Passer...
...comme on passe à côté de mille petites choses qui pourraient illuminer une journée, si l'on s'en donnait la peine.
Ah, les mille petites choses qui pourraient illuminer une journée ! Mille, ça serait un peu trop pour un seul post, juste quelques étincelles de ces derniers jours (non, ce blog n'est pas, malgré les apparences, un inventaire à la Prévert) :
- arpenter le Louvre avec ma petite soeur (enfin, plus si petite que ça tout de même) et aussi, admirer les noces de Cana de Véronèse plutôt que la Joconde, s'arrêter pour contempler la main de la victoire de Samothrace, redécouvrir la sculpture romane bourguignonne, admirer le délicat travail de l'ivoire au XIIème et la finesse d'un minuscule groupe de statuettes égyptiennes, voir la dentellière de Vermeer au calme, écouter mademoiselle s'éprendre des nuages de l'école flamande, trouver "trop cool" les causeuses à trois du grand salon Napoléon III...
- n'en plus finir d'aller de bistrot en restaurant depuis 3 jours (je tiens une liste à disposition, la sélection de Monsieur Jean s'est étoffée d'une nouvelle adresse) , et surtout profiter de ses commensaux... ;
- rencontrer par hasard quelques amis ;
- profiter des pentes de Montmartre par un soir d'été (non, pas les ruelles à touristes..., les autres) ;
- refaire sa cave (ce petit château la Louze est un vrai succès !) ;
- faire une petite expo d'archi au milieu d'une longue conversation (l'inverse marche moins bien) ;
- profiter du canal Saint Martin par un après-midi dominical, prendre le soleil, les pieds dans l'eau ;
- n'avoir pas penser à cette audition demain matin jusqu'à présent (du coup, y penser et se mettre à y réfléchir un peu, tout de même) ;
- découvrir un commentaire anonyme et sympathique (je vais m'offrir un dictionnaire des synonymes, promis !), tiens un nouveau lecteur de cette chronique inutile et superflue... !?
- avoir mille autres choses à raconter mais les garder pour soi...
Voilà, cher lecteur, à quoi j'occupe mon temps... Bonne nuit.
Plein de choses
Après quelques jours d'absence bien remplis, au chapitre des bonnes nouvelles :
- j'ai passé un très bon moment mardi soir (genre un sympathique dîner très réussi, arrosé au château La Louze, formidable petit côtes de bourg au nom si décalé, à remettre asap) ;
- j'ai vu (hier) du Feydeau dans une très bonne mise en scène (je recommande...) ;
- du coup, j'ai encore passé un très bon moment (prolongé par un after, l'occasion de constater que le monde est tout petit) ;
- l'IRA ordonne la fin de la lutte armée ;
- j'ai très envi de travailler (non, sans blague) ;
- je viens de finir Génération 69 de L. Guimier et N. Charbonneau, bien vu, bien senti et pas trop mal écrit (\mode: teaser je pense que je reviendrais sur le sujet, à suivre \mode);
- je viens de voir un petit morceau de poésie (un petit Prince contemporain), j'ai cité l'avion de C. Kahn ;
- Paris est tellement belle et ce soir il fait beau (c'était pas gagné au départ !) ;
- demain, je grass'mate, je moule et je vois ma soeur préférée (oui, c'est vrai, c'est la seule, du coup...) ;
et comme il faut toujours que quelque chose cloche quelque part, au chapitre des moins bonnes nouvelles :
- les réveils sont durs, mais durs...
Bon, assez de bavardages inutiles. En attendant des vrais posts intéressants, constructifs, etc., je vous salue bien bas...
Enfin quelque chose d'intéressant !
Ah, enfin un post intéressant. Aujourd'hui, j'ai découvert un nouveau mot : vagal.
Mon Petit Robert précise :
VAGAL, ALE, AUX [vagal, o] adj. - 1926; de 3. vague ¤ ANAT. Relatif au nerf vague.
Précis et vague à la fois (le nerf, je veux dire). Bref, le résultat, c'est de se retrouver assis par terre dans un couloir en tentant d'expliquer que, non, tout va bien, enfin, tout ira bien dans 5 minutes. Voilà, un bon vieux post des familles, intéressant et factuel à souhait. En attendant mieux.
Found in my favourite journal
[T]heir instinct is to look at what people do, not what they say; to trust number not anecdoctes; and to look for clues in the inflexions of mass behaviour, not the nasty reflexion of the mass media.
