Avertissement au lecteur
C'est ici un ploug de bonne foi, lecteur. Il t'avertit dès l'entrée que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs [...].[...] Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon ploug : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain ; mais enfin, le salon t'es ouvert, alors, viens donc quand tu veux.
Monsieur Jean, ce quatre de septembre deux mille six.
Ainsi donc, cher lecteur (et spécialement Lili qui trouvera ici une réponse à son commentaire - le truc drôle avec blogspot, c'est que pour retrouver un commentaire récemment publié, il faut se lever de bon matin ! ou connaître assez bien sa maison - enfin, quand je dis une réponse à son commentaire, non, je vous rassure tout de suite, je ne vous parlerai pas de la marque de mes chaussettes), ainsi donc (oui, cher lecteur, après cette longue parenthèse il convient de te rappeler que c'est à toi que je parle), comme le disait Montaigne bien avant moi (et bien mieux que moi, si bien que je le plagie sans vergogne), tu (je te tutoie parce que Michel s'est permis de le faire avant moi, mais je te rassure, la prochaine fois, je te vouvoie) ne trouveras ici que ce qui fait la matière de mes jours, rassemblé sans projet, au fil des jours, sans objetif ni idée de manoeuvre (comme on disait quand j'étais jeune aspirant dans le plus beau régiment de nos armées...). Ce qui laisse tout le loisir d'une exploration à fins ethnologiques...
Mais... mais de là à me disséquer par commentaires interposés... non, s'il te plait. Un métrosexuel trentenaire, bobo jet-settard, couchant avec Sloterdijk et Virgile... ? Je démens formellement : Peter Sloterdijk, n'est pas du tout mon type. Virgile non plus d'ailleurs. Pour le reste, jusqu'à ce soir, je n'avais jamais touché à un plat préparé surgelé. Voilà, c'est fait. Une barrière de plus qui tombe et me rapproche un peu plus du bobo trentenaire, übersexuel & clubber addict... Heureusement qu'il reste encore un (tout petit) peu de marge.
N'empêche que pour quelqu'un qui, jusqu'à présent, s'était tenu loin de ce genre de cliché, se retrouver le même jour, catalogué dans une catégorie à laquelle il pensait encore échapper (moi, un bobo, vous voulez rire ?) et succomber à une solution de facilité qui lui fait éprouver une culpabilité atroce (si c'est pas complètement bobo, ça ; dîner d'un plat surgelé et en éprouver une culpabilité telle qu'elle risque de faire l'objet d'une séance d'analyse prochaine...).
Alors... alors, cher lecteur, je ne sais pas. Et je m'en fous, comme des mes paires de chaussettes*. C'est ici mon ploug, chronique de la vie d'un héros ordinaire qui galère pour se lever le matin, qui finira accro au champ' et à Glyndebourne, qui trouve que Paul Smith, quand même, parfois, c'est too much, qui ce soir se couchera tôt, une fois n'est pas coutume et qui, en plus, vient de faire un billet sur... rien, la faute à un manque d'inspiration avéré et à un commentaire, qui, pour flatter son ego n'est pas non plus sans soulever quelques questions.
PS : merci, Lili... et désolé d'avoir détourné votre commentaire... que ça ne vous gène pas pour en laisser d'autres - surtout s'ils sont aussi drôles que le dernier.
* Et mes chaussettes, et bien, razziées au fil de soldes dont la fonction première est de me rappeler que parfois, il est utile d'organiser la relève d'un bataillon qui subit de lourdes pertes - dure vie des binomes de fantassins qui poussent la camaraderie jusqu'à décéder par paire, même lorsque l'un des deux était encore vaillant.
[crédit : Michel de Montaigne par Daniel Dumonstier]

6 Comments:
Comme quoi, le rapprochement entre les Essais de Montaigne et un blog n'est pas si abérrant : http://www.lewebpedagogique.com/montaigne/. On édite les Essais de Montaigne en les publiant dans le format temporel et court du blog. Mine de rien, un vrai blogueur avant l'heure, le Michel !
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Anonyme, at 3:32 PM
> Julient : la différence entre lui et moi (mis à part un tas d'autres choses accessoires), c'est qu'il congédie son lecteur sans autre forme de procès - tandis que moi, euh... à bientôt ?
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Monsieur Jean, at 4:01 PM
Cher Monsieur Jean ,
Tsstt..tssst..plutôt en verve qu'en manque d'inspiration, non?
Je vous promets de garder mes étiquettes pour mes (blogs)pots de confiture...alors de grâce , dites nous qui réflechit si bien votre pensée...
(Technique de fidélisation du chaland?:-))
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Anonyme, at 10:07 PM
> Lili : technique de fidélisation ? non mais, je serais presque vexé... la porte est ouverte, ce qui permet d'en faire à sa guise et au gré de ses envies. Envie, si vous revenez, j'ai rien contre non plus, remarquez !
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Monsieur Jean, at 10:53 PM
Rhaa...Monsieur Jean, ce que vous êtes chatouilleux!
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Anonyme, at 11:40 AM
> Lili : Euh, chatouilleux, moi ? vous avez remarqué un truc comme ça... allez, non, juste extrêmement suceptible, vous voulez dire ? :)
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Anonyme, at 12:32 PM
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