Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

24 février 2006

[miscellanée] Faux amis

On confond souvent parfois certains mots ou expressions. Ainsi tout le monde a buté un jour sur eventuellement et eventually. Les faux amis ne sont pas seulement un piège franco-anglais ou anglo-français. On trouve aussi des faux amis franco-français, par exemple : aménager et emménager.

L'appellation faux ami n'est guère attestée dans les grands dictionnaires du français contemporain, à l'exception du Trésor de la langue française et du Nouveau Petit Robert. Ce terme propre à la linguistique appliquée à l'enseignement des langues est particulièrement utilisé dans l'apprentissage de l'anglais aux francophones ou du français aux anglophones.

"Employé pour la première fois par Koessler et Derocquigny (Les faux amis ou les trahisons du vocabulaire anglais, Vuibert 1928), désigne les mots d'étymologie et de forme semblable mais de sens partiellement ou totalement différents. Ex. : angl. actual = fr. réel, fr. actuel = angl. present" (Mounin et al. 1974 : 139).

Contrairement à une idée couramment admise, c'est donc la désignation anglaise false friend qui est un calque du français. Les linguistes anglophones recourent d'ailleurs parfois à l'emprunt pur et simple de la forme faux ami, les plus puristes préférant le terme false cognate.

"False cognate [...] also faux amis, false frienda word which has the same or very similar form in two languages, but which has a different meaning in each. The similarity may cause a second language learner to use the word wrongly. For exemple the French word expérience means 'experiment', and not 'exprerience'. French learners of english might thus write or say : Yesterday we performed an interesting experience in the laboratory." (Platt, Richards et Weber 1985 : 103)

Dans la mesure où l'usage en langue française ne paraît pas encore fixé, on peut choisir, à l'instar de Colignon et Berthier (1985), d'utiliser le syntagme faux amis dans un contexte monolingue. Cette désignation semble, en effet, particulièrement adéquate pour désigner les unités lexicales dont la forme ou le sens sont susceptibles d'introduire la confusion dans l'esprit du locuteur.

En règle générale, les faux amis relèvent de l'homographie*, l'homophonie**, l'homonymie***, la parasynonymie**** ou la paronymie*****. Il peut aussi s'agir d'expressions proches******.


* Des signes sont déclarés homographes lorsque leurs signifiants respectifs présentent une graphie rigoureusement identique, sans pour autant se prononcer de la même manière.

** Des signes sont déclarés homophones lorsque leurs signifiants phoniques respectifs sont identiques, mais ne s'écrivent pas pour autant de la même manière.

*** Des signes sont déclarés homonymes lorsqu'ils sont tout à la fois homographes et homophones et possèdent des étymologies différentes.

**** Parasynonymie ou proximité sémantique : quand bien même ils relèvent d'un même champ sémantique et peuvent, à ce titre, faire l'objet d'un renvoi analogique dans Le Robert, certains mots ne doivent pas être confondus.

***** Les paronymes sont des mots dont les signifiants (phoniques et/ou graphiques) respectifs sont relativement proches alors que leurs signifiés sont distincts.

****** Certaines expressions figées présentent une proximité de forme, voire de sens.

source : Mille faux amis en langue française et une longue liste presque exhautive. [nda : oui, bon, en même temps, les bières belges, c'est plus intéressant que la linguistique, je vous l'accorde...]