Bon, ce sera tout pour ce soir (mon service minimum). Et je m'en vais dormir d'un sommeil du juste avec le sentiment du devoir accompli.
Mandela et l'alter-roti crypto-trotskiste
Chose promise, chose due... après avoir attrapé le dernier RER qui a eu la bonté de me ramener jusqu'à chez moi à l'issue d'un dîner détendu et décalé, un brin surréaliste et absurde (c'est presque une marque de fabrique) chez les parents de mon filleul, bref à peine rentré et encore dans l'ambiance, voici les quelques lignes promises sur l'alter-roti crypto-trotskiste, le terrorisme bactériologique et l'apartheid. Aussi étrange que ça puisse paraître, c'était le menu de ce soir : un roti farci à la saucisse et autres ingrédients visiblement récupérés par le boucher-charcutier dans son stock d'invendus (façon éphémère scultpture incarnant le savoir-manger français résistant face à l'impérialisme alimentaire américian ou installation à base d'objets au rebut recyclés dans le but de dénoncer la sur-consommation de masse, si vous ne voyez pas, rendez-vous au prochain FIAC), des fromages manifestement récupérés lors d'une perquisition au domicile de présumés terroristes planifiant un terrible attentat bactériologique et un délicieux gâteau au chocolat et à la noix de coco qui avait la particularité de présenter deux phases très disctinctes : la noix de coco sur le dessus et un bloc compact de chocolat en dessous (selon la cuisinière, toute ressemblance avec la société sud-africaine des années 60-80 serait fortuite).
Au-delà de ces aventures culinaires (il est vrai que j'ai, en mon temps, contribué à faire explorer à mes hôtes certains rivages inconnus et surprenants de la gastronomie), je crois que nous avons passé un bon dîner : un zest de propos sérieux (genre : médias et démocratie en France), un brin de mondanités (ah, les souvenirs de mariage), une petite dose de projets (l'été 2006 arrivera si vite) le tout dans une ambiance musicale tendance et choisie (j'assume le dernier cadeau que j'ai offert à mon filleul : le concert de xylophone à quatre mains était certainement le must du dîner, même si les jeux d'éveil de la fratrie ont aussi contribué à la programmation totalement lounge de la soirée). Non vraiment, une très bonne soirée... c'est promis, je viendrai à Berlin !
Sinon, une petite perle glanée aujourd'hui au milieu d'un documentaire très intéressant sur l'école hotelière (enfin, c'était un peu plus vaste et beaucoup plus intéressant que ce que vous imaginez, là, comme ça) : "Quand j'ai mis mes enfants au monde, je me suis dit : "il me sont prêtés pour 20 ans."" (une mère qui voit son fils partir pour quelques mois au loin). C'est beau, cette sagesse et cette force sereine.
PS : je ne vous ai pas parlé de mon filleul, mais les mots me manquent... ce n'est pas son cas, en plus d'être un fameux écrivain (voir ici) c'est aussi un très bon orateur !
PPS : à l'adresse de ses parents, non, c'est vrai, j'ai passé une très bonne soirée ! Merci.
Juste une belle histoire...
Dans le Monde d'aujourd'hui (ou d'hier, je ne sais toujours pas, celà dit, oui, c'est vrai, j'abuse un peu aujourd'hui...), une histoire aussi simple que belle : celle du plus vieux couple du monde
Les époux Debry, plus vieux couple du monde, peut-être par Benoît Hopquin, Le Monde
Les respectables Herbert et Magda Brown, résidents de Philadelphie, revendiquant 205 ans à eux deux, ont été déclarés, le 9 juin, "le plus vieux couple marié au monde" par le Livre Guinness des records. Cette reconnaissance était censée trancher le différend transatlantique qui les opposait aux estimables Percy et Florence Arrowsmith, citoyens britanniques, détenteurs précédents du titre et qui se sont révélés plus jeunes de quelques mois.
Pourtant, les Arrowsmith, mariés le 1er juin 1925, totalisaient 80 années de mariage, quand les Brown ne pouvaient se targuer que de 74 années de vie commune. La reine Elizabeth avait envoyé un message de félicitations à ses sujets. La polémique anglo-saxonne s'est éteinte le 15 juin, en même temps que Percy.
