Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

29 avril 2006

Hier elle m'annonçait : lundi nous serons trois

On se court après depuis des jours, des semaines voire des mois. Elle, eux, lui. On se croise. On se laisse des messages sur nos répondeurs. On s'emaile. Sans trouver le temps de nous voir. De parler comme nous sentons bien que nous le voudrions. De nous raconter, de nous dire. De nous raconter nous et de nous dire des choses importantes.

Eux finissent par m'écrire. Lui, j'irai le voir en Touraine, je pars dans quelques minutes. Eux m'invitent pour quelques jours de vacances. Et elle m'appelle, hier. Et m'annonce : "Lundi, nous serons trois. Il ne mesure que 8 cm et il reste douillettement dans mon ventre." Et moi, je réponds quoi ?

Finalement, notre seule richesse, c'est le temps. Et le plus beau cadeau que nous puissons nous faire, entre amis, ce sont ces moments où nous arrêtons de courir pour nous asseoir.

Côte à côte, pour parler.

Je ne sais pas vraiment pourquoi, je repense à cette histoire dont je ne sais si elle est vraie. Louis IX et François d'Assise avaient souhaité se rencontrer. Au XIIIème siècle, la rencontre d'un Roi de France et d'un frère mendiant d'Ombrie, ça n'est pas évident a priori ni, a fortiori, simple à organiser. Quelques jours, voire semaines, l'un à cheval à travers la France, l'autre à pied en Toscane, en Piemont. Pour finir par se rencontrer, quelque part. Et Louis et François de s'asseoir.

Côte à côte. Et de se taire, pendant de longues minutes. Puis de repartir, chacun de son côté.

En amitié, il y a des rencontres où les mots sont inutiles. Où le silence est plus éloquent. Où seul compte le temps passé ensemble.

[C'est tellement beau que je n'ai pas envie qu'elle soit fausse cette histoire... peut-être la raison subliminale pour laquelle je n'ai pas encore lu Le Saint et le Roi de Jacques Le Goff.]

Comme un cerisier au printemps

Le long hiver qui se termine nous avait presque fait oublier la beauté d'un cerisier en fleurs. Et le printemps arrive, qui transforme pratiquement du jour au lendemain la silhouette austère en une volumineuse explosion de roses. Volumineuse et légère. Evanescente mais définitive.

Les années qui nous séparent m'ont peut-être empêché de la voir grandir. Non, je me suis bien rendu compte. Evidemment. Mais en la lisant ce soir, j'ai compris qu'elle avait changé, franchi un cap, presque du jour au lendemain. Trop jeune encore pour avoir vieilli, mais il y a quelque chose de différent. Immense et subtil. Imperceptible mais définitif.

Je sais que Rome ne s'est pas faite en un jour, je sais qu'un cerisier ne fleurit pas en une nuit. Je sais qu'elle n'est pas si différente de celle que je taquinais la semaine dernière. Mais, parfois, nos yeux se dessillent, brutalement.

[bonus du jour : une page à la poésie étrange trouvée en vérifiant : dessiller ou déciller ?]

27 avril 2006

Révélation

J'interromps un instant une passionnante journée (rangement de mon disque dur, sauvegarde de fichiers, vidage des xx m linéaires d'étagères - ça se dit, vidage... ? merde mince, je ne sais vraiment pas parler, c'est horrible :) - archivage, etc.). Veille routinière (NBER, CEPR, IMF, ECB et autres destinations exotiques). Coup d'oeil à la une d'un quotidien du soir (Mickey d'Orsay en prend, mais alors, plein la tête). Petite promenade bloggesque digestive. Et là, chez Prix de Flore 2006, juste , la révélation :

"[Un blog] n’est pas forcément un nombril avec des mots autour à la place du piercing."

Voilà, en ce moment où tout change, je viens de trouver ma ligne éditoriale : Vivons heureux sans en avoir l'air n'est pas un nombril avec des mots autour à la place du piercing. Petite chronique de la vie, comme elle est... racontée à la lumière d'un autre regard.

J'ai envie d'ouvrir les fenêtres, en grand. D'aérer. Et d'écrire des choses pour le plaisir, avec application (comme pendant les dictées de ma grand mère), un peu d'esprit ou d'imagination (comme dans mes dissertations d'avant à en croire ce qu'on m'expliquait à l'époque) et les fautes d'orthographe en moins (parce que j'en suis revenu, de cette idée stupide que j'avais à l'époque que le fond primerait finalement). Ecrire, photographier, raconter, chanter, faire sourire, ne rien dire et rester là, au soleil, pour profiter du silence et de la vue.

I want to be myself, the one they don't even imagine. Fuir les cases, les étiquettes. Etre inclassable, presque comme une discipline de vie. Etre à la fois sérieux sans être austère et léger sans être futile. Surprendre ; non pas pour le plaisir de surprendre mais parce que finalement, je crois que je me surprends moi-même.

Ecrire au gré des envies et de l'inspiration, sur tout, sur rien, sans prétention ni règles, ni limites et surtout, ne pas tomber dans une routine nombrilisante.

Toward the end

Dernier jour de travail à M. Je ne me rends pas bien compte. Je tourne la page sans regret et sans vraiment savoir ce que sera le chapitre qui s'ouvre mardi. Sentiments étranges, mêlés. Derniers jours en apesanteur. Essentiel et accessoire mélangés. Impressions confuses. Incapable de me dire que c'est fini et heureux d'en avoir terminé. Etre un peu en vrac, en quelque sorte...

[On Air : la BO des Poupées russes]

[edit : par un des ces hasards étranges, je pars le jour du 60ème anniversaire de la maison...]

[re-edit : les commentaires sont ouverts pour déterminer ce qu'il y a sur cette photo... un petit test irl vient de donner des résultats assez surprenants !]

26 avril 2006

Parler la France

Je prends des cours...

Au détour d'un échange de mails, j'apprends que Monsieur ne s'emploie pas plus pour les personnes décédées que pour les personnes de sexe féminin. Bon, pour les personnes de sexe féminin, je savais. Pour les trépassés, j'aurais pu m'en douter. Au temps pour moi.

Au détour de la presse, je lis que "ce travailliste a bien administré - et un peu édulcoré - l'hoirie de Margaret Thatcher." Quand on sait ce que veut dire hoirie, c'est un peu un lieu commun, pour les autres, on précisera :

HOIRIE, subst. fém., Vieilli et région. (Suisse). Synon. de héritage, succession.

Ce n'est pas tous les jours que l'on instruit d'un usage ou que l'on apprend de nouveaux mots. A fortiori les deux dans la même demi heure... J'apprends à parler la France et demain, j'apprends à l'écrire sans fautes* d'orthographe... c'est mon supplice, me relire et me dire
: "comment j'ai pu laisser une faute aussi énorme ?" - ma grand mère (Mam) qui m'a dicté mes premiers mots doit se dire que je suis toujours sa tête de linotte de petit-fils.


