main, elle ne compte pas me la laisser ni pour la soirée, ni pour la vie - remarquez, moi, je ne suis pas... enfin bref, de toute manière, ça n'était pas du tout mon type de fille) et voilà, après avoir tout osé (même pas du courage ou de la témérité, juste de l'inconscience), je me ravise, je la vouvoie (comme vous) et je lui demande son avis. Non, vraiment, se sentir idiot...
Bon, sinon, le film (non, parce que Prête-moi ta main, c'est un film, n'allez pas croire non plus que je fais du gringue aux ouvreuses), il faut que je vous avoue, ça passe pas mal. Si je voulais encore tenter de donner le change, je vous dirais que ça parle de la relation fraternelle, comme Dans Paris, mais là, plutôt sous l'angle frère-soeurs que (petit) frère-(grand) frère. En même temps, sauver la face... après tout ce que je viens de vous raconter... bon, on se comprend. Et puisque tu es désormais l'ultime et l'unique lecteur de ce ploug, je te devais la vérité. La vérité vraie et nue, même si elle te semble un peu crue. Même si tu n'y crois pas. Oui, j'aime aussi les comédies, même françaises, même avec des histoires à tomber par terre, même (surtout ?) avec Charlotte Gainsbourg. Et puis, tu sais, j'avais déjà vu cette semaine The Queen et Flags of our Fathers (bien, d'un strict point de vue cinématographique, pas mal aussi, par ailleurs) et Ô Jérusalem (beaucoup moins bien, cinématographiquement parlant, intéressant, par ailleurs) que je ne chroniquerai pas (pure flemme, non, pardon, faute d'une connexion même très bas débit). Donc, Prête-moi ta main c'est une histoire que vous jugerez certainement un peu mièvre. Mais moi, j'ai bien aimé, c'était frais, drôle, léger... ça faisait du bien après... etc.
Ma coloc' et néanmoins petite soeur (oui, parce que je viens d'emménager avec ma - petite - soeur) vient de m'annoncer tout de go : "qu'est ce que tu veux, quand on a pas de Jules, on se console avec son Robert" avant de replonger le nez dans son exercice de français. Comme ça, sorti de nulle part. Je crois qu'une sentence aussi pleine de sagesse est toute indiquée pour terminer ce billet. On va donc s'arrêter là (en même temps, tout bien réfléchi, je prèfère Charlotte Gainsbourg ou même la fille du ciné au Jules de ma soeur ou à mon Robert).
* supplice chinois : vous savez, le goutte qui tombe doucement sur le haut du crâne, 20 secondes après que la précédente...
** crédit, débit, j'ai jamais été très très fort pour faire la différence tout de suite, un peu comme ma gauche et ma droite, toujours eu besoin d'y réfléchir à deux fois. Et de me rappeler que la main droite, c'est précisément celle qui a le pouce à gauche.
Et oui, comme ce billet est écrit depuis a far remote flat without any proper access to the internet, il n'y aura pas les liens imdb/allociné qui normalement accompagnent un billet correctement écrit... en plus, j'ai pas trop envie de me casser, là, ce soir.
En même temps, ça tombe bien. Vous avez échappé à une somme de choses très très pas intéressantes. Du tout. Une rupture (...). Un déménagement (sans lien avec la précédente mais assez en rapport avec le suivant). Un emménagement (très en lien avec le précédent, même si le sens de la causalité n'est pas habituel). Et aussi, en vrac, des films, des bd, des romans, des essais, un week-end avec quelques amis, des réveils horribles, des petits poèmes sans intéret, de minuscules coups de gueules et de pas tellement plus grandes joies intellectuelles, etc. (c'est quand même pratique, etc., comme résumé).
