Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

29 juin 2006

Menue monnaie du matin

et autres petits rites quotidiens.

Every morning...

Tous les matins, il passe sa tête dans l'embrasure de la porte et n'a plus besoin de demander si... petit rite du matin qui nous voit alternativement écouler nos pièces de 10 centimes ou les récupérer le lendemain.

10h45. 47, à la rigueur. Petit mail, sujet chaque jour plus abscon, même plus de corps de texte. Pas vraiment besoin, d'ailleurs, elle veut juste savoir qui déjeune ici. On répond, laconiques (ou pas, les jours de pétage de plomb). Reste plus qu'à négocier l'horaire du départ...

Jeudi soir, fin d'après midi. Echange de mails pour caler la "réunion" du vendredi matin : qui se charge des croissants et pains au chocolat ? Il y a des échéances importantes dans la semaine...

Vendredi fin d'après-midi. Début de soirée, parfois. Enfin, un jeudi, ça aurait été une fin d'après-midi mais un vendredi, ça commence à devenir un début de soirée. Note de briefing hebdomadaire. Jamais compris j'étais sensé la lire vendredi soir ou lundi matin. Résultat, j'archive, sans lire, sans même le projet de lire... et off. Signal du début de week-end (avec une petite pensée pour les malheureux qui se sont cassés pour nous la pondre avec le minimum de retard, cette note de briefing).

[Je pourrais encore allonger la liste des milles tous petits détails qui marquent les jours, les semaines, auxquels on s'habitue, qui se répètent dans une certaine indifférence alors que filent les jours, les semaines... que voulez vous, on vieillit...]

27 juin 2006

Vieillir

Certains ont hâte de voir leurs enfants grandir. D'autres - plus jeunes - se rêvent étudiants. Et puis. Et puis, il y a tous ceux que ça angoisse de vieillir. Jour après jour. Année après année. Cheveu blanc après cheveu blanc.

Moi, j'avais plutôt de la chance, oscillant doucement, sans vraiment y penser et en tout cas sans angoisse, vers... Vers quoi, au juste ? Juste vers ma vie, enfin, je crois.

Alors, parfois, j'ai droit à un rappel : comme tout le monde, je vieillis. Oncle pour la deuxième fois. Parrain de la troisième fille ou du deuxième garçon de couples d'amis. Grand frère d'une petite soeur que je n'ai pas vraiment vu grandir. Qui n'est plus si petite et qui, à présent, ne déparerait dans un dîner avec mes amis. Et là, un autre frère qui boucle son DEA, comme à son habitude, sans forcer mais sans faillir, glanant, l'air de ne pas y toucher (une sorte d'habitude chez lui), sa mention "Très bien" (j'ai toujours préféré le Summa cum laude des universités étrangères) et glissant doucement vers sa thèse, vers sa vie.

Parfois, j'ai droit à un rappel. Même lorsque je n'y pense pas, je vieillis, inexorablement, poussé par ceux que j'ai toujours appelés "les petits" et qui n'attendront pas que je change mes catégories pour marcher sur des sentiers que je n'ai pas battus pour eux.

Etre l'aîné, c'est vieillir, toujours... parfois trop vite.


[crédit : Rembrandt / Portrait d'un vieux juif, vers 1660 (musée de l'Ermitage, St Petersbourg)]

Debout dans les cahots du métro

Il m'inspira - dès le premier regard, dès la première poignée de main - un profond sentiment de confiance, de sécurité, d'amitié. Il appartenanit à cette forte race d'hommes - soldats de fortune, explorateurs par vocation, blédards de nature, chasseurs professionnels, sous des climats difficile et dangereux, de gros gibiers, d'mages ou de nouvelles, gens pour qui l'aventure est le pain quotidien, le courage une habitude, la modestie une loi, qui cherchent le risque et même le provoquent, le créent, sans le savoir et qui sont riches seulement d'histoires vécues et superbes qu'ils n'écriront jamais parce qu'elles leur semblent toutes simples.

Et moi qui lis ça, debout dans les cahots du métro, je le vois avec ses yeux ridés et la peau tannée, les traits burinés par la vie. Et moi, je lis ça, debout dans les cahots du métro, en route vers un quotidien tellement moins aventureux qui ne m'aiguisera pas le regard comme seul le fait le danger et la mort qu'on voit venir puis s'éloigner, cette fois au moins. Je ne sais pas pourquoi je lis Kessel...

[Joseph Kessel, La vallée des rubis, (Gallimard, collection Folio, p. 49)]

26 juin 2006

Allez, j'en parle...