[crédit photo : Doisneau]

*[edit : je viens de recevoir une petite remarque pleine d'esprit : "S'il n'y a pas de faute, il n'y a pas de "s" à faute" evidemment...]

Des choses pas compliquées...

Le plus simple, c'est de faire des choses pas compliquées. Non, je dis ça, parce que souvent on vous colle dans un personnage et parfois, on s'y laisse enfermer. Le mien ne me ressemble pas. J'aime discuter de philosophie politique ou d'histoire et aller voir des comédies pas compliquées. J'aime bien réfléchir et ne pas me prendre au sérieux. Alors je goûte d'autant plus les choses pas compliquées :
- se laisser bercer par les cahots du métro sans penser à rien ;
- aller voir des films simples avec des amis ;
- passer de Louise Attaque à Poulenc et revenir à Louise Attaque sans se poser de question ;
- improviser un déjeuner au débotté ;
- sortir en boite sur un coup de tête ;
- profiter d'une terrasse au soleil avec un demi citron en discutant de rien(s)...


"Goûter des choses simples, faire des trucs idiots, sortir des cases dans lesquelles on vous assigne trop souvent, c'est reposant" pensait monsieur Jean qui n'était pourtant pas fatigué...*

Que ma vie m'accorde une trêve...
Que ma vie s'accorde
Que mes nuits débordent de rêves
Que ma vie s'accorde


[crédit photo : Gaumont Columbia Tristar Films / Jean Dujardin et Bérénice Bejo dans OSS 117, Le Caire nid d'espions]

[edit : en même temps, c'est un peu idiot ce billet... ce n'est pas ici qu'on se rendra compte que, parfois, je dis des choses intelligentes ou que je me lance dans de la philosopghie politique de comptoir ! ah, même Monsieur Jean n'est pas vraiment moi... :) ]

[edit : je craque... on vient de m'expliquer que mes sorties en boite sont des "séances d'analyse trotskiste de l'auto-anéantissement de la bourgeoisie française" - sic - putain de saloperie de réputation d'intello !]

25 avril 2006

Une soirée parisienne

La nouvelle scène française d'avant la nouvelle scène française.

C'était ma première découverte un peu originale, l'une de mes premières infidélités à Bach et à Vivaldi et aux autres (oui, bon, en même temps, à présent, même moi, je m'effraie de mon éclectisme musical).

C'était il y a 10 ans (argh... 10 ans !). Ils apportaient au rock français des choses un peu nouvelles : des chansons à texte et un violon énergique et entêtant. Dans la scène française, ils sont à part. Eternellement décalés, comme la fille de la pochette de leur dernier album.

Ce soir, ils étaient au Zénith*. Et ils étaient... J'aimerais garder ces impressions, ces instantanés. Finalement, je goûte le silence pour savourer encore et je ne trouve pas les mots pour parler de ce qui reste. Pizzicati. Lumières. Voix, échos, paroles. Mélancolie et énergie.

Ce soir, c'était une excellente soirée parisienne. Et moi au milieu.

* Après une première partie franchement décevante, sans commentaire.

En deçà des mots, au delà des apparences

On plonge dans The secret life of words (La Vida secreta de las palabras) comme dans une histoire banale dont on pressent des ressorts plus intimes, plus douloureux. On plonge... ou plutôt on se perd en pleine mer, sur une plate-forme pétrolière. Une u-topie où les solitudes se rencontrent.

Solitude d'un grand brûlé, Josef (Tim Robbins), intransportable, aveugle, dont l'assurance fanfaronne dissimule à peine la souffrance et cache bien mal et l'angoisse de la mort et celle de la vie, maintenant.

Solitude d'Hanna (Sarah Polley), infirmière manifestement étrangère, naufragée de la vie, échouée dans une usine irlandaise.

Hanna que rien ne retient, qui traverse ses journées, diaphane, presque invisible. Elle ne vit pas vraiment, prisonnière de mille minuscules rituels dont on sent tout le poids, toute la charge. Mille rituels qui la protègent du monde extérieur, de la vie, tout autant qu'ils l'y ancrent. On la sent trop légère pour vivre. Trop lourde aussi. A de minuscules petits riens, on comprend qu'elle est sourde. Qu'elle ne peut plus être enjouée, qu'elle ne sait pas chasser une angoisse qui sourd doucement. On comprend qu'elle ne peut plus vivre. Perdue dans un monde qui ne peut pas comprendre.

C'est l'histoire d'une jeune femme sourde qui se protège dans son silence.

C'est l'histoire d'un homme qui voulait sauver un ami. Brûlé. Aveugle.

Et c'est une histoire sur les secrets trop lourds. Une belle histoire, à la fois retenue et profonde. Une rencontre où ne rien voir et ne pas entendre permet de mieux comprendre, en deçà des mots, au delà des apparences.

Une rencontre mise en relief par d'autres solitudes plus effacées, stigmates de souffrances et de génie.

On ne peut s'empêcher, sur cette plateforme pétrolière habitée par une oie improbable, de penser l'Albatros de Baudelaire, empêché de marcher par ses ailes de géants ou empêtré dans une marée noire oubliée...

Isabel Coixet nous livre une tragédie intime, délicate, qui nous emporte, à toutes petites touches, là où nous ne pensons pas, ne voulons pas aller. Mis en présence, non pas des grands drames de l'Histoire qui se résument, s'écrivent et, peut-être, un jour s'apprendront et se retiendront, mais des drames intimes, des histoires personnelles. D'histoires presque invisibles. D'histoires indicibles qui ne trouvent pas le chemin des mots pour se dire. Et qui, en silence, lentement, mutilent et tuent aussi sûrement qu'insidieusement.

Mais loin de s'arrêter à une tragédie terrible, inexorable, elle nous montre "la vie secrète des mots" qui pansent, apaisent et cicatrisent. Comment on vit après. Accepter de vivre. Lâcher prise. Puisque c'est le secret. Even if some can't...

Un film sur l'incommunicabilité et l'incommensurabilité de la souffrance. Un film sur les cicatrices de l'Histoire (et les cicatrices des histoires). Dur, parfois. Beau et joyeux, malgré tout.

The secret life of words (La Vida secreta de las palabras), 2005 d'Isabel Coixet avec Sarah Polley (Hanna ) et Tim Robbins (Josef).

23 avril 2006

The Sunday Session (Guest Blogging)

Mlle B. et moi, nous avons passé une journée ensemble. Le teasing éhonté de samedi matin, c'est un petit exercice de guest blogging : elle poste ici, je poste là-bas. Une idée qui nous est venue comme ça... Notre journée, racontée par elle. Racontée par moi.

Un dimanche à Paris

Premier orage de printemps

Le ciel grogne, gronde, tonne...
Pluie qui tombe, grosses gouttes lourdes qui lavent les toits et le pavé.
Mlle B. qui dessine et râle un peu (pas le temps idéal pour la promenade envisagée). Et fredonne avec Bénébar :

Y a des détails qui ne trompent pas...


