Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

29 septembre 2006

Oui mais là, j'hésite...

[En revanche, vous, si vous avez mieux à faire, surtout n'hésitez pas... Conseil d'ami !]

Bon, l'autre jour, je pensais être arrivé au sommet du génie humain, je croyais avoir vaincu pour toujours la chkou schqqou schkoumoune du matin en me rasant le soir. Oui, mais... c'était sans compter les soirs où vous arrivez à [très tard] de [une réunion conspirationniste quelconque (dont je ne parlerai pas) précédée d'un film bosniaque (dont je parlerai) au Balzac (dont je parlerai) avec une roumaine, une croate et une américaine (dont je ne parlerai pas) qui, vraiment, sont des complices idéales pour ce genre de film (dont j'ai déjà dit que je parlerai, mais finalement, je me demande...)], avec les paupières vaincues par la pesanteur et le derme fatigué par une journée ni vraiment bonne ni vraiment mauvaise (un 28 septembre, vous voyez le concept ?). Et là, les joues en feu, l'estomac ni franchement vide ni sainement rempli, là, j'hésite. Ca n'est pas sans risques non plus, le rasage du soir... Déjà, je sens poindre tout au fond une petite voix qui sussure : "demain... demain... demain est un autre jour..." Alors, j'hésite, empoigner le rasoir, ou la brosse à dent ?

27 septembre 2006

Je l'aurais parié...

Cinématographiquement parlant, c'est simplement parfait. Rien n'est jamais laissé au hasard. On sent qu'ici, le moindre figurant est vraiment un acteur. On sent qu'ici, les plans de New-York dans la lumière matinale d'un mardi de septembre semblent naturels, évidents parce qu'ils ont été soigneusement préparés, tournés, montés, etc. On sent qu'ici, on avait 63 millions de dollars pour faire un film. Bref, cinématographiquement parlant, c'est un pure Holywood movie.

Et c'est vraiment dommage que World Trade Center d'Oliver Stone ne soit qu'un pure Holywood movie, photo léchée et mise en scène millimétrée pour une émotion provoquée, contrôlée, dirigée. Au final, une morale : united, we stand!. Euh, oui, bon... certes. [message perso] Merci Oliver, c'est très gentil - en plus ce n'est pas faux. Mais, enfin, c'est court, tout de même. Beaucoup trop court. Parce que, 129 minutes, tu vois, c'est long pour dire together, we are stronger, moi, je le fais en moins de 5 secondes et, dans le fond, je suis au moins aussi convaincant. Enfin, heureusement que tu filmes mieux que je n'écris parce que, sinon, c'est certain, j'aurais craqué assez vite.

A contrario, United 93 de Peter Greengrass était autrement meilleur. Tout aussi maîtrisé mais nettement moins contrôlé. Toujours caméra à l'épaule, Peter Greengrass* poursuivait sur sa ligne : montrer des faits au plus près, trouver des angles différents, complémentaires. Exposer une réalité complexe pour faire réfléchir, interpeller avant d'émouvoir. Et de faire la preuve que l'émotion ne se réduit pas à un travelling arrière bien placé. Que l'émotion, la vraie, ne dispense pas de réfléchir. Au contraire.

* Qui nous avait déjà livré l'excellent Bloody Sunday, toute l'émotion de la chanson de U2 distillée un film fort, plein de tact et incroyablement juste.

Comme un parfum d'automne

De cet automne que j'aime. Encore sec, pas trop chaud. Lumière jaune et douce. Les arbres changent de couleur sans que personne ne les remarque. Le temps accélère mais ralentit, comme le mouvement de ces jantes qui vous font l'impression de repartir en arrière. Un 27 septembre auquel personne ne prête vraiment attention a suivi le 26 dont personne ne garde de souvenir précis.

Il y a comme un parfum d'automne dans l'air. Une césure entre deux saisons que personne ne verra.

26 septembre 2006

Ha, ha, ha... je suis trop intelligent !

Pensais-je en partant d'un rire sardonique. Je suis trop intelligent et c'est dommage qu'à peine la moitié de l'humanité puisse s'en rendre compte (le plus idiot, c'est que ce n'est pas la bonne moitié !).

A l'origine de l'énoncé de cette vérité par trop méconnue et de cet éclat de rire jubilatoire, il y avait un constat simple.

Le matin, si vous vous coupez en vous rasant, c'est que les conditions suivantes ont été précédemment réunies :
- vous n'avez pas entendu votre réveil (pire, vous l'avez éteint dans votre semi coma),
- vous revenez à la vie difficilement en entendant Jacques Pradel vous entretenir de la paléo-climato-ethnologie avec un brillant ethno-climato-paléologue qui, s'il est manifestement un excellent spécialiste de sa spécialité, n'est vraiment pas doué pour saisir les énormes perches que lui lance Jacques Pradel dans le but évident d'éviter un naufrage complet de l'émission (variante de l'an dernier : votre rêve étrange bercé de mots et de grammaire - merci E. Orsenna et A. Rey - se saccade sur le rythme du jingle d'Eclectik de Rebecca Manzoni),
- vous aviez évidemment une réunion vraiment importante à 9:00 am, vous deviez briefer votre boss juste avant,
- [euh... toutes ces conditions sont évidemment suffisantes, souvent redondantes, parfois nécessaires]