D'abord parce que, finalement, je déteste pas le foot (même si le battage, ça me saoule grave, alors quand certains font une overdose du Quai Branly, c'est vous dire si le WM 2006 me ... m'ennuie profondemment (ma maman est de retour en France, du coup... euh, tiens, bonjour maman  et bonne fête, je crois... c'était il n'y a pas longtemps, non ? et bonne fête papa, par la même occasion - allez, zou, voila, c'est fait... plus qu'à attendre l'année prochaine pour oublier, comme d'habitude). Bref, je disais que je ne déteste pas le foot, que je garde un excellent souvenir de la dernière coupe du monde du XXème siècle (nan, sans blague, pour décompresser entre deux planches, rien de tel qu'un bon match de coupe du monde...) et aussi que je viens d'échapper à un cadeau* qui m'aurait un peu fait ch... (et merde, pardon, mince... maman, j'ai rien dit, t'auras mal entendu, si, si...), un maillot de l'équipe de France (mais qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire d'un maillot de l'équipe de France, hein, je vous le demande...). Bref, à la veille d'un rendez-vous capital (non, je ne parle pas de mon rendez-vous chez le dermato demain), je me dois de donner des gages (un peu comme Jacques, en quelque sorte).

En même temps, comme certain réclame de l'économie sur ce blog (mais j'y connais rien moi à tous ces trucs-là, faut pas croire...). Alors, j'en profite pour me faire deux oiseaux avec une pierre [traduction approximative... histoire de vous entraîner un peu pour ce qui va suivre] : je parle de foot et d'économie. Enfin, je dis que je parle de foot, mais bon, je laisse The Undercover Economist vous expliquer pourquoi, pour s'en tirer dans les phases finales de la coupe, il n'est pas inutile d'avoir fait un peu d'économie... si, si.

World Cup Game Theory, What Economics Tells Us About Penalty Kicks, by Tim Hartford, Slate

Now the World Cup starts in earnest. The mini-leagues of the group stage are over, and the first knockout match takes place today between Germany and Sweden. Soccer being a famously low-scoring game, such matches often finish in a draw and must be decided by penalty shootouts—a competitive form at which my own team, England, has a particularly harrowing record. Perhaps England's players should study a little more economics.

In soccer, penalty kicks pit the goalkeeper against a lone striker in a mentally demanding contest. Once the penalty-taker strikes the ball, it takes 0.3 seconds to hit the back of the net—unless the goalkeeper can somehow get his body in the way. That is simply not enough time for the keeper to pick out the trajectory of the ball and intercept it. He must guess where the striker will shoot and move just as the ball is being struck. A keeper who does not guess correctly has no chance.

Both striker and keeper must make subtle decisions. Let's say a right-footed striker always shoots to the right. The keeper will always anticipate the shot and the striker would be better off occasionally shooting to the left—because even with a weaker shot it is best to shoot where the goalie isn't. In contrast, if the striker chooses a side by tossing a coin, the keeper will always dive to the striker's left: Since he can't guess where the ball will go, best to go where the shot will be weak if it does come. But then the striker should start favoring his stronger side again.

So, what to do? The answer comes from a wartime collaboration between economist Oskar Morgenstern and mathematician John von Neumann. They produced a "theory of games," which mathematically analyzed situations of strategic interaction—that is, any situation where participants have to take into account the other side's responses. A free throw in basketball is not a strategic interaction, but a soccer penalty is. A "game" is a mathematical description of how all the possible payoffs to the different players vary with their different strategies—so if the goalkeeper jumps to his left while the striker shoots to the keeper's right, the striker will get a high payoff and the goalkeeper will get a low one.

Von Neumann and Morgenstern did not, in fact, analyze penalties, although von Neumann did produce a simple analysis of poker that still influences that game today. But rather than aiming to help footballers or gamblers, von Neumann and Morgenstern believed that game theory could illuminate anything from pay negotiations to waging war. The strategic question could be translated into game theory's mathematical language, solved like any old mathematical problem, and then translated back into the real world to explain what to do.

The trouble is that for these real applications, the wrinkles of reality always obscure whether ordinary people actually follow the strategies that game theory predicts they should. Yet penalty taking is different. The objective is simple, the variables easy to observe, and the results immediate.

Game theory, applied to the problem of penalties, says that if the striker and the keeper are behaving optimally, neither will have a predictable strategy. The striker might favor his stronger side, of course, but that does not mean that there will be a pattern to the bias.

The striker might shoot to the right two times out of three, but we cannot then conclude that it will have to be to the left next time.

Game theory also says that each choice of shot should be equally likely to succeed, weighing up the advantage of shooting to the stronger side against the disadvantage of being too predictable. If shots to the right score three-quarters of the time and shots to the left score half the time, you should be shooting to the right more often. But as you do, the goalkeeper will respond: Shots to the right will become less successful and those to the left more successful. It might sound strange that at this point any choice will do, but it is analogous to saying that if you are at the summit of the mountain, no direction is up.