22 avril 2006

Chut, ne lui dîtes pas que je vous ai prévenus...

Elle arrive ces jours-ci, je viens de l'avoir au téléphone. Elle est très chouette extrêmement sympathique. Elle est bourrée de talents mais elle est aussi un peu timide. Elle est plutôt jolie mais c'est ma petite soeur, alors bas les pattes, c'est compris (je ne suis pas corse mais...).

Bon, bref... elle est en vacances ces jours-ci et nous avons décidé de faire quelque chose de spécial. Une expérience (il paraît qu'on est plutôt une fratrie de scientifiques mais nous, on sait tous que c'est complètement faux : on n'aime rien tant que lire des livres, dévorer des bandes dessinés, regarder des films, faire du roller ou du vélo, discuter entre nous en écoutant nos découvertes musicales du moment et un tas d'autres choses sans grand rapport avec le filtrage non linéaire et les équations aux dérivés partielles associées ; on aime aussi beaucoup notre neveu (et son petit frère ou sa petite soeur qui devrait pointer le bout de son nez sans tarder) et embêter celle qui restera toujours notre petite soeur même quand on sera bien vieux le soir à la chandelle...).

Tout ça pour dire qu'elle arrive ces jours-ci...

[parce que je n'ai rien à raconter mais envie d'écrire, parce que la discipline du blog c'est "a post a day keep the doctor away", que je blogge depuis 278 jours et que ceci n'est que le 225ème billet (malgré des pointes régulières à trois billets par jours... mais, non, arrêtez de croire tout ce que je vous raconte ! je fais dans la qualité, pas dans la quantité ! (: ) et aussi histoire de faire monter le suspens - et de lui faire monter la pression... non, je rigole, soyez sympa avec elle, même si elle est peut-être un peu timide, elle est vraiment douée (et n'allez pas penser que je ne suis pas extrêmement objectif, c'est ma petite soeur, je vous le rappelle). Et juste une dernière chose : ne lui dîtes pas que je vous ai prévenus...]

21 avril 2006

La petite voix derrière moi...

... qui me disait hier soir que c'était pas gagné de rattraper le retard de chronicage (ou de chronication) de mes lectures compulsives. La même petite voix me susurre à l'oreille :

Dis monsieur Jean, tu t'épuises... Tu nous saoules avec des critiques vaguement pertinentes qui ne trompent personne (ben, oui, il faut regarder les choses en face : tu n'as pas rien d'intéressant ou d'original à raconter à ce propos). Tu repompes éhontément la prose de (la maman de) ton filleul (que tu le veuilles ou non, ça s'appelle du plagiat... personne n'est dupe). Tu nous fais toujours les mêmes billets, avec la même construction circulaire et la même pirouette finale, une pirouette de clown un peu fatigué et pas vraiment convaincu. Tu nous racontes, non, même pas, tu écris sous la dictée ce qui te passe par les oreilles, faute d'avoir quoique ce soit qui te passe par la tête... (il y a un itinéraire bis pour les idées maintenant ? pourtant, on ne peut pas dire que ton cerveau soit particulièrement encombré [là, ça a fait -combré... -bré... en écho dans ma boite crânienne et j'ai compris que quelque part, la petite voix n'avait pas tort]). Bref, tu tentes de faire diversion, mais il faut te l'avouer, tu n'as pas grand chose de vraiment passionnant, d'irresistiblement drôle ou d'extrêment bien écrit à publier. Si tant est que c'ait un jour été le cas...

Elle susurre et, petit à petit, elle me gagne. Elle a déjà pris possession de mon inconsient plouggesque, lundi dernier : en relisant la première version de ce billet, je conçois qu'on se soit posé la question de ma mise en sommeil. Remarquez, commencer une hibernation alors que le printemps arrive, c'aurait été relativement cocasse.

A vrai dire, je sais qu'elle a tort et je ne crois pas que le moment de clore ce chapitre soit déjà arrivé. Mais je constate aussi que j'ai perdu quelque chose depuis quelques semaines. Quelque chose d'assez imperceptible... une sorte de fraîcheur. Une espèce de liberté ou d'insouciance. Je me dis en postant : "non, celui-ci va les emm..." ou bien "et celui-là, ils en penseront quoi ?"

Bon, bon, vous me pardonnerez si je continue à explorer un peu tout et n'importe quoi, à raconter des riens pas franchement intéressants, à tenter des traits d'humour que je suis le seul à deviner, etc. ? On dirait que vous, lecteurs (plus ou moins) cachés et (plus ou moins) anonymes, vous qui parfois passez par ici, par hasard, par accident ou par inadvertance, vous qui... enfin toi qui me lis, là et puis toi, là-bas, qui parcours en diagonale le billet en pensant "il nous fait chier avec ses états d'âme à la con"*, bref, on dirait que vous seriez des lecteurs vraiment indulgents et que moi, je poursuivrais cette Petite chronique de la vie, comme elle est..., sans trop me poser de questions, sans trop me mettre de pression. On dirait... juste assez fort pour couvrir la petite voix qui susurre, là, derrière moi.

* Eh, toi ! Je te rappelle que ma maman vient de temps en temps par ici, alors je te prirais de surveiller un peu ton langage, s'il te plait... sinon, euh, tu vois la porte ? Eh bien, comment dire...
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20 avril 2006

Très très bien (comme il faut), si, si...

[Je lis trop... du coup, j'ai un tas de livres dont je voulais vous entretenir. Mais je renonce à en parler dans un seul billet qui aurait finalement été indigeste comme une rediffusion intégrale des 25 années d'Apostrophes : Pivot c'est passionnant une fois par semaine pour les insomniaques cultivés mais c'est rapidement "estouffant"... Alors je vais y aller à mon rythme, en sélectionnant, comme ça vient. Et en essayant de ne plus prendre autant de retard (voeu pieux, dit une petite voix derrière moi...)]

Je l'avais découvert un peu par hasard la semaine de sa sortie... et je me souviens avoir tourné la première page, la page 9, en me disant que c'était plutôt prometteur. C'était une petite fille qui n'aime pas trop la nouvelle voiture de son papa à cause de l'odeur de cuir... mais à la fin, on s'habitue. Elle est grande, au moins sept ans et elle est demoiselle d'honneur au mariage de sa tante. D'ailleurs le mariage, c'est aujourd'hui...

Ca avait des accents d'une sincérité étonnante. Ca sentait les mariages qu'on a connu, les mariages très bien, avec des chapeaux improbables, des dames très distinguées habillées dans des couleurs qu'on n'aurait pas imaginées, et les fiancés qui vous saoulent depuis des semaines pour que vous veniez répéter pour la chorale. La chorale...

Précisement, Une pièce montée, c'est un roman choral, sur un de ces mariages très très bien. Un mariage absolument comme il faut, raconté successivement par différents protagonistes. Et c'est souvent très bien vu. D'ailleurs, depuis que j'ai fini ce livre, je vous lis in extenso le premier chapitre pour vous mettre en appétit. En général, ça ne manque pas. Résultat : je ne sais plus où est passé mon bouquin. [message personnel à je ne sais pas qui : à bon entendeur...]