De même, si vous vous êtes coupé en vous rasant, c'est que, dans un futur très proche :
- votre lacet de chaussure vous restera dans la main (et en plus, il aura cassé juste assez loin du bout pour qu'un réajustement provisoire mais salutaire s'avère complètement impossible),
- votre col de chemise prendra une magnifique couleur sang alors que, pourtant, vous aviez fait trèèès attention à ne pas le remonter totalement au moment de nouer votre cravate,
- évidemment, c'était votre dernière chemise repassée,
- en descendant, vous vous rendrez compte que vous avez oublié votre portable (souvenez-vous, le reveil que vous n'avez pas entendu) mais vous serez trop à l'arrache pour remonter quatre à quatre les escaliers (évidemment, les voisins du 6ème ont pris l'ascenseur entre temps et ne l'ont pas renvoyé, évidemment...)
- vous verrez un métro vide vous passer sous le nez au ralenti, sans s'arrêter (mais pourquoi font-ils donc circuler de métro vide ? et pourquoi n'ai-je pas encore trouvé le nom de cette batana* ?),
- votre boss, la réunion de 9:00 am... (je ne vous fais pas de dessin, spas ?).
- [bis repetita placent]

Bref, se couper en se rasant le matin, c'est souvent le signe que ça commence mal et que ça va être bientôt pire.

Partant de ce constat simple qu'il fallait pourtant établir, ce soir, j'ai eu une idée lumineuse et géniale : mieux que réduire le risque de coupure le matin, je l'ai supprimé. Si c'est pas complètement intelligent, ça... il suffisait d'y penser, et de se raser le soir. Et puis, que risque-t-on ? Une nuit pourrie, ce n'est pas pire qu'une journée de merde, à tout prendre. En plus, je ne me suis pas coupé.

Je suis vraiment trop intelligent. Dommage qu'à peine la moitié de l'humanité puisse s'en rendre compte en tirant profit dès demain de mon excellent conseil que je dispense ici gracieusement dans le but unique et non lucratif de rendre l'humanité un peu meilleure et vos journées plus mieux. Mais ce qui me tue le plus, c'est que c'est pas la bonne moitié !

[update de pas du tout longtemps après] Cela dit, je suis à présent plongé dans un abîme de perplexité... puisque se couper en se rasant le matin semble être le summum du foirage de la séquence "je me lève et je pars travailler", il y aurait une moitié de l'humanité préservée de ce genre de désagrément ? (et pas de Portuguese bashing, sivouplé, on se tient bien ici ![dernier update en date])[pfff... la greffe n'a vraiment pas prise, oublier de fermer les parenthèses !!!]

* [je renoue avec mes pires habitudes, la ndbb - note de bas de billet] Et la batana qui signifie "chercher désespérément le nom d'une batana pourtant clairement identifiée", c'est quoi, son petit nom à elle ? [update de un peu après] On propose donc :

tashabunt : subst. fém., d'origine berbère, chercher désesperement quelque chose qui se dérobe... fig. batana désignant le fait de chercher le nom d'une batana pourtant clairement identifiée.

25 septembre 2006

Mon cerveau marshmallow est overflow

Tout est dit. Ce n'est pas faute d'avoir des choses à raconter, mais là franchement, avec la guimauve qui me sert de cerveau et les trucs urgents qui tombent toutes les 23 minutes 48 secondes et les écrans bleus dans mes yeux (vous vous souvenez des écrans bleus, non ? zétiez trop jeunes, c'est ça... ou sous mac, peut-être...) et...

Bref... tout est dit.

Alors, en attendant de maîtriser vraiment le calcul distribué, je sature mon processeur et je reviendrai après la greffe de neurones.


[Là, fidèle lecteur, je te laisse toute latitude pour faire vivre mon tiploug en attendant... enfin, bref... tu vois l'idée, hein ?]

[crédit photo : wiki]

21 septembre 2006

Mais, bordel, fais gaffe !

Ils s'en sont rendu compte. Evidemment, ça n'a pas manqué d'interroger, cette tête qui reposait sur deux bras un peu flasques. Et le coup d'oeil en biais depuis le couloir par ma porte ouverte en aura étonné un ou deux (les autres, de toute manière, me prennent déjà pour un glandeur...).

Ca n'a pas manqué d'interroger mais il aura tout de même fallu un bout de temps pour qu'ils se décident.

Et là, ce type qui me secoue l'épaule en me parlant avec son air un peu pincé.

C'est bon, connard, vas-y mollo, je suis là. C'est bon. Pas de ma faute si je n'arrive plus à rentrer dans ce putain de crâne.

20 septembre 2006

Enfermé dehors

Alors, j'ai croisé les bras, fermé les yeux et déposé ma tête, délicatement, sur le bureau, devant moi. Puis, doucement, j'ai ouvert la porte en haut de mon crâne et je me suis quitté. En éteignant la lumière et en tirant la porte derrière moi.

Extirpé de ma tête.

Là, je n'arrive plus à rentrer. Me voila, comme un con, enfermé dehors à me demander comment rentrer. Rien d'autre à faire que de filer des coups de pieds dans un crâne qui sonne creux. C'est bizarre, c'est idiot. En plus, j'ai du boulot.

19 septembre 2006

Batana - Méridrame

[évidemment, pas plus tard que ce à midi...]