Ignacio Palacios-Huerta, an economist at Brown University, found that individual strikers and keepers were, in fact, master strategists. Out of 42 top players whom Palacios-Huerta studied, only three departed from game theory's recommendations—in retrospect, they succeeded more often on one side than the other and would have been better altering the balance between their strategies. Professionals such as the French superstar Zinédine Zidane and Italy's goalkeeper Gianluigi Buffon are apparently superb economists: Their strategies are absolutely unpredictable, and, as the theory demands, they are equally successful no matter what they do, indicating that they have found the perfect balance among the different options. These geniuses do not just think with their feet.


Et qui a dit que Monsieur Jean n'était pas à l'écoute de son lectorat... non, franchement [en plus, voilà un petit billet facile et vite pondu, et zou... bon, qui plus est, l'occasion de travailler mon côté tétard, ça se rate pas, hein, dîtes ?].

* Euh, oui, parce qu'aujourd'hui on m'a fait plein de beaux cadeaux sans raison (enfin, si il y avait bien une raison... les gens de mon ancienne direction, tellement contents de m'avoir vu partir que...), si c'est pas la classe... du coup, j'aime bien le 26 juin, aussi, comme le 22 et le 24.

L'angoisse du lundi

Je vous avais déjà expliqué le dilemme du lundi, ce moment où la toile bruisse de milliers de mails dont la seule raison d'être est de résoudre un problème simple mais délicat : organiser les soirées de la semaine, décaler, réserver, excuser, choisir, et idem pour les déjeuners (et si vous êtes un lève-tôt hyper over booké, ce qui n'est pas mon cas*, vous pouvez ajouter une dimension au problème en optimisant aussi sur les petits déjeuners).

Et bien, aujourd'hui, pas de dilemme mais une angoisse. Là, sous ma douche, je me rends compte que, contrairement à ce que j'imaginais naïvement, tous mes soirs de la semaine sont bookés. L'angoisse, je vous dis. Pas la place pour la moindre petite bribe d'improvisation, pas de coup de tête pour un ciné, pas de pot entre potes, pas de soirée tranquille en terrasse (pour boucler un dossier, si,si...). Die Angst... du coup, je me suis brûlé. L'angoisse du lundi et le torse un peu rouge. Ca va ? Mmmmm... comme un lundi, quoi.


* Cette assertion est confuse à dessein... je ne suis même pas certain de pouvoir trancher quant à sa véracité globale et/ou partielle.

[crédit : Edvard Munch / le Cri, 1893]

25 juin 2006

Sous la pluie

Elle aura lavé la tension accumulée depuis quelques semaines. La pluie n'a pas cessé de tomber depuis ce matin. Elle lave, elle nettoie. Je la goûte, cette pluie et son chant, sans la moindre ombre (vous savez, ces ombres qui habitent les coeurs qui s'ennuient de Verlaine).

Elle tombe sans discontinuer. Elle tombe, lave, nettoie. Et moi, je sens une pression qui retombe, s'évapore, pour ne plus laisser place qu'à une grande lassitude. Pas triste. Pas sombre mais délicieusement fatiguante et finalement délassante.

23 juin 2006

Matière grise (en fin de journée)

21 juin 2006

Des voix

[J'avais failli écrire ce billet la semaine dernière... et puis, grosse flemme et idée pas mûre, jusqu'à ce que ce soir, je tombe sur lui de manière complètement improbable... indication de lecture : moi, j'ai une voix très banale :) ]

Je ne le connaissais pas avant de l'avoir en cours. En amphi promo [...], le mercredi en fin de matinée. Il lisait ses notes avec cette voix si particulière et cette manière bien à lui de bouger les mains. Assis derrière son bureau à nous entretenir de l'idée de siècle. Avec son phrasé, sa passion, sa culture et son mauvais caractère.

Depuis, impossible de ne pas le revoir, rien qu'en l'entendant. Un rythme et une voix tellement à lui. Vous ne comprendrez certainement pas si vous ne l'avez jamais entendu. Mais croyez moi, je le revois, juste au son de sa voix.

La semaine dernière, je le recroise (un autre). Et je me rends compte que je me souviens surtout de sa voix. Un ton, une manière d'être orale. Une voix qui respire l'intelligence comme d'autres suent la démagogie. Elle n'est pas charmante. Mais elle est incontestablement intelligente. Ce n'est pas une voix, un ton, un rythme d'orateur. Mais c'est un rythme, un ton, une voix qui porte simplement, démèlent des idées qui semblent finalement si simples qu'on se demande pourquoi on n'y a pas pensé tout seul.