Donc, je vous épargne la relation par le menu de ces dernières semaines, relation qui, dans ce cas précis, n'aurait certaiment pas été aussi menue qu'il eu fallu pour éviter de vous les briser... menues (oui, je sais, ami lecteur, elle est assez nulle et, oui, aussi, je sais, amie lectrice,
Oui, enfin, bon, je vais quand même tenter un effort (remarquez la bonne volonté que je vous saurais gré de mettre à mon crédit**). Genre, vous raconter que tout à l'heure, au ciné, je me suis senti tout à fait idiot. Je vous explique (parce que, je sens que vous avez l'impression d'avoir raté un épisode (en même temps, avec tout ce que je ne vous raconte pas et mon silence paresseux - ne me dîtes pas que vous avez cru au coup de la connexion... - je comprendrais même que vous ayez l'impression qu'avoir raté une saison complète) [ah, oui, il doit en rester une à fermer]). Je vous explique donc. Mieux, je vous raconte (oui, juste pour toi, dernier des mohicans qui a survécu jusque là après que les deux autres ont déclaré forfait).
[intérieur, jour (enfin, jour, plus pour très longtemps vu que le soleil se couche plus tôt maintenant - mais toujours à l'Ouest, ça, ça n'a pas changé le week-end dernier)]
Intérieur de ciné, moquette genre rouge, au comptoir après trois minutes de queue (c'est quand même plus précis que [intérieur jour] mais en même temps, ça fait moins script) alors que la nuit commence à peine à tomber dehors (on s'en fout pour la suite du récit, mais comme j'ai écrit [intérieur jour], il faut bien que je précise - enfin, on s'en fout, mais ça compte quand même un peu... pour l'ambiance, genre, froid, sec, grand ciel bleu, premières écharpes, la fin d'après midi qui pince les joues et donne envie d'être amoureux). Comme je vais voir les grandes sorties de la semaine ce week-end avec des amis et que j'ai néanmoins une furieuse envie de ciné, je suis rentré. Avec une excuse facile - les grandes sorties. Du coup, à moi les comédies françaises que j'affectionne assez, mais en secret, parce que honnêtement, si je vous disais que je regarde volontiers une petite comédie genre Mensonges et trahisons ou... enfin, bref, une petite comédie française pas compliquée, donc, si je disais que je regarde volontiers ce genre d'oeuvre, je suis certain que mon image de bobo intello culturé en prendrait un sacré coup. Alors pour vous, comme pour moi, je me suis fabriqué mon excuse à laquelle personne, ni vous, ni moi, ne croira. Voila. Alors, j'étais un peu honteux dans cette queue, à me dire que mon excuse ne valait rien, lorsque le dos de devant à fait place à un pupitre avec derrière une hôtesse qui me regarde, genre "euh, là, c'est à toi de parler", comme ça, dans un seul regard un peu fatigué mais finalement amical, enfin, vaguement. J'esquisse un sourire, elle a bien droit à un sourire, après tout. Et puis, le sourire, ça fait toujours passer les pires excuses, même le coup des grandes sorties. Donc, je lui souris et je lui demande : "Prête-moi ta main, s'il vous plaît." C'est là que je me suis senti idiot. Je suis là, je souris, je la regarde et je lui demande "Prête-moi ta main" et là, alors que je me trouve déjà un peu idiot (je ne la connais pas, moi, cette hôtesse, alors, j'imagine que sa main, elle ne compte pas me la laisser ni pour la soirée, ni pour la vie - remarquez, moi, je ne suis pas... enfin bref, de toute manière, ça n'était pas du tout mon type de fille) et voilà, après avoir tout osé (même pas du courage ou de la témérité, juste de l'inconscience), je me ravise, je la vouvoie (comme vous) et je lui demande son avis. Non, vraiment, se sentir idiot...
