Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

13 janvier 2007

Une cloche de verre, un mouton... un au-revoir

Il ne répondit pas à ma question, mais il ajouta :
- Moi aussi, aujourd'hui, je rentre chez moi...
Puis, mélancolique :
- C'est bien plus loin... c'est bien plus difficile...

[...]

Il dit encore :
- Tu sais... ma fleur... j'en suis responsable ! Et elle est tellement faible ! Et tellement naïve. Elle a quatre épines de rien du tout pour la protéger contre le monde...
Moi je m'assis parce que je ne pouvais plus tenir debout. Il dit :
- Voilà... C'est tout...
Il hésita encore un peu, puis il se releva. Il fit un pas. Moi je ne pouvais pas bouger.
Il n'y eut rien qu'un éclair jaune près de sa cheville. Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas. Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ça ne fit même pas de bruit, à cause du sable.


[...]

Alors je me demande : "Que s'est-il passé sur sa planète ? Peut-être bien que le mouton a mangé la fleur..."
Tantôt je me dis : "Sûrement non ! Le petit prince enferme sa fleur toute les nuits sous son globe de verre, et il surveille bien son mouton..." Alors je suis heureux. Et toutes les étoiles rient doucement.
Tantôt je me dis : "On est distrait une fois ou l'autre, et ça suffit ! Il a oublié, un soir, le globe de verre, ou bien le mouton est sorti sans bruit pendant la nuit..." Alors les grelots se changent tous en larmes !...
C'est là un bien grand mystère. Pour vous qui aimez aussi le petit prince, comme pour moi, rien de l'univers n'est semblable si quelque part, on ne sait où, un mouton que nous ne connaissons pas a, oui ou non, mangé une rose...
Regardez le ciel. Demandez-vous : le mouton oui ou non a-t-il mangé la fleur ? Et vous verrez comme tout change...
Et aucune grande personne ne comprendra jamais que ça a tellement d'importance !

Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince

[Voilà, l'heure de partir, au moins pour quelques temps. A vrai dire, il y a quelques minutes, ça n'était pas évident. Mais partir, puisque c'est ce que me souffle une petite voix. Partir. Sans vrai raison. Enfin, sans raison qui se dise, se montre, se voit ou se comprenne. Ce ploug est en vacance, pour le temps qu'il faudra. Merci à ceux d'entre vous qui sont passés, "ombres discrètes et bienveillantes", merci à vous qui avez habité les fauteuils du salon, à l'occasion ou plus souvent, merci à vous qui avez usé du stylo rouge pour corriger les typos - les fautes de grammaire aussi, d'ailleurs. Merci à ceux qui ont compris ou deviné, au fil des mois. Et qui ont su... Et merci à toi, qui te demandes ce que tu fous là - merci, ne serait-ce que parce que personne ne t'as dit merci aujourd'hui. Adieu, comme on dit dans le Béarn, quand on se quitte pour longtemps ou pas.]

[crédit : A. de Saint-Exupéry, "Il tomba doucement comme tombe un arbre", illustration originale du Petit Prince]

5 Comments:

  • (dling! dling! dling!je grelotte!)

    Ce sera amusant ! tu auras cinq cents millions de grelots , j'aurai cinq cents millions de fontaines...(p 90)

    et N'oubliez pas vos chaussettes!

    By Anonymous Anonyme, at 7:33 AM  

  • C'était donc ça, les "grands travaux" du blog ? Une valise numérique à faire, un billet de train électrique à acheter, et hop, disparition temporaire dans la stratosphère.
    Bon voyage, et à bientôt, peut-être :-)
    Doc.

    By Anonymous Anonyme, at 9:31 AM  

  • A bientôt, cher Monsieur Jean. Prenez bien soin de votre rose. Et de votre mouton.

    By Anonymous Anonyme, at 3:55 PM  

  • Partir, donc. Peut-être parce que vous n'êtes pas un mouton.
    Ce qui ne m'empêche pas de vous jeter des fleurs, en cette heure.
    A bientôt.
    (Dis, dessine-moi un ploug?)

    By Anonymous Anonyme, at 10:39 AM  

  • bonnes vacances, et peut-être à bientôt, au détour d'un commentaire, si vous (re)devenez un simple lecteur de plougs...

    By Anonymous Anonyme, at 12:05 AM  

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