Méridrame : n.m. terme générique pour l'éclaboussure de vinaigrette au basilic, la goutte de sauce aventureuse du tajine de souris d'agneau au citron confit (qui voulait aller voir si la vie sur une cravate...) ou la coulure de fondant au chocolat. Par ext. dramelet méridien qui vient gâcher un déjeuner par ailleurs excellent.

[faut-il encore rappeller l'origine des batanas ?]

Ressac

Le bruit de la mer, la nuit.
Inspire. Expire. Doucement. Régulièrement, vague après vague.
Le sommeil qui fuit.

17 septembre 2006

Téléphone, mode d'emploi

[une batana inspirée par un coup de téléphone - message perso : hang on - quant à moi, ne vous en faites pas, je vais bien.]


huîtrifier : vb. par gros temps, rentrer dans sa coquille et faire sa perle ; dans se genre de situation, avoir des amis assez adroits pour manier le téléphone comme un couteau à huître (et pas trop maladroits pour éviter de massacrer du même mouvement l'huître et la main).

[crédit photo : Comité national de la Conchyliculture]

16 septembre 2006

Lili, take another walk out of your fake world...

[billet complètement édité]

Je vais bien, ne t'en fais pas, c'est un piège. Un film qu'on classe trop vite.

Je vais bien, ne t'en fais pas, c'est un jeu d'acteur délicat et une mise en scène toute en retenue. C'est Mélanie Laurent qui s'impose jusque dans les scènes où elle disparaît presque littéralement et Kad Merad qui joue ce qu'il y a de plus dur : un père ordinaire dans une vie banale.

Je vais bien, ne t'en fais pas, c'est un scénario travaillé. Un scénario qui a ses faiblesses, ses défauts. Ses invraisemblances parfois irritantes. Mais un film, c'est une histoire. Une histoire qu'on raconte avec ses raccourcis et les petits arrangements, les flous...

Je vais bien, ne t'en fais pas, c'est un film lent et émouvant, comme l'intro de U-Turn (AaRON).

Je vais bien, ne t'en fais pas, c'est... mais voilà, rester dans le factuel, c'est passer à côté de ce qu'il est vraiment.

Premiers plans... on plonge vite dans l'histoire de Lili, 19 ans. Une histoire banale, semblable à celle de milliers d'autres Lili.

Banlieue pavillonaire. Une vie de famille sans accrocs, enfin, comme toutes les vie de famille. Comme toutes les vies de famille dans les pavillons proprets d'une banlieue sans charme où les télévisions dupliquent à l'infini les mêmes émissions de variétés débilitantes.

Rien n'accroche vraiment et pourtant, ça écorche, cette vie insipide et insupportable. Suffisamment pour que son frère jumeau, Loïc, puisse un jour disparaître. Sans donner de nouvelle. Laissant Lili plonger dans le désespoir comme on glisse dans un gros tuyau noir, sans rien pour retenir la vie. Glisser. Sans nouvelle. Jusqu'à une première lettre...

Un lettre qui dit "Je vais bien, ne t'en fais pas".

"Je vais bien, ne t'en fais pas", c'est une phrase qui ne dit rien. Une phrase qui dit "Je ne m'en fais pas, tu vas bien."

Je vais bien, ne t'en fais pas, ça sonne comme ces phrases toutes faites, forgées pour ne pas dire que ça ne va pas. Ces phrases qui ne disent rien mais qui hurlent que "ça" fait mal. Un "ça" indéterminé, vaguement intuité. Mais un "ça" qui fait mal, jusqu'à tuer. Ces "ça" qui ne se diront pas.

Et Je vais bien, ne t'en fais pas, c'est un film sur ça. Sur ce qu'on fait de pire en pensant bien faire. Sur les silences, les non-dits. Sur les secrets qui deviennent des mensonges. Ces secrets tellement particuliers qu'on appelle de famille. Ces silences qui tuent plus sûrement que les armes. Plus sûrement que les mots.

Un film dur parfois, émouvant, oui, mais pas triste, finalement : avant de disparaître avec sa guitare dans sa housse bleue, Loïc avait composé pour sa soeur.

Lili, take another walk out of your fake world
[...]
Lili, you know there's still a place for people like us.


Avant qu'on ne lise à l'écran que c'est un film de Philippe Lioret adapté du roman d'Olvier Adam, Lili sera parti...

Lili, you know there's still a place for people like us,
[...]
You see, its not the wings that makes the angel
Just have to move the bats out of your head.


[anyway, je n'y arrive toujours pas... pas mieux qu'Ecoute-moi, de toute manière et puis, comme je le disais déjà avant l'édit, s'il a fallu u roman puis un film, c'est peut-être qu'un billet n'y suffit pas...]

15 septembre 2006

7:30 pm

Arrière salle de bar-lounge, un verre de vin à la main. La semaine est finie, enfin presque... Discuter, expliquer. Séduire, un peu, aussi. M., incroyablement bonne douée pour pitcher, intéresser, etc. C'est qu'il est sérieux ce petit projet. Et qu'il commence à prendre de l'ampleur (il va même falloir travailler...).

7:30 pm, fin de semaine dans une arrière salle de bar. Un second verre de vin. Pas mauvais, ce petit Gaillac.