A Argenton-sur-Creuse (Indre), André et Marguerite Debry ont suivi cette querelle avec le détachement qui sied aux patriarches. Agés respectivement de 107 et 100 ans, ils ont convolé le 12 août 1924, à Rosières-en-Santerre (Somme). Nés le 15 juin 1898 et le 10 octobre 1904, les époux accumulent près de 208 ans à eux deux. Le couple s'apprête à fêter ses 81 ans de mariage et à sortir ainsi de la grille nominative des anniversaires, qui s'arrête aux noces de chêne (80 ans). De quoi prétendre au titre toutes catégories.
[...] "Pour vivre heureux, vivons cachés", assure André. Qui peut assurer d'ailleurs qu'il n'existe pas au fin fond de l'Afrique ou de l'Asie des tourtereaux plus anciens qui vivent des amours secrètes [...] ? Qu'importent [...] les records et les podiums. A cet âge, l'important, c'est de participer. Et d'avoir franchi le cap des sept ans, statistiquement fatidique pour nombre de couples modernes.
André Debry et Marguerite Pingaud se sont rencontrés juste après la guerre, la Grande, s'entend. Le père Pingaud reconstruisait la maison des Debry, détruite par les combats. Sa fille l'a un jour accompagné. La suite serait un peu longue à narrer. [...]En attendant un petit post pour analyser d'autres statistiques plus pessimistes.
Un héros, un vrai
Dans le Monde d'aujourd'hui (ou de demain, c'est le problème avec le journal du soir, on ne sait jamais très bien quel jour il est sensé paraître... bref, un jour, je ferai un post sur l'institution parisienne), un article sur Henri Guillaumet (une invitation à contribuer !?).
Bref, l'histoire est simple et se résume dans la bouche de Guillaumet par un impressionant et laconique "ce que j'ai fait, je [...] jure, aucune bête ne l'aurait fait." Quant au fond, sa femme a dit de lui "toute sa vie, il a cru aux hommes." Simple, laconique, impressionant. Un héros, un vrai en quelque sorte.
Je me demande parfois si les Mermoz, Saint-Ex, Guillaumet et tous les héros anonymes de l'aéropostale, pilotes, mécanos, radios, chefs de postes... ne sont pas aujourd'hui tombés dans l'oubli ou au moins dans une forme d'incompréhension. Dans un monde où l'on ignore le prix d'une lettre qui vous arrive de l'autre côté de la Terre (la magie du mail désenchante le monde, parfois), dans un monde où l'on peine à imaginer qu'il y a à moins d'un siecle, on pouvait encore rêver aux terra incognita devant le blanc des atlas, dans un monde où les billets d'avions se vendent sur internet, dans un monde où il est surréaliste voire absurde de remplir une mission au prix de sa vie, je me demande parfois ce qu'aurait fait un Guillaumet. Et j'ose croire qu'il est encore possible de faire de ça :
une oeuvre d'art. Life, just life, disions nous. Bon vol de nuit.
La septième merveille du monde
Aujourd'hui, j'ai découvert (ou approfondi la découverte) des talents d'écriture de mon filleul. S'il existe un prix Goncourt de la prime enfance, je connais à coup sûr son prochain lauréat. Il y a une quinzaine de jours, j'avais déjà reçu une très gentille petite carte du Jura. Mais aujourd'hui... un roman, ou au moins une nouvelle. Et une collection de petites perles de la vie quotidienne vue du haut de ses 18 mois : je n'avais pas ri d'aussi bon coeur en lisant une lettre. Mon cher filleul, bravo et merci. J'espère que tu persévèreras dans tes talents épistolaires (et que tu continueras à en faire profiter ton parrain ! et embrasse ta maman qui fait un excellent nègre... et ton papa aussi).
Voilà pour aujourd'hui. J'aurais aussi pu parler d'un déjeuner très amical (tlè dul les bagettes) et d'un dîner très sympathique (vaincu par k.o. par un copieux couscous). J'aurais pu aussi parler (mais là cher lecteur, j'ai pitié de toi) de la bidouille genre gen rev20=0, replace rev20=monsal*12-insal58*(m58*12/per58), etc. Bon, bref, une semaine de plus finie en beauté et l'horizon vierge d'un week-end qui s'ouvre devant moi... pas de programme précis, pas de contrainte particulière, quelques projets (aller embrasser mon filleul, faire une toile, un petit tour de roller dans Paris, improviser un dîner, etc.), life, just life.