D'où la pensée du soir (sur la base d'un échantillon représentatif de deux personnes - auxquelles j'adjoindrais volontiers un ami dont l'accent du Sud Ouest est absolument inimitable et tellement imprimé que je l'entends en le lisant) : les personnes intelligentes ont une voix. Ou, si je me résume, l'intelligence, ça ne fait pas forcément beaucoup de bruit*, mais le plus souvent, ça s'entend.

* Non, cette remarque n'a rien à voir avec la faites fête du bruit de la musique... puisque la météo nous a sauvés saucés.

[Hum... qui a dit chut ?]

Un soir d'été, en pente douce

C'était presque la plus longue soirée de l'année... La température était un peu descendue, juste les deux ou trois degrés qui permettaient d'en profiter vraiment, à Paris. Ce n'était pas la plus belle lumière de l'année, d'ailleurs c'est lorsque les réverbères se sont allumés (tout seul, il y a bien longtemps que l'allumeur ne passe plus...) qu'un petit rien de changé nous a dit que le soir avancait. S'étirait. Paresseusement... Comme on descend doucement la pente, un soir de juin, promenade nonchalente dans le fond du jardin. Un de ces soirs où se coucher est finalement assez accessoire. Un de ces soirs qui hésitent à devenir une nuit. C'était un soir, l'été en pente douce.

[L'été en pente douce, à l'angle de la rue Paul Albert et de la rue Maurice Utrillo, une placette au pied de la butte Montmartre. Pour la situation (au moins... et aussi un nom tellement... en revanche - petit bémol - la carte n'était pas forcément à la hauteur de mon souvenir) en tous cas, parfait pour un soir de juin.]

20 juin 2006

Profiter des choses simples

Une happy hour décontractée vers 21h30, le col enfin déboutonné. Une boite mail vidée, triée, rangée. Un livre qu'on termine. Un autre qu'on choisit au vol, le matin, dans le mûrissoir. Un petit mail (perso, faut-il préciser ?) sympathique (et plus encore une avalanche de mails sympatiques !). Une part de tarte qui vous fait un clin d'oeil. Un tout petit coup de téléphone de très loin pour dire que tout va bien.

Le genre de choses à savourer sans vergogne quand, par ailleurs, la course continue...

[Profiter des choses simples et pondre un billet pas compliqué, parce que, ben... faudrait pas prendre l'habitude d'hiberner* en été...]

[edit, 6pm : Hum... autre petit plaisir simple et inattendu de l'après-midi, les cerises de la grand-mère de ma voisine de bureau... il ne manque plus que la pelouse en pente pour que, si je ferme les yeux, je me retrouve dimanche après-midi au soleil, avec Mlle B...]

[* et même que hiverner et hiberner, c'est pas la même chose, vous suivez vraiment rien... :p (note d'un monsieur Jean qui fait vraiment des billets trop intéressants que parfois, on se dit qu'il hibernerait, ce serait pas plus mal... vous sentez pas obligé de me lire non plus, hein ?)]

18 juin 2006

Commis d'office (mais pas malheureux pour autant...)

Il y a 19 ans, elle débarquait dans ma vie.

Oh, on a bien fait la tête, un peu, au début, avec mes frères : elle allait tout compliquer pour équilibrer nos équipes de foot. Et puis, une fille, on n'avait pas l'habitude, nous. Il allait falloir qu'on évite de la taper trop fort, pour pas que ça laisse de trace, parce que quelque part, on se disait que*, si on pouvait toujours trouver une excuse pour nos passages réguliers aux urgences (tiens, ce sera combien de points, cette fois ? - enfin, je précise, je dis nos, mais en fait, c'est plutôt leurs, parce que moi, ça va, j'y ai plutôt échappé, privilège d'ainé remis en cause sur le tard par un cadet énervé - une autre histoire...), avec elle, les excuses allaient être plus difficiles à trouver (ben, non, maman, c'est vrai, il s'est fait ça tout seul en glissant sur le fauteuil, hein... on jouait *tranquillement*, non, non, non, non, on ne se battait pas...) et puis, les parents allaient en prendre vachement soin de leur petite dernière.

Il y a 19 ans donc, elle débarquait comme ça, au milieu de la nuit, un 18 juin - à l'époque, on avait intégré l'appel mais pas encore la date funeste de Waterloo (Water quoi ? nan, connais pas... ah, si, une gare à Londres, c'est ça ?), du coup, ça nous semblait plutôt de bon augure et de nature à atténuer un peu la déception première (rapport aux équipes de foot, eh, faut suivre... ou laisser tomber, là je peux plus rien pour vous tellement c'est clair et limpide comme de l'eau de roche).

Et bien... ce week-end, 19 ans plus tard...