Manière de fermer vraiment le dossier du vendredi après-midi, la porte du bureau et le robinet à réfléchir... Ce week-end, il n'y aura pas de dossiers urgents, pas de réunions à préparer pour lundi matin, pas de NPLM sous bordereau pour signature. J'ai tout noyé dans le troisième verre.

Je crois que j'y prends goût à ces rites de fin de semaine.

14 septembre 2006

Ce film est tout jaune

et normalement, je n'aime pas le jaune. Pour un tas de raisons, la plupart tout à fait idiotes (nan, parce qu'en revanche, le rouge rouje*, c'est quand même autrement plus beau !). Mais alors, ce film-...

Olive Hoover, 7 ans, se rêve en reine de beauté. Comme toutes les petites filles. Mais à la différence de toutes les petites filles, Olive Hoover, 7 ans, a une famille un peu hors du commun. Pour ne pas dire franchement loufoque.

Alors quand Olive Hoover, 7 ans, décroche une invitation à concourir pour le titre très sélectif de Little Miss Sunshine en Californie, toute la famille loufoque de Olive Hoover, 7 ans, s'entasse dans un combi Volkswagen un peu décati (et jaune, mais ça, vous savez, parce que vous avez forcément vu l'affiche ces jours-ci et parce que, précisement, tout est jaune dans ce film) pour traverser les Etats-Unis. Toute la famille, c'est à dire :
- son papa, Richard, qui tente désespérément de vendre son "How not to be a loser" en 9 étapes - un succès ;
- sa maman, Sheryl, gentille en fait ;
- son oncle, (frère de la précédente) spécialiste suicidaire de Proust fraîchement sorti de l'hôpital après avoir été congédié par son amant ;
- son frère, Dwayne qui a fait voeu de silence jusqu'à son entrée à l'Air Force Academy ;
- son grand-père (père du premier), héroïnomane lubrique.

Bref, on avait pas vu un combi VW aussi bien chargé depuis longtemps...

C'est fin, loufoque à souhait, tendre, grinçant, poétique et décalé. A voir absolument, de toute urgence. Et super bien filmé, en plus. Sans parler de l'interprétation et...

Normalement, si je ne suis pas un loser paresseux sur le point de filer dormir, je me fends d'une vraie critique constructive et tout, et tout... mais je suis sur le point de filer dormir et...

... (ça en fait, ces points de suspension, hein ? allez...)

* quelques précisions, donc.
rouje : magnifique couleur noble, couleur des promotions paires.
jône : se dit d'une couleur soleil, couleur des promotions impaires - couleur pâle et insipide, donc.

13 septembre 2006

Instant

Chaude, large. L'odeur de la pluie d'été.
Lumières sur le pavé mouillé.
Fermer le dernier dossier.
Et la porte, à clef.

L'air de rien

Je l'appelle, comme ça, l'air de rien.
Lui, pas dupe, se doute. L'air de rien, forcément.

Sans me départir de mon air de rien, je l'amène. Vraiment l'air de rien.
Et il me le dit, l'air de rien.

Mais il ne m'a rien dit. Rien, juste une indication en l'air.

Off record, quoi... tout ça n'a l'air de rien, vraiment !

L'air de Chine

Non, mais si vous ne connaissez pas encore Lewis T. dont le blog est vraiment un délice à blogueuilleter régulièrement, je ne peux plus rien pour vous !

blablablablabla... fabriqué en Chine... hum...
c'est marrant, je vais respirer l'air de Chine en ouvrant le sachet...

De l'air d'usine de Chine plutôt...


c'est le 107ième petit rien, toujours aussi bien senti. Complètement en prise avec une actualité plus immédiate que celle qui faisait le prétexte le précroquis du 104ième (HAHAHA... Alors le volcan ? Tu faisais le malin il y a un million d'années mais maintenant tu la ramènes pas, hein ?). Quant au charme Poe-étique du 106ième (Pour moi, voir la Lune en plein jour, ça fait toujours science-fiction), il me rappelle cette statut d'Edgar P. (?) à Londres, illustrant la citation "quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt" (enfin, je crois me souvenir que c'est une statut de Poe qui illustre un citation de Poe mais je ne suis plus sûr de rien et puis la citation n'a rien à voir avec le 106ième petit rien mais c'est bien la magie de ces planches, ouvrir les portes d'une divagation paresseuse).

Bref... j'aurais aimé les écrire comme il les dessine. Petit chapelet d'ubuntus - vraiment ephémères, en plus.

[ben, oui, là, lire ce billet, c'est un peu comme écouter un match de foot à la radio - comme l'impression qu'il manque l'image... remarquez, le match de foot à la radio, en fait, j'aime assez... la verve d'Eugène Saccomano... [note pour moi-même] faudra vraiment en faire un billet Eugène et le foot à la radio, ce sera pour une autre fois, en attendant, crédit : Lewis Trondheim, of course]

12 septembre 2006

Je suis en grêve...

Trop de travail, je suis en grève... de pause. Grève de pause, vous ne connaissez pas ? Tant pis pour vous, vous ne couperez pas à un petit memento de droit du travail.

Différents modes de grèves de pause ont été inventés au cours de l'histoire :

Grève de pause tournante : les grévistes se mettent en grève à tour de rôle, mais de manière à bloquer l'ensemble de la pause.

Grève de pause perlée : se traduit par un ralentissement volontaire de la pause. Ce n'est pas une grève au sens juridique du terme, mais une inexécution de ses obligations de pause de la part du salarié.

