Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

30 décembre 2005

Mes teutoniques aventures téléphoniques

Mon filleul est certainement le plus grand épistolier que je connaisse (mais ne le lui dîtes pas...) : il m'a écrit deux jolies lettres aussi drôles et orgininales que bien tournées* pour l'Avent et pour Noël (et aussi pour me donner des nouvelles). Et moi, parrain indigne, je ne lui ai pas encore répondu (j'ai bien un brouillon qui date du 24 au soir, mais ça ne fait pas encore une lettre).

Alors, recevant un e-mail (courrier électronique, je précise pour Valéry G. d'E.** qui serait capable de s'offusquer de mes néologismes) des parents de mon filleul avec mention d'un n. de téléphone où les joindre, je ne fais ni une, ni deux et je me lance.

Sur leur conseil, je commence avec un n. en 08xxxxxxxx qui m'emmène sur le serveur téléphonique d'une banque des îles Caïman me proposant, d'une voix féminine à l'accent indéfinissable (et pas très suave), un certain nombre de transactions aussi juteuses que douteuses (non, monsieur Jean d'investira pas son argent dans une compagnie aérienne spécialisée dans le transport de fret entre Medelin et la Floride).

Un peu échaudé par cette première tentative, je me rabats sur l'option plus classique : + 4933xxxxxxxx. Cette fois, aucune proposition lucrative à la limite de la légalité. Simplement une sonnerie qui sonne, sonne et sonne encore et qu'on imagine résonner obstinément dans une appartement (une maison ?) désespéremment vide. En même temps, dans ce genre de situation, on se demande tout de même si les parents occupés à courir derrière leurs adorables bambins en surveillant du coin de l'oeil la cuisson délicate d'un alter-roti crypto-trotskiste (spécialité locale) ne sont pas justement en train de se précipiter vers le téléphone... Du coup, on laisse sonner une fois de plus. Une fois de trop, puisque cette fois-ci, je tombe sur une ravissante Allemande (pour autant qu'on puisse en juger à la voix), qui me raconte un tas de choses qui me font regretter de n'avoir pas été plus assidu en cours de teuton quand j'étais plus jeune. Bref, je n'ai rien compris, j'ai raccroché et je me suis dis que, tant pis, j’essaierai plus tard.

Ce qui est certain, c'est que je vais aller voir mon filleul, ce sera encore plus simple !


* Je suspecte très fortement sa Maman d'éveiller ses talents épistolaires en lui prêtant main forte... ce qui ne gâche ni n'enlève rien !

** On doit au général De Gaulle cette féroce répartie à propos d'un de ses ministres des finances qui proposait le lancement d'un emprunt (à son nom, comme il était de coutume rue de Rivoli) : "d'E., un beau nom d'emprunt !"