Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

11 octobre 2006

J'assume

Le titre auquel j'avais pensé, au début, ça parlait de draps, d'ébats et d'abstinence, surtout. Et je concluais en assènant que "j'assume complètement et je revendique" mais mon éditeur me dit que c'est trop long comme titre et que si je veux qu'on se souvienne de ce billet dans un peu plus d'un siècle, il faut que je trouve un titre court, genre sujet-verbe et que si le sujet c'est "j'" et qu'il y a un "a" et un "u" dans le verbe, avec une consonne redoublée entre les deux, ça a des chances de passer à la postérité, sur un malentendu, on ne sait jamais... mon éditeur me dit aussi que mon titre précédent, par exemple, ben, justement, ce n'est pas vraiment un bon exemple (je le soupçonne même de penser, au fond, que ce n'est vraiment pas un bon exemple, mais comme il est gentil (lui, au moins) il ne l'a pas dit (mais il n'en pense pas moins, enfin, c'est ce que je pense, moi qui le connais bien -* mon éditeur, dîtes, vous auriez pas un peu de mal à suivre, vous ? oui, ben, faut arrêter de danser comme ça toutes les nuits, sinon, forcément, on sait ce qui arrive...)).

Ce ploug de participera pas des grands ébats d'idées qu'on commence à deviner sous les draps comme on devine une statue avant son inauguration (j'aurais aussi pu prendre l'exemple d'une plaque, mais une plaque, sous un drap, c'est trop facile, ça ressemble à une plaque, c'est banal, rectangulaire. Il y a moins de suspens et in fine une plaque, c'est beaucoup plus informatif que figuratif alors que les ébats d'idées dont je parle sont plus figuratifs qu'informatifs et c'est largement pour ça qu'on en parlera pas... remarquez, on ne parlera pas non plus des plaques sous les draps mais pas par ce que c'est plus informatif que figuratif).

Ce ploug donc, uniquement consacré aux aventures ordinaires de monsieur Jean (aux aventures extraordinires aussi, mais ma qualité de héros banal m'interdit d'y prendre part trop souvent), ne parlera pas de ce qui se passe dans la cour de récré entre le petit Nicolas, la grande Ségolène et les autres (le fort en thème qui tourne à gauche, ceux qu'on identifie usuellement par leur trigramme, allez savoir pourquoi, le grand qui a toujours 20/20 en récitation et aussi, enfin, bref, tous les protagonistes qui sortent dans la cour à 20h et dont la présence dans les journaux doit bien représenter un demi hectare de forêt par personne et par jour). On n'analysera pas, on ne ragotera pas. On banira le café du commerce (le commerce tout court aussi, ceci est un ploug à but non lucratif) et l'argumentaire qu'on déballe entre les étals du marché du dimanche matin (il paraît que ça existe, le dimanche matin, avec des marchés et des militants, mais moi, vu que mon dimanche commence souvent vers 15h38 du matin, je n'ai jamais vraiment vu autre chose que les éboueurs qui passent et nettoyent du même jet les tracts et les feuilles de laitue, aussi indigestes les unes que les autres).

On les laissera batifoler à qui mieux mieux. Occuper l'espace médiatique jusqu'à saturation complète du temps de cerveau disponible entre deux pubs pour une boisson pétillante à base de cocaïne (enfin, à l'origine). Chérir, enchérir et surenchérir. Raconter tout (et souvent n'importe quoi - un peu comme moi, en quelque sorte, mais moi, même si je me trouve parfois - souvent ? - assez pathétique, je me trouve quand même un peu plus drôle - enfin... parfois - et, si je vous prends aussi parfois pour des cons, je me prends infiniment moins au sérieux - enfin, j'espère...).

Bref, ici, on n'en parlera pas. Je l'assume (et aussi les parenthèses un peu longues que je ne suis pas certain d'avoir bien fermées).

* Là, il semble que le tiret soit indiqué vu que la triple fermeture de parenthèse est assez inesthétique (la double aussi, mais je ne vous l'épargnerai pas (on est ici sur un ploug exigeant qui réfléchit et sur plusieurs niveaux, oui, mesdames-zé-messieurs (et mesdemoiselles que je n'oublie pas))).