Grève de pause sauvage : cessation collective, en dehors de toute consigne syndicale, volontaire et concertée de la pause par des salariés refusant d'astreindre leurs revendications au seul cadre de leurs préoccupations professionnelles.

grève de pause générale : regroupant l'ensemble des travailleurs, unis autour des mêmes revendications principales.

grève de pause de la faim : elle a généralement un but politique, méthode parfois utilisée par des désespérés, ou dans certaines prisons ; il y a aussi des grèves de pause de la soif.

grève de pause à la japonaise : les grévistes mécontents s'expriment par le port d'un brassard - affichant parfois leurs revendications - durant les heures de pause.


Je suis en grève de pause (et j'ai bien peur qu'écrire un billet soit assimilable à une rupture de grève de pause - merde, je suis un briseur de grève de pause, un salaud de jaune).

[merci DF et wikipedia]

Dîner de travail

ou plutôt dîner de collègues... le truc qui, d'emblée, met pas super à l'aise. Nan, parce que je les aime bien, vraiment, mais, comment dire... pas grand chose à se raconter non plus. Et puis, jouer son rôle 3 ou 4 heures de plus, c'est pas forcément évident - surtout quand on a perdu le scénario et qu'on s'interdit de parler boulot. Alors quand on a épuisé les projets de voyage, les derniers films (aïe, pas hyper cinéphiles), romans (jamais vu un appart avec aussi peu de bouquins - étrange, elle est pourtant fan de littérature péruvienne) et projets d'expos (enfin, les sujets classiques de déjeuner) et qu'on se retient de commencer à raconter des conneries que de toute manière, je ne raconte pas avant d'avoir assuré un seuil d'alcoolémie minimal, euh, on fait quoi ?

A présent, je sais à quoi servent les jeux de société, alternative à l'art de la conversation.

11 septembre 2006

C'est pas juste, la vie...

Plus je me couche pas tard moins j'arrive bien à m'endormir. J'ai tout essayé, même écouter M. Jospin débattre avec M. Barnier sur le plateau de France Europe Express (soporifique et sans grand intérêt - si je faisais encore du debating, j'aurais bien proposé une motion genre "this House believes that debating is boring", faudra que je soumette l'idée à Declan...). Même une tisane Nuit calme (du coup, je crois que je vais devoir aller faire un tour au toilette...). Même un bol de lait chaud (et si j'avais eu un demi donut, j'aurais suivi la prescription jusqu'au bout).

J'ai tout essayé et ce qui me déprime le plus, c'est surtout que, si ça continue comme ça, je ne vais même pas avoir le courage de m'arracher à mon oreiller pour aller courir demain matin. Oui, parce que, figurez-vous que pour oublier Daniel Schick, je me proposais d'aller courir demain matin (enfin, ce matin...).

J'ai vraiment tout essayé. C'est trop rageant. Bon, si le sommeil ne vient toujours pas, je crois que je vais me consoler en ré-explorant la discographie de Bénébar Bénabar, l'a bien du parler de ce genre de situation tellement frustrante, vu qu'il a déjà vécu ma vie de bobo en devenir.

[non, La berceuse, ça ne fait pas l'affaire, même si je me dirais bien à moi-même, sur un ton limité excédé : Dors dors dors ! Bordel, pourquoi tu dors pas ? Dors dors dors !]

10 septembre 2006

Je sais déjà...

... que demain matin, Daniel Schick va me manquer. J'avais pris l'habitude de me réveiller avec lui. De n'émerger vraiment qu'en l'entendant enfin après qu'Elkabbash en a fini avec tout les cons qui se succèdent à l'antenne jour après jour (enfin, moi j'en sais rien, si ce sont des cons - mais rien qu'à l'entendre les morigéner, ils ont vraiment l'air d'être de sacrés cons... et bouchés avec ça : Repondez !).

Daniel Schick, sa voix si particulière et ses questions complètement loufoques.

Daniel, reviens, s'il te plait - sans toi je n'arrive plus à me réveiller. Putain Daniel, reviens !

Je sais déjà que demain matin, Daniel Schick va me manquer. Et vous, maintenant, vous savez : je ne suis pas un vrai bobo, je n'écoute pas France Cul ou Inter.

Enfin, à présent que Daniel est parti sans laisser d'adresse, je crois qu'après avoir cédé aux plats surgelés, je vais écouter Inter et avoir 30 ans - être enfin un vrai bobo.

Je sais déjà comment ça va (mal) finir... à cinq dans la cuisine face à l'évier, face à la mer...

[BO : Bénabar (et Daniel Schick et Julie, s'ils veulent bien reformer leur duo)]

09 septembre 2006

Alors, ça va ?

Bon, alors, ces derniers temps, ça ne va pas. Et je suis résolu à vous dire tout. Vraiment tout.

Ce n'est pas que les trop longues journées à essayer de comprendre les mille et une manières de se faire enfumer au cours de la présentation d'une prévision financière un peu retors aient produit un effet absolument hors de proportion.

Ce n'est pas que la fréquentation trop assidue de certains logiciels de calcul assez répandus (et la fréquentation par trop anecdotique d'autres logiciels nettement moins répandus) m'aient plongé dans des abîmes de perplexité.

