Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

12 avril 2006

Méta-billet

Assis dans le métro, les yeux mi-clos, un livre à la main. Je ne lis pas, je pense. Je ne pense à rien. Je me dis : "tiens, une idée de billet : comment naissent les billets ?"*

Et bien, les billets naissent comme ça... des minuscules petits riens du quotidien. Certains naissent au saut du lit, dans les quelques pas qui vont de ma couette à la douche, un matin où la météo m'a foutu le blues, sans raison, qui plus est...

D'autres naissent à la charnière de deux phrases, au détour d'un paragraphe, au hasard d'une page d'un roman bien tourné. "Si, parmi tant de souvenirs qui alourdissent déjà de leur charge mélancolique une vie dont la capacité fut élargie au-delà du normal par le jeu, les circonstances et une ardeur désordonnée, je choisis celui-là..."**

D'autres encore naissent en sortant de la séance de 22h, dans une absence à table, au retour d'un dîner, en lisant d'autres blogs ou le journal, au milieu d'une conversation téléphonique, etc. sous le coup d'une impulsion subite : cette idée, cette image, cet instant je pourrais en parler, il faut que je raconte ça...

Certains sont parfois un peu prématurés tandis que d'autres prennent leur temps, comme s'ils étaient bien, là-haut, dans ma tête. Pas encore prêts. Un peu frileux, comme une rose de mes amies que j'ai rencontrée un jour. Elle avait poussé sur un tout petit astéroïde dont on a vite fait le tour, avec ses trois volcans. Une planéte tellement petite qu'il faut arracher les baobabs quand ils sont tout petits, sinon...

D'autres enfin naissent comme ça, parce qu'il faut. Ils naissent au fil du clavier, pressés de me quitter pour venir faire le beau ou l'intéressant devant vous (ils sont un peu espiègles et parfois, ils manquent de confiance en eux... excusez-les, ce ne sont que de petits billets sans intérêt !).

Ainsi naissent les billets. Et celui-ci ? Et bien, j'étais assis dans le métro, un livre à la main, les yeux mi-clos...



* Dans un langage moins châtié (pourquoi faire mal au langage pour qu'il se tienne bien ? pourquoi faudrait-il toujours souffrir pour être beau ?), ça pourrait aussi donner : "tiens, c'est vachement bloggable ça !"

** Joseph Kessel, Dames de Californie, je ne vous ai pas encore dit que Kessel... non, c'est pas possible. Bon, bah, faudra revenir pour le (les ?) prochain billet Apostrophe, obligé !

[le titre initial, Le théorème de Gödel et le méta-billet, était tellement abstrus que je ne suis même pas certain de le comprendre (je veux dire le titre, le théorème, j'ai renoncé depuis longtemps...) et puis, oui, j'ai pas grand chose à raconter en ce moment, tout va trop vite : changement de travail, déjeuners, dîners, livres... il faudrait que je me pose ; d'ailleurs, que je renonce à lire dans le métro, c'est un symptome qui ne trompe pas ! tout va trop vite, mais tout va si bien...]

[crédit photo : sxc.hu]