[crédit : Emile Zola & Ernest Vaughan pour L'Aurore (mais enfin, je crois que c'est dans le domaine public)]

9 Comments:

  • J'ai cru un instant que vous alliez nous parler de la tectonique des plaques.Vous savez , il y a déjà presque 100 millions d'années, quand l'Inde a entamé un déplacement vers le nord dans le but avoué d'embrasser l'Eurasie. Quand leurs lèvres se sont rapprochées inexorablement puis soudées et soulevées, formant ainsi le baiser le plus haut, le plus blanc, le plus pointu et le plus froid du globe: l'Himalaya.

    mais non!point de dérive !

    Fidèle à vous même ce ploug ne parlera définitivement que de vous!
    et en plus on aime ça!

    (je trouve quand même que vous nous livrez là un bel exercice de langue de bois..)

    By Anonymous Anonyme, at 7:46 AM  

  • > (népa)Lili(laise) : Et moi qui croyais que le plus magnifique monument inspiré d'un baiser, c'était le Taj Mahal. Mais raconté par vous avec le ton un peu docte d'Aroun Tazieff ou celle de Jamy, tout de suite, on se rend compte que... Mais au fait, pourquoi lorsque je parle de tribune choc et de cour de récré, vous y lisez de très longues histoires d'amour intercontinentales, faudra m'expliquer...

    Et prétendre que j'ai une langue de bois, c'est, comment dire... A ma connaissance, on ne s'est jamais embrassé, je ne vous permets pas, dîtes.

    By Blogger Monsieur Jean, at 8:52 AM  

  • c'est le mot "plaque "qui a induit l'histoire..de la dérive des continents...on ne sait jamais où,nos mots, emmènent le lecteur....(enfin surtout la lectrice qui fume du népalais)

    Et puis sachez que j'embrasse pas, moi , monsieur!

    By Anonymous Anonyme, at 9:01 AM  

  • > Lili : vous n'embrassez pas ? moi non plus, juste que parfois, je parle doucement et qu'il m'arrive de prendre des lèvres entr'ouvertes pour le creux d'une oreille. Mais ce n'est vraiment pas le sujet.

    By Blogger Monsieur Jean, at 9:08 AM  

  • Alors là,monsieur Jean, vu l'augmentation soudaine de la température dans ce boudoir, va falloir.... assumer!
    Vous disiez?

    By Anonymous Anonyme, at 10:33 AM  

  • Ouh là... ça en deviendrait presque voluptueux ici... Je pensais que ce n'était pas le style de la maison... Comme quoi les apparences peuvent parfois être trompeuse...

    By Anonymous Anonyme, at 12:48 PM  

  • Assumer ? Mais j'assume. Je connais mes classique et je les plagie sans vergogne. Après tout,

    Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?
    Un serment fait d'un peu plus près, une promesse
    Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
    Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;
    C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,
    Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,
    Une communication ayant un goût de fleur,
    Une façon d'un peu se respirer le coeur,
    Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !


    Et pardon de répondre si tard, la température a du redescendre de quelques degrés en cette heure avancée et en ces monts eneigés où vous nous aviez emmenés. C'est qu'à cette heure, si l'on n'est pas pelotonné sous une couette, il vaut mieux, à tout le moins être devant un bon feu de cheminée que perdu dans le vent des sommets. Remarquez, sous une couette ou au coin d'un feu, elle peut remonter, la température.

    By Blogger Monsieur Jean, at 10:48 PM  

  • > tout le monde : Oui, bon, je suis désolé, longue journée sur le mode enculage de mouche, pardon, coupage de cheveux en quatre. Du coup, je suis un peu à côté de la plaque et je vais filer sous mes draps, rien de mieux à faire.

    By Blogger Monsieur Jean, at 10:58 PM  

  • Sous les draps, les débats c'est moins amusant que les ébats ...

    By Anonymous Anonyme, at 10:44 AM  

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