Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

03 avril 2006

Le dilemme du lundi

Le lundi, ce n'est pas seulement "le jour qui suit le dimanche et précède le mardi", où l'on enregistre le pic hebdomadaire de consommation de ravioli et au cours duquel les salamalecs traditionnels* "ça va ?" "ça va..." s'enrichissent d'un "... comme un lundi."

Le lundi, c'est aussi le jour du dilemme : ce matin, comme tous les (lundis) matins du monde, des milliers de mails voyagent sur la toile pour résoudre un problème dont la substance est simple : comment organiser les soirées de la semaine, décaler ce qui avait été prévu depuis des lustres le mercredi soir sans le remettre aux calendes grecques, tout ça parce que mercredi, finalement, c'est absolument impossible et que, somme toute, jeudi c'est mieux... (je dis jeudi mais ça pourrait tout aussi bien être mardi ou mercredi, mais si je dis jeudi, c'est plus drôle, c'est Jacques qui l'a dit... comprenne qui pourra).

Les arguments les plus débiles et les moins pertinents sont recevables :

mode "parfois, faut pas chercher à comprendre, c'est juste de la mauvaise foi" : Tu peux pas dire jeudi ? jeudi, c'est bien non ? c'est juste avant le vendredi et le vendredi, c'est un jour vachement bien parce qu'ensuite, c'est le week-end et que le week-end, bon, ben... merde flûte**, jeudi, PLEASE !!!

mode "je travaille dans un cabinet de conseil en stratégie, en organisation, en innovation, en propriété intellectuelle et en pipotages divers et variés" : Jeudi. Oui, jeudi, parce que la norme ISO 8601 désigne le jeudi comme le milieu de la semaine.

mode "ma vie mondaine (on en a déjà parlé, c'était aussi un mercredi, d'ailleurs)" : Mercredi matin, le roi, la reine et le petit prince [viendront] chez moi pour me serrer la pince, mais comme j[e serai] encore à Stuttgart, le petit prince [dira], puisque c'est ainsi, nous reviendrons jeudi...

En revanche, la contre-offensive classique "Non, impossible jeudi : j'ai piscine" développée par André Suchardon (in Guérir sans effort) n'est pas valable, il y a longtemps que le réveil jeudi à xx:xx (trop tôt) pour aller à la piscine ne fait plus qu'interrompre brièvement l'état de somnolence matinale profond de votre serviteur...

Bref, à l'heure qu'il est, le dilemme du lundi n'est pas encore résolu... mais de toutes manières, mercredi, je ne pourrai pas !


[NdA : billet librement inspiré d'une situation réelle, toute similitude avec des personnes ou des mails existant ou ayant existé n'est pas fortuite... et du coup, je me mets à jour sur l'accord du participe présent ! et pour ceux qui n'auraient pas tout suivi des allusions plus ou moins fines, je vous renvoie à une semaine de co-blogging avec Voutch début janvier - oui, enfin, co-blogging, je m'entends, c'est pour pas dire plagiat !]

[edit spécial de 3:50 pm (mode auto-critique chinoise on) : devant la contestation grandissante (rien à voir avec le CPE) et avant qu'il ne soit trop tard, je présente mes excuses à tous les protagonistes de cette sombre histoire de guerilla sud-américaine de mercredi prochain. Je ne voulais léser personne, je ne voulais insulter personne, je reconnais que l'expression "dilemme du lundi" n'est pas de moi, j'aime bien les gens qui travaillent dans les cabinets de plein de choses et qui jouent du pipeau toute la journée, ça nous fait déjà un truc en commun, vu que moi aussi, je suis musicien... euh, ça suffit ou il faut encore que je me fasse hara-kiri
seppuku ? - j'étale ma culture nippone avant de mourir...]

[edit de 5:30 pm : ma boite mail commence à chauffer... je me fais lyncher ! Et pendant ce temps là, il n'y a plus de rideaux à ma fenêtre et Alice dort dans mon lit, Charlotte avoue qu'elle se lève avec France, certain se demande ce que je fais pendant qu'il sera en vacances
train de travailler comme un fou à Alicante, Mlle B semble très inspirée par le printemps mais reste d'une humeur encore un tantinet hivernale, Tonfa dort - ben oui, sept heures de décalage - d'autres sont toujours dans le Sud, mon dossier est complètement retoqué, la plupart de mes lecteurs ne doivent plus rien y comprendre et mon blog devient un skyblog... l'angoisse en quelque sorte.

Ca ne va plus du tout... Il est temps de recentrer ce billet : je voulais juste parler du dilemme du lundi, petit artefact de la vie parisienne qui survient le lundi matin et qui fait suite à cet instant du dimanche soir dont j'ai déjà parlé il y a très longtemps (juillet, ce blog était encore un tout petit bébé blog à l'époque). Bref, on arrête les digressions, les mails qui volent avec des noms d'oiseaux (qui volent aussi, les noms dans les mails et les oiseaux de leurs propres ailes) et on travaille, non, parce que hein... et dire que je pensais être sevré ; pire qu'une drogue ce truc !]

* je ne vous ai jamais raconté qu'étymologiquement, la salutation "ça va ?" ne s'applique pas à une humeur mais tend à qualifier le transit intestinal de votre interlocuteur ? Non, je ne crois pas... mais comme je pars déjeuner, je ne vais pas vous raconter.

** c'est parce qu'on m'a signalé que mon langage se relâchait ces derniers temps...

1 Comments:

  • Tu m'as volé mon commentaire. :(

    Je voulais juste savoir si tout le monde a l'habitude de manger des pruneaux le dimanche (ou toute nourriture ayant l'effet inverse). En tous cas, personnellement, je ne peux pas répondre invariablement "ça va comme un lundi !".

    By Blogger Mlle B., at 1:18 PM  

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