Elle, elle n'a plus grand chose à voir avec la petite crevette qu'on est allé admirer le lendemain à la maternité - je garde un souvenir ému de son nombril en devenir qu'elle a magnifique à présent (enfin, je dis ça, mais je flatte à bon compte, j'ai pas été vérifier). Aucun de nous n'a vraiment regretté le déséquilibre de nos équipes de foot (et puis, c'est pas si grave, elle sait jouer au ping-pong... en plus, nous, le foot, on a laissé tomber très vite et pas seulement parce qu'on était un nombre impair). Et là, on fête son anniversaire un peu n'importe comment (les parents sont partis, loin, ses frères ont tiré au sort pour en commettre un d'office). Enfin, ce week-end, c'est sûr, évident, certain : elle n'aurait pas été là, rien n'aurait été pareil et ça aurait été dommage.

Bon anniversaire, Mlle B.

* Et aussi qu'une fille balafrée, on en tirerait un moins bon prix à la revente une vingtaine d'années plus tard.

[billet perso, private et mal écrit d'un monsieur Jean fatigué mais insomniaque - no comment, merci et non, le truc des hippopotames amoureux, ça ne marche pas...]

16 juin 2006

At the end of the day...

I eventually switched back to French and tried not to abuse of false friends... :)

Mais le mieux, c'est encore d'oublier complètement tous les tracas d'une journée un peu mouvementée, de ne retenir que les meilleurs moments et de filer au lit, en se persuadant que lundi sera non seulement un autre jour mais aussi une autre semaine !


Et pour ça, rien de tel qu'une soirée sur les quais de Seine... entre le Pont neuf (qui se dore au coucher du soleil) et la tour Eiffel (illuminée dans la nuit).

[crédit photo : Paris Daily Photo]

The head under the water

Le secret de ces après-midi là, c'est de ne surtout pas se demander quand ni comment ça va finir. N'empêche que... j'aurais un tuba, je ne serais pas mécontent.

Oh, et puis... et puis, l'apnée finit par procurer de douces sensations, pas désagréables, finalement. Non, pas désagréables... Je ne suis même plus si sûr d'avoir envie de remonter.

[est-il seulement nécessaire de préciser ?]

[update : et Enzo qui rentre lundi de voyage de noce... le plongeon au retour risque d'être... enfin, un peu quand même, j'imagine.]

On the foot of war

Le vendredi, c'est souvent ou tout l'un, ou tout l'autre. Suivant que là-haut la semaine ait généré le surcroît de travail qu'ils auront du mal à écluser aujourd'hui ou que le week-end s'annonce en sur-régime général. Suivant qu'ici on soit devant ou derrière la vague. Suivant que la semaine prochaine...

Le vendredi, c'est un bon jour pour un déjeuner. Avec même la perspective d'une prolongation au soleil voire de rentrer à pied. Mais seulement avec des amis proches. Histoire qu'ils ne s'offusquent pas d'un faux bond de dernière minute.

[avec toutes mes excuses...]

[update : d'ailleurs ça tombe bien, c'est aussi tout l'autre pour l'une d'entre nous... le challenge à présent, c'est de retrouver un date... vendredi prochain ? :)]

[re update : Paul Smith, parce que je cherchais une illustration et que casual friday ici, ça reste assez formel, la fantaisie est dans le revers de la cravate ou les boutons de manchette - fouiouiou... euh, et oui, aussi parce que j'aime bien Paul Smith, c'est vrai - dut-il ajouté sous la menace de révélations gênantes...]

15 juin 2006

Par une étrange coïncidence

Le 300ème billet de monsieur Jean sera un billet d'hommage à un très grand monsieur.

Une sorte d'immense monsieur, un pître, un poète et un amoureux de la langue française.

Monsieur Devos, vous ne me lirez pas, mais je voulais vous dire...

Vous dire que vous m'avez fait aimer cette langue dont j'ai la chance d'avoir hérité. Avec votre manière inimitable de jouer sur les sens et les sons, vous m'avez donné le goût d'en jouer à mon tour.

Monsieur Devos. Raymond. Nous n'étions pas intimes, certes non, mais je connais bien votre voix. Assez pour croire que j'aurais pu vous rencontrer, sans même vous avoir jamais vu.

Alors, Raymond, si vous me permettez cette familiarité, j'aimerais vous dire MERCI.

MERCI pour votre humour subtil et délicat, pour vos pitreries jamais triviales et pour votre maestria de poète.