Bref, un premier roman un peu cynique. Un portrait si français brossé avec un humour so british, ça avait tout pour me plaire ! La plume est alerte, le trait tendre mais sans mollesse. Blandine Le Callet raconte des histoires simples, des gens vrais jusque dans leurs côtés les plus irritants. Elle égratigne sans complexe mais dans le fond, je crois qu'elle les aime bien ces personnages qu'elle convie autour de la pièce montée, "pyramide grotesque" sensée symboliser "la prétention de ceux qui s’imaginent que l’amour va durer toujours". Et finalement, le ton est assez juste, sans concession mais sans méchanceté.

Une pièce montée, 2006 de Blandine Le Callet. Stock, 324p. [voir aussi chez zone littéraire, le Littéraire]

[re-message personnel à l'attention de mes lecteurs fiancés ou jeunes mariés... : non, non, n'allez pas croire que... par pitié ! mais lisez donc ce livre et jugez par vous-même.]

[et rere-message personnel à l'attention de quelqu'un qui se reconnaîtra : il est encore temps de corriger l'erreur... :) je peux même vous le prêter, dès qu'on me l'aura rendu !]

Remember, remember the fifth of November...

Evey Hammond: Does it have a happy ending?
V: As only celluloid can deliver.


Bon, avant de commencer, il faut que je précise : autant j'ai du mal avec les oeuvres de science fiction (genre les romans en 42 tomes en poche mal édités avec en guise de couverture une sale illustration sans goût sur une espèce de fond gris, bref, vous voyez très bien ce que je veux dire), autant j'ai un faible pour les romans d'anticipation proche, intelligents et qui donnent à réfléchir. Un peu comme Globalia de Jean-Christophe Rufin ou Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Et le maître en la matière, amhada (à mon humble avis d'amateur) c'est sans conteste George Orwell. 1984 (c'est un peu l'exemple évident) ou bien l'excellent (et très trop longtemps inédit en France) La ferme de animaux (à lire absolument !).

Bon, tout ça pour dire que j'avais un très gros a priori positif en allant voir V pour Vendetta (V for Vendetta) de James McTeigue (le premier assistant des frères Wachowski sur la trilogie Matrix), scénarisé par les frères Wachowski à partir de la bande-dessinée homonyme de Alan Moore (scénario) et David Lloyd (dessin).

V pour Vendetta se passe à Londres dans une Angleterre futuriste et totalitaire. C'est l'histoire d'Evey (Natalie Portman), une jeune femme sauvée par un mystérieux homme masqué (Hugo Weaving) connu sous le nom de V. D'une nature à la fois charismatique et sauvage, V déclenche une révolution en incitant ses concitoyens à se rebeller contre la tyrannie et l'oppression...

Cinématographiquement parlant, on tient un bon film de studio, un très honnête blockbuster. Du rythme, des images, du suspens, sans excès mais suffisamment. Un film qui tient sur le jeu des acteurs (celui de Natalie Portman en l'occurence) tout autant que sur un scénario et quelques scènes massives (la scène des dominos ou bien le final). Bref, ne boudons pas notre plaisir : ça se laisse voir.

Et puis, c'est peut-être la déclinaison "thriller d'anticipation" du cinéma engagé qui semble exploser depuis quelques mois (Good Night and Good Luck [en], The Constant Gardener [en], Lord of War [en] ou encore Syriana [en] voire Jarhead [en] pour ne citer que quelques unes des sorties les plus récentes). Le projet était pour le moins ambitieux...

Trop peut-être. Parce que faire du cinéma engagé sans tomber dans la caricature (oui, je pense à Michael Moore, vous aussi d'ailleurs...), c'est déjà difficile. Mais s'attaquer à l'anticipation sur le mode orwellien, c'est vraiment dur. Orwell, c'est une ligne de crête : un équilibre précaire entre le trait forcé pour les besoins de la narration, la force de la parabole et le souci d'une assise philosophique et d'une prospective / mise en perspective avec l'Histoire cohérente et juste. Il y faut le talent et l'imagination du romancier tout autant que l'épaisseur et la profondeur du penseur, sans compter l'engagement de l'homme. Oter une seule de ces qualités...

Et c'est finalement ce qui m'a énervé... James McTeigue n'est pas George Orwell. D'où, dans le fond, une certaine faiblesse si ce n'est une faiblesse certaine : une réflexion intéressante, une parabole utile mais souvent trop courte, inaboutie voire perdue dans les méandres de choix pas vraiment assumés (démocratie ou anarchie, l'Etat dépositaire du monopole de la violence légitime et la nécessaire dérive fasciste, etc.). Thèmes intéressants. Thèmes essentiels (et aujourd'hui peut-être plus qu'hier ou, en tout cas, à penser à nouveau) dont on regrette un traitement sans réelle profondeur, plus proche d'une médiocre copie de terminale (simplisme et cynisme) que du génie d'un George Orwell (humour british et profondeur) dont on rappellera que son engagement à gauche sut toujours garder une distance (souvent très) critique vis à vis du totalitarisme alors même qu'il est l'exact contemporain de bon nombre des "compagnons de route" (s'il fallait encore un preuve qu'Orwell, c'est une ligne de crête...).

Alors, alors... qu'en penser ? Eh bien, un film intéressant et pas du tout désagréable (non, c'est vrai, je ne regrette pas d'être aller le voir le soir de sa sortie...) qui appelle une réflexion utile mais qui, à trop vouloir s'engager, manque finalement son but. Ce n'est pas sans rappeller les faiblesses des Matrix...

Définitivement, dans le registre du film d'anticipation, je prèfère les films qui se contentent de montrer, mais qui montrent avec force, pour interroger et obliger à se poser à soi-même des questions essentielles sans rester dans une neutralité candide ni empiéter maladroitement sur les réponses, Soleil vert (Soylent Green, 1973), Bienvenue à Gattaca (Gattaca, 1997) ou The Island [en] (2005), par exemple...

Oui, je sais, c'est pas vraiment une réponse. Bon, alors disons : "à voir et on en rediscute..."

V pour Vendetta (V for Vendetta), 2005 de James McTeigue avec Natalie Portman (Evey), Hugo Weaving (V) et Stephen Rea (Finch).

19 avril 2006

Merci

Tu m'as ramené à moi-même...

Ainsi pensait monsieur Jean, dubitatif

Des choses surprenantes qui arrivent finalement assez souvent et des conclusions que je ne sais pas en tirer.

Il se passe des choses. Des choses surprenantes. Un peu surréalistes et souvent sympathiques. Il se passe des choses que je ne suis pas certain de bien m'expliquer. Mais est-ce nécessaire, finalement.