Bon, sinon, le film (non, parce que Prête-moi ta main, c'est un film, n'allez pas croire non plus que je fais du gringue aux ouvreuses), il faut que je vous avoue, ça passe pas mal. Si je voulais encore tenter de donner le change, je vous dirais que ça parle de la relation fraternelle, comme Dans Paris, mais là, plutôt sous l'angle frère-soeurs que (petit) frère-(grand) frère. En même temps, sauver la face... après tout ce que je viens de vous raconter... bon, on se comprend. Et puisque tu es désormais l'ultime et l'unique lecteur de ce ploug, je te devais la vérité. La vérité vraie et nue, même si elle te semble un peu crue. Même si tu n'y crois pas. Oui, j'aime aussi les comédies, même françaises, même avec des histoires à tomber par terre, même (surtout ?) avec Charlotte Gainsbourg. Et puis, tu sais, j'avais déjà vu cette semaine The Queen et Flags of our Fathers (bien, d'un strict point de vue cinématographique, pas mal aussi, par ailleurs) et Ô Jérusalem (beaucoup moins bien, cinématographiquement parlant, intéressant, par ailleurs) que je ne chroniquerai pas (pure flemme, non, pardon, faute d'une connexion même très bas débit). Donc, Prête-moi ta main c'est une histoire que vous jugerez certainement un peu mièvre. Mais moi, j'ai bien aimé, c'était frais, drôle, léger... ça faisait du bien après... etc.
Ma coloc' et néanmoins petite soeur (oui, parce que je viens d'emménager avec ma - petite - soeur) vient de m'annoncer tout de go : "qu'est ce que tu veux, quand on a pas de Jules, on se console avec son Robert" avant de replonger le nez dans son exercice de français. Comme ça, sorti de nulle part. Je crois qu'une sentence aussi pleine de sagesse est toute indiquée pour terminer ce billet. On va donc s'arrêter là (en même temps, tout bien réfléchi, je prèfère Charlotte Gainsbourg ou même la fille du ciné au Jules de ma soeur ou à mon Robert).
* supplice chinois : vous savez, le goutte qui tombe doucement sur le haut du crâne, 20 secondes après que la précédente...
** crédit, débit, j'ai jamais été très très fort pour faire la différence tout de suite, un peu comme ma gauche et ma droite, toujours eu besoin d'y réfléchir à deux fois. Et de me rappeler que la main droite, c'est précisément celle qui a le pouce à gauche.
Et oui, comme ce billet est écrit depuis a far remote flat without any proper access to the internet, il n'y aura pas les liens imdb/allociné qui normalement accompagnent un billet correctement écrit... en plus, j'ai pas trop envie de me casser, là, ce soir.

7 Comments:
Moi je préfère Julia Roberts à Jules Robert, chais pas trop pourkoi ?
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Anonyme, at 12:43 PM
> LTNC (c'est un nouveau fond d'investissement qui va bientôt péricliter ?) : moi aussi et moi non plus, mais c'est comme ça.
Enfin, not long before I come, I think...
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Monsieur Jean, at 1:35 PM
Quelle culture, Msieur Jean ! Le plus grand plantage financier du XXème siècle méritait bien une telle stèle funéraire.
C'est marrant, plus vous écrivez moins, et plus j'aime vos billets.
J'espère que ça ira mieux, dans une autre vie, moi j'en ai qu'une, je la brûle.
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Anonyme, at 9:41 PM
Que j'écrivisse, M. Jean, que j'écrivisse.
("Ne mets pas tes doigts dans le subjonctif imparfait, tu risques de te pincer très fort" ;-))
... Et bons films !
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Anonyme, at 10:37 PM
Proper access to internet ... should not be long to be delivered, though ...
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Anonyme, at 11:59 AM
> Doc Thib : Plus j'écris moins... ainsi, il est bon que j'écrivisse peu. Promis, je suivrai à la lettre ce conseil si avisé.
> 2nd Flore : Ah, le subjonctif imparfait... merci pour le diagnostic, je me demandais ce qui me faisait mal au bout des doigts et s'avérait si génant pour trzapoer zauy vclkzacvuier, pardon, taper au clavier.
> Many future occasions : Should not... if only it wasn't me...
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Monsieur Jean, at 1:40 PM
Cher Monsieur Jean,
ne vous méprenez point. J'aimerais que vous écrevissiez plus. Mais je constate que vous écrivez moins, et par ailleurs, j'apprécie ce que vous écrivez. De là à ce que, indécrottable rationnel, je mette un lien de causalité statistique... Rah, je m'en vais de ce pas me flageller avec des tests de Student !
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Anonyme, at 8:46 PM
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