Vous ne voudrez pas admettre que vous fûtes un poète, je dois vous donner tort. Car la poésie, ce n'est pas le jeu cérébral et vain des vers, des pieds, des rimes, travail laborieux d'un métronome sans âme qui ne sait pas sourire et pense que son art est trop sérieux pour rire. Non, la poésie, c'était votre manière de rebondir, d'un mot à l'autre et de faire naître chez vos auditeurs un sourire émerveillé par la seule musique d'une phrase à laquelle il n'y a rien à ajouter ni rien à retirer. Une phrase qui sonne juste, à la respiration près. Et dans laquelle se fondent un humour absurde et un verbe travaillé, qui sonne simplement, qu'on entend sans effort et qu'on se plaît ensuite à répéter encore.

Monsieur Devos, vous ne me lirez pas, alors je vous le crie, pour que vous m'entendiez, de là-haut où vous êtes : MERCI et ADIEU !


PS : et merci aussi de remonter le moral de Dieu, vous savez, ce vieux bonhomme que vous avez croisé une fois, dans une chapelle déserte dans le coin le plus reculé d'un endroit éloigné et qui priait ainsi : "Homme, si tu existes un signe de toi..." Remontez lui le moral et rassurez le, nous n'avons pas changé (en même temps, je doute que ça le rassure vraiment...) et soyez certain que vous nous manquerez, tous les deux.

[crédit photo : Stevens William - Gamma via Le Monde]

Les jours où j'ai vraiment envie d'être une fille

ne sont pas très nombreux, mais...

Mais quand même, le dress code propre et décontracté (je me comprends), j'avoue, je leur envie. Beaucoup. Et quand il leur faut donner dans le formel, elles peuvent varier sur autre chose qu'une texture de chemise et un couleur de cravate. Et même si nous avons nos "boucles d'oreille" (je ne sais plus qui m'expliquait récemment, que les boutons de manchette, c'était un peu les "boucles d'oreille" des papas, rapport à la fête des pères - et les cravates des colliers de nouilles ? ai-je eu envie de rétorquer, non parce que tout de même, je pense que les papas échappent au pire des créations des derniers mois de l'année, ceux où l'on s'occupe enfin des petits doigts, faute d'avoir réussi à remplir les petites têtes, blondes ou pas - ça n'est d'ailleurs pas la question, la couleur des p'tites têtes, je veux dire), ça restera toujours une touche discrète sur un grand fond anthracite.

Je dis pas ça parce que je suis jaloux... seulement parce que ces jours-ci, il fait bien frais comme il faut, parfait pour apprécier l'éternel masculin : chemise, costume, cravate (nos trois C - référence subtile à leur trois K, souvenez vous vos cours de civilisation allemande, la leçon juste après Die Umweltverschmutzung et avant l'art interdit par le IIIème Reich). Dès le matin, dans le métro. Je dis pas ça parce que je suis jaloux.

En même temps, il y a tellement d'avantages à être un mec que finalement, les jours où j'ai vraiment envie d'être une fille, ça ne dure pas vraiment très longtemps du tout. Chuis bien comme je suis, à la réflexion.

14 juin 2006

J'ai été média trainé

Parfaitement, j'ai été média trainé. Avec tout ce qui va avec : on a tué la spontanéité pour mieux la recréer, on m'a forcé à developper et à synthétiser, c'était toujours trop court puis un peu trop long.

J'ai bu des litres d'eau - et je me demande toujours pourquoi ils se contentaient de me l'apporter en (toute) petite bouteille.

J'ai subi le feu roulant des questions vicieuses auxquelle il ne faut pas répondre tout en donnant l'impression de répondre, des questions débiles auxquelles il faut répondre en donnant l'impression à son interlocuteur que sa questuion était brillantissime, des questions compliquées pour lesquelles il n'y a pas de réponses simples mais auxquelles il faut bien répondre, tout de même et aussi des questions qu'il faut identifier à temps pour préciser : "désolé, vous comprendrez que je ne peux pas répondre à cette question".

Il m'a fallu faire dix fois, vingt fois le même exercice. Drill répétitif pour créer des réflexes.

J'ai été média trainé, comme d'autre sont entraînés, sur entraînés dans un but : la guerre.

Et un peu comme Jarhead, ma guerre n'a pas eu lieu, pas vraiment.

[précision : Non, je ne suis pas born to kill des journalistes qui, de toute manière, ne sont pas des ennemis... ce billet très subjectif ne vise qu'à redonner cette impression bizarre d'avoir été sur préparé pour... quelques chose de relativement simple finalement. Enfin, on dit que c'est à ça qu'on reconnaît un entraînement réussi...]

Savourer

C'est étrange.

On goute, on sent, on voit, on entend et on touche. Mais pour savourer vraiment, il faut fermer les yeux et découvrir que tout est tellement plus riche. Plus complexe. Fermer les yeux et découvrir que l'essentiel est au-delà, un peu plus loin.

C'est étrange que pour savourer vraiment, un instant, un vin, un plat, une oeuvre musicale et même une peinture ou une scuplture, il faille, à un moment ou à un autre, se priver du sens le plus riche, qui est aussi le plus immédiat, et le plus facilement trompé, parfois.