Ce n'est pas que la mise entre parenthèse volontaire de mes explorations cinémathographiques ait été une mauvaise décision - extrêment temporaire, d'ailleurs.

Ce n'est pas que tout m'ennuie, pour d'obscures raisons qui ne m'apparaissent pas encore clairement mais dont je perçois intuitivement qu'elles ne resteront pas dans l'ombre très longtemps, même si, comme toujours, un retour brutal à la lumière n'est pas sans occasionner quelques douleurs ophtalmiques plus ou moins passagères.

Ce n'est pas que monsieur Jean se demande comment reprendre du service, comme super-héros super ordinaire ou comme ministre des affaires culturelles d'une improbable collection de congénères.

Ce n'est pas du tout ce que vous pourriez penser. Mais alors, pas du tout.

C'est le stress.

Le stress d'un opération importante que, de matin en matin, je remets au lendemain matin. Une opération importante que je ne me résous pas à entreprendre, dans la salle de bain, alors que mon état semi-comateux ne semble pas devoir faciliter l'intervention délicate. Pas plus que le statut de "jeune cadre pressé réveillé un peu à l'arrach' et qui commence à courir à peine le premier orteil posé au bord du lit" n'est de très bon augure.

Alors, de matin en matin, je remets au lendemain matin. Laissant l'état empirer et fuyant une situation chaque jour plus délicate à grand renfort de billets inutiles et abscons (ça, c'est pour ce que vous pouvez voir de la situation, pour le reste, je ne vous raconte même pas : c'est simplement horrible).

Enfin, ce matin, prenant la mesure d'une situation désespérée d'une main et mon courage dans l'autre (j'aurais bien voulu le prendre à deux mains, mais il y en a une qui était déjà occupée et il ne l'agissait pas de laisser filer la mesure de la situation), j'ai empoigné (oui, enfin, là, vous vous dîtes "monsieur Jean, combien de mains ?" mais, euh... enfin, pour la mesure et le courage, c'était seulement une manière de parler) mon reliquat de savon préalablement humidifié que j'ai vigoureusement appliqué à son successeur dans l'espoir que la greffe prenne. Parce que, croyez-moi, les greffes de savons, c'est pas trivial. Voilà, c'est fait... j'espère que la greffe de Dove exfoliant doux sur un authentique pain Cadum ne connaîtra pas de complication... je surveillerai demain matin, histoire de prévenir un rejet.


[mention légale & bonus : Cadum & une page de savoir inutile mais sympathique et une autre, plus didactique]

07 septembre 2006

Synonymie désuète

La rentrée, c'était son anniversaire. Mais, 10 ans que nous nous sommes quittés, des vies qui ont suivi des cours différents et, aujourd'hui, les synonymes sonnent étrangement, comme un langue un peu désuète. Le lien qui se distend, s'étire, s'épuise aussi, parfois. Alors, la synonymie n'est plus aussi prégnante, moins immédiate.

Les rapports changent, les vies divergent et les liens restent, peut-être distendus, étirés. Mais mystérieusement, pas moins forts. Surtout différents.

Je n'oublie pas, mais la rentrée me rappelle cette année encore que...

Bon anniversaire.

06 septembre 2006

En abyme

[où l'auteur revient sur ses lectures et prévient tout de suite que les lignes qui suivent ne seront peut-être pas très claires... bref, note pour moi-même]


Ero dietro di te - J'étais derrière toi commence, comme un opéra, par chanter de l'italien. Manière d'ouvrir un long monologue de 219 pages dont je disais hier qu'il n'est pas forcément bien écrit. Jugement dont j'ai compris aujourd'hui l'attendu inconscient : ce livre est écrit comme je soliloque (avec ou sans audience) et ceux des états d'âmes qui m'ont parus bien décrits sont surtout les miens, passés, présents ou à venir.

J'étais derrière toi, c'est "une banale histoire de séparation et de rencontre". Adultère commun dont on ne sait pas vraiment qu'en penser, issue fatale ou salutaire. En tout cas, catégorie que, dans une vie parfois étrange, j'espère, naïvement peut-être (mais il est des naïvetés auxquelles on tient), échapper.

Parce que, de mon miroir précédent, je retiens une petite leçon sur l'amitié amoureuse. Petite leçon déjà connue, tapie depuis longtemps au fond d'un héritage ou découverte inconsciemment, je ne sais - ou plutôt, je sais, un peu des deux. Petite leçon pas encore bien apprise (et comme disait Boileau, "ce qui se conçoit bien..." or les mots pour le dire, ici, me font défaut) mais qui se résumerait (comme si ce genre de chose pouvait se résumer... on les comprend d'un coup ou bien on les expliquent longuement en pure perte, le plus souvent) à : la profondeur et la beauté d'une amitié, c'est d'abord la valeur des personnes et nos fidélités nous sont constitutives - si tant est qu'elles nous épanouissent, mais un fidélité qui nécrose, peut-on penser plus horrible ? Et nous voilà revenus au monologue d'un type dont je n'ignore plus que le prénom et qui, sous la plume de Nicolas Fargues, me donne une autre leçon - en creux, là où la précédente était en plein. Une leçon résumé (oui, mais là, la fulgurence n'est pas de moi) dans une magnifique injonction : "Je te propose la vie ou la mort [...]. Choisis donc la vie." (Dt. 30)

Leçons qui se répondent au fil des pages, au fil des jours. En septembre, je reprends le chemin de l'école.