Par exemple, il y a une dizaine de jours, je postais ici un billet On Air* sur mon coup de coeur musical du moment : Lisa Miskovsky, découverte chez Joséphine. C'était un vendredi après midi et j'étais en train de me demander si je laissais, oui ou non, un commentaire ou un trackback chez Joséphine pour lui dire que, ben, j'avais bien aimé et que, ben, voilà, c'est tout (l'hésitation portant sur le fait que, comme vous l'aurez constaté, je n'avais rien de très intelligent à écrire** mais que, comme je trouverais sympa qu'on me dise que ce que je poste ne se perd pas dans le vide intersidéral et impersonnel de l'internet sans même avoir été lu***... alors si en plus quelqu'un apprécie et comme on a coutume de dire qu'il n'est pas inopportun faire aux autres... eh bien voilà quoi - et si c'est pas clair, c'est pas grave, c'est pas très important pour la suite). Bref, j'étais dans une profonde perplexité quand Joséphine herself a débarqué dans les commentaires... Surprenant, non ?

Ou bien, le lendemain, je marchais dans Paris, une belle après midi**** de printemps. J'étais en train de penser à un couple d'amis exilé en villégiature dans le Sud-Ouest (oui, on va pas les plaindre non plus... quoiqu'ils en disent). Là, je lève les yeux et, juste en face de moi, je les vois apparaître. Je suis sûr qu'ils ne m'ont pas cru quand je leur ai dit que j'étais précisement en train de penser à eux, mais moi, j'étais scotché.

Ou encore, il n'y a pas très longtemps non plus, j'ai rencontré, au cours d'un week-end dans le Sud, une amie d'un ami qui n'est ni un camarade de promo, ni un complice avec qui je refais noctament***** le monde. Nous avons cinq ans d'écart, nous avons grandi à des centaines de kilomètres de distance. Nous n'avons pas du tout fait le même genre d'études. Bref... et bien, la meilleure amie de l'amie de l'ami (oui, bon, c'est compliqué, mais c'est précisement le propos de ma démonstration) se trouve être une collègue que j'ai incidemment retrouvée à la gare Saint Charles.

Vous n'êtes pas encore convaincu ? J'ai encore mille exemples de rencontres fortuites, au hasard d'un quai de métro, au coin d'une rue, en bas de chez moi ou dans les endroits les plus improbables. D'ailleurs, il n'y aurait que moi, je commencerai à me demander si je ne suis pas Truman, le Truman du Truman Show. Non, ça n'arrive pas qu'à moi****** (et je ne veux pas sombrer dans la paranioa ou la schizophrénie comme Truman, John Nash ou encore Zacharias Moussaoui, paranoiaque à l'insu de son plein gré mais manifestement suicidaire), mais avouez, c'est troublant tout de même ?

Ainsi pensait monsieur Jean, dubitatif, en se demandant ce qu'il convenait d'en conclure.


* Pour répondre à la question récurrente de mes lecteurs qui me connaissent irl ("in real life", Maman, c'est de l'anglais... et il ne faut pas confondre avec url, l'acronyme de "uniform resource locator" qui spécifie la localisation physique d'un répertoire, d'un fichier ou d'une ressource se trouvant sur le Web, enfin, sur internet ; mais je suis sûr que Tonfa t'expliquera ça beaucoup mieux que moi - j'ai fait exprès de pas te dire que c'était juste l'adresse que tu tapes dans ta barre de navigation, en haut, comme http://monsieurjean.blogspot.com/, c'est l'adresse du blog d'un pote à moi, c'est sympa, tu peux aller voir...) et que n'osent pas me poser les autres, On Air, c'est ce qui était écrit sur un gros panneau lumineux dans les studios de radio des années 50 (aujourd'hui, je n'en sais rien - et pour les années 50, comment je sais ? ben, euh... c'est compliqué) et qui signale qu'on émet. Et puis, j'aime bien we are on air, tellement plus poétique qu'un simple voyant rouge ou que la mention "émission en cours".

** C'est pas la peine de dire comme d'habitude, je n'aime pas le comique de répétition. Et puis d'abord, je vous force pas à lire, hein...

*** Oui, c'est le syndrôme du blogger solitaire, dépressif et nombrilo-centré si bien illustré par Pancho (). Mais je me soigne, moi ! :)

**** Ben oui, on peut dire un après midi ou une après midi, alors il y a longtemps, quand j'ai commencé à tenir ce blog, je me suis fixé une règle : j'écrirai un dur après midi de travail mais une langoureuse après midi de printemps.

***** Cet adjectif n'existe pas, c'est dommage pour lui !

****** J'ai des noms : Joséphine trouve une rose sur sa moto, Tonfa traverse l'Atlantique pour se retrouver à dîner chez un pote de labo, nez à nez avec de vieilles connaissances et je peux continuer à balancer... Je ne suis pas le seul, puisque je vous dis (et je ne suis pas fou ! enfin, j'espère et six * ça fait pas très joli, mais c'est une autre histoire...).

Die Sonne scheint noch

Le dernier film en allemand* que j'avais vu au cinéma**, c'était La chute, il y a un peu plus d'un an. Le récit des douze derniers jours de la vie d'Hitler, retranché dans son bunker près de la Chancellerie alors que le Reich agonisant livre dans les rues de Berlin une dernière bataille aussi inutile que meurtrière.

Ces derniers jours, c'est au travers des yeux d'une jeune allemande d'à peine 25 ans, Traudl Junge, la secrétaire particulière du Führer, qu'ils nous sont racontés. On y découvre en particulier un Hitler quotidien (incroyable Bruno Ganz), dont la normalité donne à réfléchir tout autant que sa monstruosité. On y découvre aussi cette jeune fille perdue, aspirée par le mouvement de l'Histoire et fascinée par l'aura du Fürher. Incapable jusqu'au bout du moindre recul.

Un film saisissant sur "la banalité du mal" (Hannah Harendt), construit à partir des mémoires de Traudl Junge dont je me souviens avoir lu qu'elle les avait écrites en prenant conscience qu'elle était née en 1920, un peu plus d'un an avant Sophie Scholl. En découvrant qu'elles étaient toutes les deux contemporaines, elle a compris qu'elle aurait pu se rendre compte.

Justement, ce soir, j'ai vu un autre film en allemand : les derniers jours de Sophie Scholl, récit des quatre jours qui vont de l'impression du sixième et dernier tract de la Rose blanche (Die Weiße Rose) à l'éxécution, le 22 février 1943, de Hans Scholl, de sa soeur Sophie et de Christoph Probst.

Si l'on peut parfois regretter une mise en scène plutôt frustre (et une mise en musique assez maladroite), on saluera l'interprétation de Julia Jentsch : forte, résolue, courageuse et fragile, non pas tour à tour, mais tout à la fois. Donner à voir, en transparence, la faiblesse qui fait le force d'âme de Sophie Scholl, "l'esprit ferme et le coeur tendre", comme l'exhortait son frère.