Fermer les yeux, se souvenir. Et savourer.

13 juin 2006

Out of focus

Out of focus

Out of focus

Out of focus [once on my way back home]

12 juin 2006

She came back to my mind, once again

Ce soir, petite revue (un peu plus approfondie que d'habitude, disons) des blogs intelligents. D'un générique de Versac au Hijiyama project (Morning Sun) et l'envie d'aller faire une tour chez the bitter*girls*, encore une fois. Voyage mensuel vers le pays du Soleil Levant. Je suis toujours aussi bluffé par ses** photos...

Hasards et mystères des connexions neuronales.


* & ** Jamais vraiment su : elle ou elles, ses ou leurs... dans le doute, je tranche et je titre.

[crédits : obviously... the bitter*girls once again, sur une bande originale de Hijiyama project]

J'y pense, comme ça, avant d'aller me coucher...

Alors, je suis allé vérifier. C'est bien ça, c'est demain.

Demain (ce, en fait) matin, toutes les radios vont pitcher ouvrir leur journal sur... le début des épreuves écrites du baccalauréat général. Comme tous les ans, les radios annonceront en boucle le nombre de candidats puis vers 8:30, ce sera la liste des sujets de philo, série par série. Comme tous les ans, ça m'énervera. Que ce qui fut, il y a longtemps (et reste parfois, dans certaines universités), le premier grade universitaire, soit à présent une sorte de rite de passage pour une génération (on a les rites qu'on peut...). Et que... non, ça va m'énerver dès ce soir, ce serait idiot.

Je me souviens très précisément de la première fois que ça m'a énervé. J'étais en voiture avec mon père, un matin. Il devait être quoi, 7h30. Nous roulions sur cette route de campagne trop fréquentée et tellement traîtresse (il devait y avoir un accident grave par semaine), une de ces routes qui doivent compter parmi les pires cauchemars des chauffeurs routiers, le genre d'axe incontournable qui aurait déjà dû être doublé par une route express depuis longtemps si elle n'avait pas été à la frontière de compétence de deux DDE et de deux régions ce qui doit simplifier les plans de financement en période de vaches maigres (parce que malgré les paisibles bovins bien engraissés que nous croisions ici ou là... euh, je vous épargne le rappel d'histoire économique que je m'apprêtais à vous infliger, désolé, désolé...). France Info passait (déjà) en boucle le nombre de candidats, entrecoupé de quelques commentaires passionnants (en même temps, je comprends le journaliste obligé par son rédacteur en chef de trouver un commentateur sur le sujet, je comprends... et j'aimerais pas être à sa place : challenging le dégotage du commentateur pertinent, intéressant, qui passe bien et avec lequel on fera une pastille accrocheuse, rather challenging...). Je me revois tout à fait, assis à droite dans la R5 blanche, le doigt sur l'auto-radio pour assurer un contact parfois retors, le cartable sous les jambes. La veille, j'avais dû vérifier que tout y était et mettre dans ma trousse une ou deux cartouche d'encre en plus, voire prendre un nouvel effaceur. Je crois que j'avais bien dormi. Et nous étions là, tous les deux, à rouler vers D.. J'écoutais un peu distraitement et je m'énervais de la débilité (au sens étymologique, s'entend) du propos. Il faisait beau. C'était un de ces matins de juin qui sentent déjà trop l'été pour ne pas donner des envies de vacances.

C'était il y a dix ans. J'allais passer l'épreuve de philosophie du baccalauréat général série S option math*. Et je trouvais stupide qu'on en fasse tout un foin**.

[edit] * En même temps, on s'en fout... de la série et de l'option, je veux dire (du reste du billet aussi, mais, bon, c'est le jeux du blog, qu'est-ce que vous voulez), mais, bon, c'est sorti comme ça.

[edit - le même en fait] ** Non, c'est vrai, c'est jamais que le bac ! Et si on pouvait arrêter de transformer ça en une sorte de rituel social récurrent censé marquer l'émergence d'une génération, je crois qu'on rendrait service à tout le monde. C'est pas parce que c'est de l'actu facile...

11 juin 2006

Des trucs que je ne sais pas faire...