[ma prof de philo disait qu'il faut entendre sept fois une leçon...]

05 septembre 2006

Reflets

Plon & P.O.L. ?

Alors, Plon, non. D'abord parce que j'ai volontairement oublié de relever les deux passages qui m'avaient frappé et qui sont à présent quelque part dans les 555 pages dévorées ce week-end. Tapies là et que je retournerai débusquer un jour, je le sais. Que je retrouverai avec le souvenir de la première fois. Oh, elles vous sembleraient banales ces deux citations. Peut-être même qu'elles me sembleront banales. Mais je me souviendrai qu'elles ont correpondu à quelque chose. Qu'en les lisant, je me suis dit : c'est exactement ce que je pense depuis toujours, sans avoir jamais réussi à l'exprimer aussi clairement.

Mais P.O.L., donc ? Oh, un roman pas forcément très bien écrit mais des états d'âme vraiment bien décrits. En lisant, j'ai parfois l'impression étrange, que le narrateur se tient là, derrière moi, et me scrute, l'air de rien, l'air de dire, aussi : "Eh, oui, tu vois, j'ai trouvé les mots pour te dire." J'ai l'impression... enfin, pas toujours, mais parfois tellement que je me retourne, troublé, cherchant derrière moi cet autre moi qui, parfois, dit si justement je à ma place. P.O.L., c'est Nicolas Fargues, J'étais derrière toi, qui n'a pas son pareil pour dire clairement de trucs qui font mal confusement. Pas très bien écrit, mais terriblement bien vu. Comme dans un miroir poli, douci, qui renverrait une image assez fine pour y voir des détails trop souvent flous. Un miroir qui, mystérieusement, lui aurait renvoyé mon reflet. Presque aussi stupéfiant que de lire Tomber sept fois, se relever huit de Philippe Labro, presque par hasard, et trouver enfin les mots... mais celui-ci, j'espère ne plus jamais le relire.

C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je n’ai pas connu de guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre.

Mais surtout, ne pas en avoir l'air


Ca ne donne pas envie d'être heureux ? Ah... si la vie était toujours aussi simple...

[crédit photo : devinez, de toute manières, si ce n'est pas , c'est ici... cure ophtalimique quotidienne, apprentissage du bonheur et stimulation de l'hémisphère droit]

04 septembre 2006

Miroir

Miroir : subst. masc. Objet constitué d'une surface polie (de verre étamé ou, pour les modèles les plus anciens, de métal) entourée ou non d'un cadre, qui réfléchit la lumière, les personnes et les choses...

A mon avis, le rédacteur de cette notice n'a jamais fait l'expérience étrange de lire des lignes qui le définissent mieux qu'il n'y parviendrait lui-même, des lignes qui traduisent sa pensée plus intelligiblement, plus clairement qu'il ne l'a jamais comprise.

Expérience étrange de se lire sous la plume d'un autre. Par deux fois déjà, en moins d'une semaine (chez Plon et chez P.O.L.). Tellement exact que je ne suis pas sûr de vouloir en parler ici.


Miroir : subst. masc. Assemblage de feuilles en nombre plus ou moins élevé, portant des signes destinés à être lus, qui réfléchit la lumière, les personnes et les choses...

Avertissement au lecteur

C'est ici un ploug de bonne foi, lecteur. Il t'avertit dès l'entrée que je ne m'y suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. Mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. Je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver aucuns traits de mes conditions et humeurs [...].


[...] Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon ploug : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain ;
mais enfin, le salon t'es ouvert, alors, viens donc quand tu veux.

Monsieur Jean, ce quatre de septembre deux mille six.

Ainsi donc, cher lecteur (et spécialement Lili qui trouvera ici une réponse à son commentaire - le truc drôle avec blogspot, c'est que pour retrouver un commentaire récemment publié, il faut se lever de bon matin ! ou connaître assez bien sa maison - enfin, quand je dis une réponse à son commentaire, non, je vous rassure tout de suite, je ne vous parlerai pas de la marque de mes chaussettes), ainsi donc (oui, cher lecteur, après cette longue parenthèse il convient de te rappeler que c'est à toi que je parle), comme le disait Montaigne bien avant moi (et bien mieux que moi, si bien que je le plagie sans vergogne), tu (je te tutoie parce que Michel s'est permis de le faire avant moi, mais je te rassure, la prochaine fois, je te vouvoie) ne trouveras ici que ce qui fait la matière de mes jours, rassemblé sans projet, au fil des jours, sans objetif ni idée de manoeuvre (comme on disait quand j'étais jeune aspirant dans le plus beau régiment de nos armées...). Ce qui laisse tout le loisir d'une exploration à fins ethnologiques...

Mais... mais de là à me disséquer par commentaires interposés... non, s'il te plait. Un métrosexuel trentenaire, bobo jet-settard, couchant avec Sloterdijk et Virgile... ? Je démens formellement : Peter Sloterdijk, n'est pas du tout mon type. Virgile non plus d'ailleurs. Pour le reste, jusqu'à ce soir, je n'avais jamais touché à un plat préparé surgelé. Voilà, c'est fait. Une barrière de plus qui tombe et me rapproche un peu plus du bobo trentenaire, übersexuel & clubber addict... Heureusement qu'il reste encore un (tout petit) peu de marge.