Partant pour son exécution, elle lance à son frère et à Christian : "Die Sonne scheint noch", le soleil brille encore. C'est peut-être le secret de Sophie : une fraicheur qu'on aurait tort de croire naïve.

[Je ne me sens pas de faire ici une critique construite, argumentée, de développer une analyse cinématographique originale... non, c'est, ce sont des films qui se prêtent plus à la rumination qu'à la dissertation.]

La chute (Der Untergang), 2004 de Oliver Hirschbiegel avec Bruno Ganz (Adolf Hitler) et Alexandra Maria Lara (Traudl Junge).


Sophie Scholl, les derniers jours
(Sophie Scholl - Die letzten Tage), 2005 de Marc Rothemund avec Julia Jentsch (Sophie Magdalena Scholl) et Fabian Hinrichs (Hans Scholl).

* Mon allemand est vraiment très très loin, et je commence à regretter...

** On mettra à part le magnifique Tu marcheras sur l'eau (Walk On Water) que je n'ai pas vraiment vu au cinéma et qui n'est finalement que très marginalement en allemand... d'ailleurs, merci Pé pour cette découverte.

18 avril 2006

On Air

Keep on looking
You keep on searching
You keep on moving
And you get a little further
Keep on trusting
You keep on hoping
You keep on facing your faith
Just to keep on growing

Just try
Try
You just try

Keep on wondering
You keep on asking
Keep on reaching
Keep on taking chances
Keep on longing
You keep on dreaming
Keep on doing what you do
Never give up believing

Just try
Try
You just try

You just try
Try
Just try

[...]

Keep embracing each day
Keep on yearning
Keep on making mistakes
Just to keep on learning
Keep on giving
You keep on wanting
Keep on fighting
Just get up every morning...


Try, Bugge Wesseltoft & Sidsel Endresen

Unfortunately, je n'ai pas (encore ?) de radio blog, du coup, vous ne pourrez pas apprécier la délicatesse un peu évanescente et le velouté tantôt ample, parfois plus ténu, plus fragile de la voix de Sidsel Endresen portée pas une base rythmique simplissime. Tant pis... mais un peu dommage quand même.

Le schmilblick du printemps

Mon facétieux filleul m'a envoyé des contrés reculées dans lesquelles ses parents se sont exilés (encore une fuite de cerveaux... non, je n'ai pas dit un épanchement de matière grise, ça n'a rien à voir !) un authentique schmilblick du printemps. Le schmilblick est arrivé (oui, je vous rassure tout de suite, chers parents de mon facétieux filleul, le schmilblick est bien arrivé). Donc, le schmilblick est arrivé dans un emballage spécial : un cube de 20x20x20 portant quelques mentions à l'usage des facteurs et douaniers (du genre : Ceci est un schmilblick très très fragile ou encore Si vous lisez ceci, c'est que, selon toute vraisemblance, vous tenez le schmilblick à l'envers et il ne va pas aimer...) et un descriptif complet (à mon usage exclusif, malgré les apparences) que vous pourrez trouver ci-dessous.


N'y tenant plus (je vous laisse imaginer...), l'ouverture précautionneuse du cube fut promptement entreprise : apparut alors une forme vaguement ovoïdale emballée dans un numéro relativement récent du Canard enchaîné (non, ce détail n'a aucune espèce d'importance, pour autant que j'ai pu en juger) accompagnée d'une notice complète et de deux annexes visant à préciser les origines mystérieuses du schmilblick en question.

La découverte du schmilblick semble n'avoir pas été la moindre des aventures d'une fine équipe de chercheurs, aussi doués pour arpenter les régions hostiles ("un quartier résidentiel huppé, au bord de l'eau au milieu d'une sorte de pinède landaise" assez proche du cercle polaire arctique) que pour survivre au milieu de populations autochtones dont les accents gutturaux laissent présager d'intentions belliqueuses (d'où, j'imagine, la volonté de rester confiné au maximum : "1 m², la place exacte qu'il me faut pour tourner en rond sur moi-même avec le tricycle, guidon à fond vers la droite ou vers la gauche"). Equipe récemment terrassée par un mal mystérieux et incurable qui n'est pas sans rappeler le tragique destin des membres de l'expédition Sanders-Hardmuth (cf. Les Sept boules de cristal et Le Temple du Soleil).

Le schmilblick du printemps se récolte ou se capture (je n'ai pas bien compris dans quelle partie de la classifiation du vivant il convenait de cataloguer le schmilblick en question... peut-être Mlle B. aura-t-elle une idée ?) dans des régions où vivent des Schpountz (même remarque, quoique dans ce cas, il semblerait que le Schpountz soit un mammifère, voire un primate), où les bottes fourrées sont de rigueur treize mois par an (si, si, vous avez bien lu) et où le printemps est une saison de fêtes : pour "l'apparition des fleurs, la sortie des asperges et la ponte de fruits" (je cite la paragraphe décrivant l'environnement général du schmilblick).

La manipulation prolongée du schmilblick semble nécessiter un appareillage complexe (emplâtre à l'oignon sur les oreilles, grandes lunettes oranges et sac en plastique sur le tête, la dignité des laborantins en prend un sacré coup, mais la science est à ce prix - quant à la gloire...).

Les applications potentielles du schmilblick semblent tellement prometteuses que mon filleul me décrit par le menu la guerre que se livrent en sous-main les plus grands laboratoires du monde pour mettre la main sur les découvreurs (dont on apprend au passage qu'ils ont des mollets fermes et robustes, sans qu'il nous soit permis, à ce stade, d'établir un lien entre les mollets et la découverte... cependant, j'attends des précisions sur ce point précis). Parmi les nombreuses et prometteuses applications du schmilblick du printemps, il convient de mentionner des perspectives thérapeutiques absolument novatrices (et résolument farfelues mais vraisemblablement efficaces).

Bref, je n'ai pas tout très bien compris ce que me raconte mon filleul et il va falloir que je parte là-bas en expédition pour éclaicir tout ça. Promis, je vous raconterai.

Et c'est quoi un schmilblick du printemps ? Ben, je ne peux pas tellement vous en dire plus... mais on attend une publication dans Nature (ce qui ne devrait pas tarder vu que Nature publie vraiment n'importe quoi depuis quelques temps !).

[note personnelle] Merci beaucoup mon cher filleul, et, sûr, je viens t'aider dans tes recherches d'ici cet été... de même que je suis ravi qu'on se retrouve aussi en août pour finaliser ta publi dans Nature. Embrasse tes parents pour moi et continue à out-sourcer tes compte-rendus d'expéditions, c'est un plaisir !

17 avril 2006

[...]

Chers parents,


Merci. Je reviens bientôt...

[edit : nostalgie d'une tranquille après-midi de printemps, ma chambre, là-bas, que je viens de quitter avec un soupçon de regrets ; lire au soleil et le calme du canal]

16 avril 2006

A garder, en souvenir

Pêle-mêle, liste non exhaustive.

