Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

19 décembre 2006

Last In First Out


C'est une sorte de photo finish perpétuelle. Un instant qui durerait et durerait encore. Où la seconde suspendue aurait déformé, distendu l'espace, comme si la sortie du temps n'avait été consentie qu'au détriment des distances et des volumes.

Mes journées filent. Le véritable effort consiste à accepter de ne penser à rien. A considérer la pile comme un horizon absolu et à opter pour une stratégie Last In First Out qui devrait assurer la terminaison du processus dans un temps fini. Et renoncer à trouver un majorant du temps d'arrêt.

Oublier que derrière cette urgence, il s'en cache une autre à peine plus ancienne. Rester concentré sur ma feuille de papier, le crayon alerte. Fixer toute son attention sur l'exposition de... ou la démonstration du... Expliquer, vite, bien. Comprendre, bien, vite. Réflechir. Border un raisonnement. Ecrire encore. Et basculer vers le fil, libération qui permet tous les déséquilibres.

Une sorte de photo finish. Un suspens, un sursis, plutôt. Figé à 1/4000s pour arrêter ce qui devrait être une chute.

[photo : finale du 100m, Jeux Olympiques de 1948, Londres - de gauche à droite : Emmanuel McDonald Bailey (Royaume-Uni, 6ème), Mel Patton (Etats-Unis, 5ème), Alastair McCorquodale (Royaume-Uni, 4ème), Lloyd La Beach (Panama, 3ème), Barney Ewell (Etats-Unis, 2ème) et Harrison Dillard (Etats-Unis, 1er) / crédit : Hulton/Getty Archive via BBC]

7 Comments:

  • Considérons à ma gauche une pile de dossiers en instance de traitement ,
    faisons glisser à droite les dossiers derniers entrés et donc premiers sortis,
    considérant l'obsolescence du stock de la pile de gauche,

    y at-il encore intérêt à traiter des questions dépassées par l'urgence et l'actualité?

    Or donc, je vous suggère dés lors de procèder à un classement vertical ds premiers entrés, et qui jusque là vous défient sur votre gauche, en les faisant glisser sur la droite (symboliquement le dossier est traité) mais en se posant pour chaque dossier la question "que se passe t-il si je le jette ?" et comme trés souvent la réponse est : rien!
    il suffit dés lors de le laisser glisser verticalement (non sans une pointe de culpabilité mélangée à une merveilleuse sensation de légéreté quand le dossier s'échappe de vos doigts et que les feuilles voltigent avec un bruissement d'ailes )dans la corbeille à papiers ...(remarquez que cela vaut pour le bureau virtuel,c'est juste moins poètique )
    et ce jusqu'a épuisement du stock...!

    superbe photo !

    mais je ne comprends pas "comme si la sortie du temps n'avait été consentie qu'au détriment des distances et des volumes "

    By Anonymous Anonyme, at 9:01 AM  

  • Casser le buste, courber l'échine... et éviter les casse-couilles !
    Bon courage...

    By Anonymous Anonyme, at 6:42 PM  

  • > Lili : Juste pour la réponse à la question, parce que j'avais cette photo en tête.

    Euh, sinon, pour mon plus grand malheur, l'autre réponse n'est pas "rien" c'est aussi la contrepartie d'un métier passionnant. Mais pour l'encouragement à ranger avant que... zou... euh... bien, oui, mais ce sera le temps qui manquera (et mon vrai regret en partant dans peu de temps sera de laisser un bureau en désordre, un ordinateur en pagaille et une boite mail en mode FISI (First In, Still In).

    > 2nd Flore : Merci... d'autant que pour ce qui est du finish, vous n'êtes pas un amateur, non ? (je me souviens d'un carnet et d'une pile d'enveloppes kraft)

    By Blogger Monsieur Jean, at 11:41 PM  

  • Très juste ! J'aime bien partir à point (c.a.d. juste un peu en retard), mais dès que je vois la ligne, j'arrête de courir...

    By Anonymous Anonyme, at 3:54 PM  

  • > 2nd Flore : Presque pareil, c'est pour ça que j'ai toujours été nul en sprint. Et si ça marche pas trop mal sur des distances un peu plus longues, c'est surtout parce que je ne vois jamais la ligne à temps pour m'arrêter avant !

    By Blogger Monsieur Jean, at 8:41 PM  

  • Et si on repoussait la ligne ?
    Superbe photo, en effet, mais je ne comprends pas pourquoi ce sont les ombres qui perdent à chaque fois. J'aime bien ma part d'ombre, la plupart du temps, j'aimerais bien qu'elle passe devant moi.

    By Anonymous Anonyme, at 10:33 PM  

  • > Docthib : Et si... ben, comme tout le monde, enfin, comme des hamsters, on courrait. C'est la bonne réponse ? Et pour votre hombre, il a pris le pas sur vous, non ? (je sais, c'est ténébreux... 'solé)

    By Blogger Monsieur Jean, at 11:09 PM  

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