John de chez Smith d'en face
Aujourd'hui, une bonne journée à bidouiller dans mes fichiers pour explorer les comportements d'épargne des ménages des pays de l'OCDE. Pas grand'chose à raconter, mis à part cette ambiance indescriptible de la Défense, quartiers d'été. J'imagine que mes voisins de la tour d'en face se font le même genre de réflexion. Quel endroit étrange tout de même...
Puisque ce blog est aussi une "inutile chronique quotidienne", je vous livre (oui, à toi, lecteur anonyme dont j'ignore jusqu'à l'existence) cette petite réflexion : lorsque je suis arrivé en mars, il y avait une tour en cours de construction devant ma fenêtre ; je ne l'ai pas vu pousser (enfin, si, mais vite) et la voilà déjà en train de s'habiller de sa robe de verre. Je ne sais pas si mes voisins de la tour d'en face (oui, vous savez, John-de-chez-Smith-d'en-face qui vaque à ses mystérieuses occupations), l'ont vue pousser eux aussi et sont aussi émus mais, moi, je l'avoue, ça me fait quelque chose. Vous allez me prendre pour un fou, mais, comme les camions sur l'autoroute, comme lorsque je vais chez le coiffeur (d'ailleurs, en parlant de coiffeur...), cette tour, c'est un peu une expérience existentielle : voir la croissance en directe. Je reste fasciné... oui, je sais, mais comprenez-moi, je suis un dismal scientist... !
Bon, voilà, c'était la digression inutile de ce soir, faute d'avoir été saluer Marie et Raf (Marie, Raf, si vous me lisez : pardon... mes excuses oscillent entre flemme et fatigue). J'aurais aussi pu raconter l'immense motivation de Lo qui avait du mal à ne pas répondre à mes mails, ou bien les subtilités subtiles de mes fichiers et les coups de stress (genre "putain, ça y est, ma machine est plantée... c'était quand la dernière sauvegarde ?"), mais, cher lecteur anonyme, je sais que tu m'es gré de t'épargner ce genre de détails ! Bonsoir, donc...
Un petit pour la route
On the way home...
De retour de cet endroit magnifique peuplé de tours et d'encravatés qui m'accueille de temps à autre, une petite pause : Mindhunter de R. Harlin (oui, je sais, personne connais... juste l'habitude de rendre à César). Petit thriller qui fonctionne bien, dans son genre, twists et retournements.
- When is a situation secured, agent ?
- On the way home.
PS : dommage que ce blog soit trop jeune, j'aurais bien parlé des Poupées russes...
PPS : un jour peut-être, de vrais posts, bien réfléchis, enlevés, deep & mind provocative.
Les nuits les plus blanches...
Pour meubler ces soirées d'été à Paris, en dehors des Garden Parties de Boulogne et du quai St Bernard, des piques-niques au Vert-Galant ou au Champ de Mars, des dîners au pont des Arts et autres Paris summer time events...
Pour détendre le neurone qui s'énerve sur Carroll (1997, 2004, 2005), Cocco & co., Li, Yao, Zhang, etc. et pour motiver le chirurgien du saving rate
Bref, en guise de millésime, Paris, été 2005
A lire
Monsieur Jean - Un certain équilibre, Dupuis & Berberian (et en attendant le retour du chat du rabbin)
The Elusive Quest for Growth, W. Easterly
Le goût de l'avenir, J.-C. Guillebaud
et du Aron, du Ricoeur (en attendant de découvrir Fessard)
quelques nouvelles de Zweig...
bon, et oui, j'avoue,
Harry Potter and the Half-Blood Prince, J. K. Rowling
A voir ou à revoir
Bloody Sunday, P. Greengrass
Eternal Sunshine of the Spotless Mind, M. Gondry
La vie est un long fleuve tranquille, E. Chatiliez
Les poupées russes, C. Klapisch
Singin' in the Rain, S. Donen & G. Kelly
Et à écouter
Dee Dee Bridgewater, Hotel Coste, Moby, Nova Tunes, Pascal of Bollywood, Röyksopp, la BO des poupées russes...
[à suivre]
Fidèle au programme : vivons heureux, sans en avoir l'air !
Vivons heureux sans en avoir l'air
Paris, un soir de juillet.
En guise d'introduction et afin d'étrenner cet inutile récit...
Je me demande s'il existe vraiment un instant précis à partir duquel tout change ? Où jamais rien n'est plus comme avant ? Je ne sais pas...