Petit matin de Pâques au lever du soleil. Chants d'oiseaux (qui me manquent vraiment à Paris). Instants en famille. Emails, coups de téléphones et chat avec la fratrie dispersée (fratribus nostris absentibus... Re-joyeuse fête de Pâques à vous cinq* et bonne fête, B.). Schmilblick du printemps envoyé par mon filleul**. Longue conversation entre amis, recommandation de livres (j'ai encore sévi et je ne suis même pas désolé !). Lecture. Sieste. De retour d'un office, belle idée à approfondir. Très bon film avec les parents (leur patience aussi...).

Ah, aussi, ne surtout pas oublier : derniers rayons du soleil, rasant, sur la pierre ocre. Instants qui n'existent vraiment qu'ici...


* [note personnelle] (2+1)+1+1 et pendant que j'y suis... on irait de l'autre côté du Danube 3/4 jours cet été ?

** Je vous ai déjà dit... oui, bah, au risque de me répéter, j'ai le plus beau, le plus gentil et le plus attentionné de tous les filleuls. [re-note personnelle] Je ne t'oublie pas... A bientôt, promis.

[Et Paris qui semble si loin... petit memento après avoir trié (une fois de plus) tout ce qui reste de mes affaires ici, qui devient là-bas. A garder, en souvenir.]

15 avril 2006

Obscur-clair

Le clair-obscur. C'est peut-être de secret des oeuvres les plus fortes du Caravage ou de Rembrandt. Manière pleine d'équilibre et de contrastes qui fait ressortir toute l'intensité d'une scène.

Faire ressortir l'intensité d'une scène, d'un paysage, d'un moment. Comme le faisait ma grand mère dans ses lettres. Ses lettres qui m'arrivaient chaque semaine. Chaque semaine depuis le début de ma sup, elle m'écrivait. Pour me raconter un souvenir ou le soleil de printemps qui éveille doucement la nature. Pour me dire ce qui pèse dans une vie, me dire le poids de l'amour. Elle m'écrivait comme on lègue avec sagesse, petit à petit. Comme on transmet un savoir accumulé sur toute une vie. Une belle vie, parfois dure mais toujours pleine d'une espérance qui ne l'a jamais quittée.

Chaque semaine, elle m'écrivait. Sa manière à elle de m'accompagner durant toutes ces années.

Et peu à peu, les lettres se sont faites plus courtes, plus denses. Les lignes moins droites, le trait plus malhabile. Peu à peu, sa vue a baissé. Peu à peu, il lui a fallu accepter de ne plus pouvoir écrire, de ne plus pouvoir raconter. Peu à peu, elle n'a plus pu qu'aimer. Et moi, je n'ai peut-être pas su voir, pas su écouter. Pas su être là.

L'obscur-clair. Je crois que je n'ai pas d'autre mot pour parler de ce que j'ai compris de ces longs mois où ses yeux l'avaient trahie. Obscur-clair, parce qu'elle ne pouvait plus écrire, parce qu'elle ne voyait plus vraiment. Mais obscur-clair, parce qu'au delà de cette souffrance et de ce renoncement, elle vivait de cette espérance qui ne l'avait jamais quittée. Obscur-clair, parce qu'à présent, elle me disait son amour de la manière la plus simple et la plus sobre qui soit. La plus lumineuse aussi.

Et puis, elle est partie, partie rejoindre son mari qui l'avait quittée trop tôt, 40 ans plus tôt, presque jour pour jour. Elle est partie au terme d'une vie, belle, parfois dure, toujours pleine d'espérance et surtout lourde. Lourde d'amour.

Merci, Mam. Merci.

[aussi en guise de réponse...]

14 avril 2006

A mille milles de toute terre habitée

Non, mes parents que je suis descendu voir ce week-end n'habitent pas au milieu de nulle part (quoique je n'ai changé d'avis sur cette question qu'assez récemment...).

Non, il s'agit juste d'un fragment qui m'est revenu dans le train alors que je rêvassais en lisant (oui, je rêvasse beaucoup en lisant ces jours-ci, et le mûrissoir ne se vide que plus doucement...).

Un fragment du Petit Prince, si ma mémoire est bonne. Pour des raisons que j'ignore, je trouve à ces quelques mots une véritable poésie, un petit goût d'aventure, authentique et suranné, qui vous prend, comme ça. Et qui vous emmène, doucement, imperceptiblement, à mille milles de toute terre habitée.

13 avril 2006

tiiing-tiiing

[le bruit d'un couteau sur un verre en cristal...]

J'ai une annonce à faire : la partie de rapport dont j'ai accouché dans des conditions relativement douloureuses difficiles est officiellement et définitivement validée.

(et l'heureux papa, à peine remis de couche - oui, bon, j'exagère un peu, ça doit faire une semaine qu'on est en train de peaufiner les virgules - ne peut plus la voir même en photo - alors ne parlons pas de la lire - et s'octroie généreusement un jour de vacances pour fêter ça ! hum... ça fait du bien, croyez-moi !)

(et si vous vous en foutez, tant pis pour vous, ceci est un billet 100% nombrilo-centré, parfois, ça aussi, ça fait du bien !)

[si, souvenez vous, vous en aviez eu un petit aperçu, ou ... pardon ? qu'est ce qu'il y a dedans ? ben, je ne peux pas trop vous dire... enfin, moi, je trouve que ça ressemble à un catalogue d'art contemporain : des images bizarres et des textes alternativement abscons et évidents, mais il paraît que ça plait... un vrai catalogue d'art contemporain.]

Office des ténèbres

Deus meus clamabo per diem, nec exaudies :
in nocte, et non ad insipiendam mihi.


L'Office de ténèbres, c'est un de ces offices de la semaine Sainte, hérités de la tradition monastique et qui nous a valu quelques magnifiques oeuvres de musique sacrée (Lassus, Couperin). Au cours de cet office, égrenant les psaumes, on éteint progressivement toutes les lumières... Retenu, sobre sans être vraiment sombre. Manière d'entrer dans le Triduum, rentrer dans la solennité des jours qui précèdent Pâques. Se taire, écouter...

Mon Dieu, je crierai tout le jour et tu ne m'entendras pas :
pour moi, ce sera la mort et non par manque de sagesse. Ps 21 (22)

12 avril 2006

Je préfère les timbres...

Rien de tel qu'un bon policier.

La sortie de la semaine, c'est évidemment Inside Man. Le dernier Spike Lee, très unanimement salué par la critique, met en scène un braquage original.

Manhattan. Un commando de quatre personnes investit le siège historique d'une de ces grandes banques américaines. Grimés en peintres en bâtiment (combinaisons et capuches noires*, lunettes de soleil, masques et gants blancs), ils prennent possession de l'agence et retiennent une cinquantaine d'otages (clients et employés) rapidement sommés d'enfiler la même tenue anonyme que leurs agresseurs. Manifestement très préparés et très professionnels, les braqueurs (Steve, Stevie, Steve-O, etc.) semblent suivre une logique originale qui échappe au detective Keith Frazier (Denzel Washington)...