... mais je ne sais pas si je regrette, en fait :

- une grosse bulle et schhhpok avec un malabar (avec n'importe quel autre chewing-gum non plus d'ailleurs) ;

- des billets intelligents plein d'une analyse pertinente et originale pour mon bloug ;

- dire "John Fitzgerald Kennedy" dans un seul rot (oui, j'avais des camarades de classe passionnants et distingués en 5ème et oui, en fait, je ne sais même pas roter) ;

- faire les choses vraiment en avance (valable de la dissert à rendre pour le lendemain à la déclaration d'impôt) ;

- déchiffrer une partition (en même temps, c'est dommage, j'aime bien chanter) ;

- raconter des blagues (surtout si elles sont drôles... ça aussi c'est dommage, je regrette vraiment en fait) ;

- m'incruster l'air très assuré, mine de rien, dans un endroit où je n'ai rien à faire (en revanche, le plaisir d'être à sa place dans un endroit sympa...) ;

- me mettre à préparer les réunions du lundi un dimanche après-midi alors que le rêve absolu, ce serait le Lucos, au soleil, pour finir enfin le Marie-Antoinette de Zweig.

[crédit : David Hockney / A Chair, Jardin du Luxembourg, 1985]

10 juin 2006

On Air

C'était un mardi soir. Le lendemain, je partais pour Cannes, la première de Marie-Antoinette. Nous nous étions donné rendez-vous pour la dernière séance. J'aime bien aller au cinéma avec elle. J'aime bien nos discussions, ensuite, manière d'approfondir encore, à travers un autre regard, notre compréhension du film. Elle a toujours un coup d'oeil. Et une culture. Bref, c'est un plaisir (que j'espère partagé). Alors, de temps à autre, on se donne rendez-vous. Un film dont on se dit tous les deux que nous passerons un bon moment et que la discussion, ensuite... Et moi, pour découvrir Nanni Moretti, ça me semblait une évidence : elle connaît si bien l'Italie.

C'était un mardi soir. Et, à la fin de la séance...

Je l'ai arrêtée et j'ai attendu que le générique défile. Jusqu'au bout. Envie de mettre un nom sur le "can't take my mind off you" doucement mélancolique qui avait si bien accompagné cette scène de "poursuite" en voiture.

Le générique a défilé, jusqu'au bout. Et je me suis retourné vers elle, déçu en m'excusant : "je voulais juste savoir qui était l'interprète de cette espèce de reprise de "can't take my eyes off you" au spleen velouté, je ne crois pas l'avoir repéré, dommage..."

Et là, le type de devant qui me dit : "ça s'appelle "the blower's daughter", c'est dans l'album O de Damian Rice." Moi, je n'en reviens toujours pas... Chapeau, le type de devant : en plus d'être un cinéphile puriste (ah, la discipline du générique de fin), vous être un connaisseur averti de la scène indé irlandaise. J'avoue : je suis bluffé. Et, même si vous ne me lirez jamais, merci.

Et Il Caïmano ? Oui, oui, ça vaut le coup.

[bonus : , en cherchant un peu, vous trouverez pratiquement l'intégralité de la discographie en mp3, enfin, je vous ai rien dit...]

09 juin 2006

Euh, je ne fais que passer...

Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens.
Charles-Ferdinand Ramuz.

Demi-tour, donc et faites comme si vous ne m'aviez pas vu.

07 juin 2006

Et donc...

Tout va bien. Trop peut-être. Certes, that's odd, je veux dire tout ne va pas pour le mieux et je donnerais cher pour retrouver mon état de corps habituel (oui, parce qu'il n'y a pas de raisons, il y a des états de corps comme il y a des états d'esprit). Mais globalement, ça va. Je n'ai pas le coeur à faire des listes, à classer, à trier. Je n'en ai pas besoin pour me convaincre que... mais, là, ma plus grande envie, c'est de profiter du soleil revenu et, en un mot comme en mille, de profiter de la vie tranquillement comme elle vient. Ma paresse me rattrape. Ou une certaine lassitude, ou... en fait, je n'en sais rien et je m'en fous.

Et donc ? Et donc...

Et donc, je me mets en vacances. Je reviendrais, peut-être. Avec de nouvelles idées. Avec de nouvelles envies. Plus tard, quand j'aurais profité du soleil, en terrasse ou dans un parc. Quand mon bloug me manquera. Quand...

Alors, je pars, en voyage dans ma vie. Je crois que mes pas me ramèneront par ici. Quelques jours, quelques semaines, quelques mois. Et oui, là, maintenant, tout de suite, j'appréhende un peu, forcément... que deviendra monsieur Jean, déguisé dans son costume anthracite, occupé de son travail ? Oui, c'est vrai, j'appréhende un peu. Mais je n'ai pas envie de me forcer à rester non plus.

Alors, je pars. A bientôt. Ne m'oubliez pas, sivouplé (ben, oui, forcément, vous allez me manquer, même vous, mes lecteurs tellement discrets que je doute parfois que vous existiez vraiment). Et promis, je vous raconterai. Quand je rentre. Je ne vais pas si loin, finalement... juste quelques temps en voyage dans ma vie.


[crédit : Dupuy & Berberian]