N'empêche que pour quelqu'un qui, jusqu'à présent, s'était tenu loin de ce genre de cliché, se retrouver le même jour, catalogué dans une catégorie à laquelle il pensait encore échapper (moi, un bobo, vous voulez rire ?) et succomber à une solution de facilité qui lui fait éprouver une culpabilité atroce (si c'est pas complètement bobo, ça ; dîner d'un plat surgelé et en éprouver une culpabilité telle qu'elle risque de faire l'objet d'une séance d'analyse prochaine...).

Alors... alors, cher lecteur, je ne sais pas. Et je m'en fous, comme des mes paires de chaussettes*. C'est ici mon ploug, chronique de la vie d'un héros ordinaire qui galère pour se lever le matin, qui finira accro au champ' et à Glyndebourne, qui trouve que Paul Smith, quand même, parfois, c'est too much, qui ce soir se couchera tôt, une fois n'est pas coutume et qui, en plus, vient de faire un billet sur... rien, la faute à un manque d'inspiration avéré et à un commentaire, qui, pour flatter son ego n'est pas non plus sans soulever quelques questions.

PS : merci, Lili... et désolé d'avoir détourné votre commentaire... que ça ne vous gène pas pour en laisser d'autres - surtout s'ils sont aussi drôles que le dernier.

* Et mes chaussettes, et bien, razziées au fil de soldes dont la fonction première est de me rappeler que parfois, il est utile d'organiser la relève d'un bataillon qui subit de lourdes pertes - dure vie des binomes de fantassins qui poussent la camaraderie jusqu'à décéder par paire, même lorsque l'un des deux était encore vaillant.

[crédit : Michel de Montaigne par Daniel Dumonstier]

On Air

Pas forcément original, mais ça tourne bien, en ce moment. Encore du rock indé. Comme Coldplay, KT Tunstall... le pendant britannique des norvégiens Röyksopp et Kings of Convenience. Toujours doués ces britanniques. Et à peine trentenaires.

Et même si les trentenaires, c’est comme pour tout, en littérature comme dans n’importe quel domaine, cherchez pas les enfants ça ne se passera pas là, génération transitionnelle, un gros souci d’outils et de vision du monde. Trop de crises dans la face et pas assez de burnes. Technologiquement périmés, attachés à des trucs qui seront morts dans dix ans. Moins dépressifs que les quadras, mais issus de la classe dominante. (dixit Chloé Delaume via Prix de Flore) N'empêche, Black Holes and Revelations (Muse) chauffe sur le platine depuis quelques semaines, le saphir fatigue mais je ne m'en lasse pas. Electro, pop, rock. Définitivement hybride. Et puis merde, Chloé... je sais que c'est très trentenaire, le cynisme générationnel désabusé, mais, putain, c'est quand même pas mauvais Map of the problematique ou Hoodoo.

02 septembre 2006

Le parfum

Elle est passée. Vite. Pressée. La porte a claqué. Et puis, comme le tonnerre suit l'éclair, mais plus doucement, j'ai senti son parfum.

D'abord un trait, à peine une fragrance, un filet fin. Puis plus ample, plus lourd et pourtant toujours léger. Un peu entêtant. Un parfum de printemps anglais, profond comme un gazon touffu après la pluie. Pas vraiment agréable, mais déjà familier - l'odeur de l'herbe coupée, en mai.

Elle est passée, il y a déjà cinq minutes. Je sens toujours son parfum qui flotte longtemps. Comme, parfois, le tonnerre gronde, encore, et roule de colline en colline. Comme le tonnerre, mais plus doucement.


[crédit : Willy Ronis / Place Vendôme, 1947]

Faire des lignes d'écriture

Enfant, j'ai fait des lignes, des lignes et des pages d'écriture.

Et aujourd'hui que me voilà tout sec, idiot devant mon ploug où les billets cessent de tomber, l'un après l'autre (ils n'étaient pas géniaux mais je n'en avais pas honte), je me demande : "pour écrire bien, faut-il faire des pages et des pages, pour qu'enfin, billets après billets, le poignet se refasse ?"


[crédit : momes.net]

01 septembre 2006

Comprendre, enfin

Ca vient doucement, y réfléchir longuement ne hâte pas vraiment le moment où...

Le moment où, enfin, je comprends comment ça marche, vraiment, cette chose dont je suis à présent responsable et qui, malgré mes dénégations intérieures, me stresse un peu. Le moment où ce truc qu'on m'a passé devient le mien. Parce que je sais comment ça fonctionne, parce que j'ai commencé à le dompter.

Les moments où tout s'éclaire, d'un coup. Comme ce soir de spé, à bûcher sur une longue épreuve de topologie relativement ardue ("les 3/2, n'essayez même pas de vous attaquer à la dernière partie" avait dit le Derche, notre professeur de mathématiques, après nous avoir confessé avoir passé six heures sur le corrigé - info ou intox de début d'année, jamais su...). Et là... je ne sais pas. Je ne crois pas qu'il y ait vraiment de mots pour décrire la solution qui s'envole sous vos yeux, au milieu des écheveaux pas encore tout à fait démêlés.


Instants fugaces, évanescents. Instants d'une jubilation toute intellectuelle mais tellement délectable. Comprendre, enfin.

[crédit : Le Caravage / L'incrédulité de Saint Thomas (1601 - 1602)]