Certes, on passe un bon moment. Certes, le ressort de l'intrigue est original (bien qu'on ait déjà vu les voleurs se dissimuler dans une foule de clones dans Thomas Crown, le remake de l'affaire Thomas Crown, où la scène des Magritte est magistrale... et bien qu'à certains égards, on retrouve l'esprit d'Ocean's Eleven). Certes... Mais, je vous l'avoue, on perce trop vite le truc. Dommage.

Enfin, même si Inside Man laisse un "je ne sais quoi" de déception, ce billet sera l'occasion de parler d'un film policier argentin qui, lui, est vraiment excellent.

Les Nueve Reinas, c'est une série de timbres rarissimes. Non, en fait, il faut reprendre au commencement : Juan et Marcos sont deux petits arnaqueurs sympathiques, habiles mais sans envergure du Buenos Aires de la fin des années 90. Ils se rencontrent un peu par hasard. Durant vingt-quatre heures, ils vont s'associer pour voler et revendre la planche. Vingt-quatre heures contre la montre.

Je ne vous en dirais pas plus, si ce n'est qu'il y a une intrigue très bien ficellée, un rythme très enlevé, une atmosphère très argentine (et très contemporaine)... Dépaysant, époustouflant. Dans la lignée de The Game (une référence en la matière).

Miscellanée : je ne connais qu'un seul autre policier qui exploite l'idée du timbre, Charade (avec Gary Grant et Audrey Helpburn), petit voyage dans le Paris du début des années 60 vu par le cinéma américain...

Inside Man, 2006 de Spike Lee avec Denzel Washington (Detective Keith Frazier), Clive Owen (Dalton Russell) et Jodie Foster (Madeline White).

Nueve Reinas (Neuf Reines), 2003 de Fabián Bielinsky avec Gastón Pauls (Juan), Ricardo Darín (Marcos) et Leticia Brédice (Valeria).

* Dans un souci de précision, on dira blanches puis noires...

Au Japon aussi

Le printemps arrive... et chez the bitter*girl, ça donne ça (et si vous êtes assez bête pour pas aller voir, je crois que je ne peux vraiment rien pour vous ! (: ):




Billet d'humeur inspiré par un coin de ciel bleu...

[crédit photo : ben, je vous laisse deviner]

Méta-billet

Assis dans le métro, les yeux mi-clos, un livre à la main. Je ne lis pas, je pense. Je ne pense à rien. Je me dis : "tiens, une idée de billet : comment naissent les billets ?"*

Et bien, les billets naissent comme ça... des minuscules petits riens du quotidien. Certains naissent au saut du lit, dans les quelques pas qui vont de ma couette à la douche, un matin où la météo m'a foutu le blues, sans raison, qui plus est...

D'autres naissent à la charnière de deux phrases, au détour d'un paragraphe, au hasard d'une page d'un roman bien tourné. "Si, parmi tant de souvenirs qui alourdissent déjà de leur charge mélancolique une vie dont la capacité fut élargie au-delà du normal par le jeu, les circonstances et une ardeur désordonnée, je choisis celui-là..."**

D'autres encore naissent en sortant de la séance de 22h, dans une absence à table, au retour d'un dîner, en lisant d'autres blogs ou le journal, au milieu d'une conversation téléphonique, etc. sous le coup d'une impulsion subite : cette idée, cette image, cet instant je pourrais en parler, il faut que je raconte ça...

Certains sont parfois un peu prématurés tandis que d'autres prennent leur temps, comme s'ils étaient bien, là-haut, dans ma tête. Pas encore prêts. Un peu frileux, comme une rose de mes amies que j'ai rencontrée un jour. Elle avait poussé sur un tout petit astéroïde dont on a vite fait le tour, avec ses trois volcans. Une planéte tellement petite qu'il faut arracher les baobabs quand ils sont tout petits, sinon...

D'autres enfin naissent comme ça, parce qu'il faut. Ils naissent au fil du clavier, pressés de me quitter pour venir faire le beau ou l'intéressant devant vous (ils sont un peu espiègles et parfois, ils manquent de confiance en eux... excusez-les, ce ne sont que de petits billets sans intérêt !).

Ainsi naissent les billets. Et celui-ci ? Et bien, j'étais assis dans le métro, un livre à la main, les yeux mi-clos...



* Dans un langage moins châtié (pourquoi faire mal au langage pour qu'il se tienne bien ? pourquoi faudrait-il toujours souffrir pour être beau ?), ça pourrait aussi donner : "tiens, c'est vachement bloggable ça !"

** Joseph Kessel, Dames de Californie, je ne vous ai pas encore dit que Kessel... non, c'est pas possible. Bon, bah, faudra revenir pour le (les ?) prochain billet Apostrophe, obligé !

[le titre initial, Le théorème de Gödel et le méta-billet, était tellement abstrus que je ne suis même pas certain de le comprendre (je veux dire le titre, le théorème, j'ai renoncé depuis longtemps...) et puis, oui, j'ai pas grand chose à raconter en ce moment, tout va trop vite : changement de travail, déjeuners, dîners, livres... il faudrait que je me pose ; d'ailleurs, que je renonce à lire dans le métro, c'est un symptome qui ne trompe pas ! tout va trop vite, mais tout va si bien...]

[crédit photo : sxc.hu]

10 avril 2006

Comme un lundi matin

[décidément toujours très inspirant ce lundi matin...]

xx:xx (tôt ce matin) : je me réveille (pas trop vite) en écoutant la météo (important pour optimiser le combiné du matin : comatage* - douche - comatage - habillage - comatage - claquage de porte - comatage - métro en mobilisant un minimum de neurones). Bref dans un demi sommeil*, j'attrape quelques bribes :

retour de l'hiver... 4°C... pluie et neige mêlées sur Paris... 11°C de maximum... puis nappes phréatiques encore basses... pluies en avril nécessaires...

Prenant mon courage à deux mains, je me retourne et somnole puis sombre vraiment de l'autre côté du monde (celui dans lequel il est assez normal de marcher au plafond ou de faire une présentation en turkmène à des esquimaux). Je reviendrai plus tard.

Trop tard finalement. Résultat : je suis en retard, il fait beau (et je n'ai pas pris mes rollers pour rentrer ce soir, flûte*** !).


* Je ne suis pas sûr de l'orthographe : mon dictionnaire ne connaît pas comatage. Comatation non plus, d'ailleurs...

** Ou profond coma (puisqu'il semblerait que comatage n'existe pas, ce qui est bien dommage, car la définition n'est pas très compliquée :

comatage [kCmaTag] n. m. (seconde moitié du XXème siècle; gr. kôma "sommeil profond")
État pathologique caractérisé par une altération des facultés sensorielles et cognitives, un irrépressible besoin de s'écrouler sur un lit (ou un fauteuil voire au sol et d'y rester le cas échéant) avec une conservation relative des fonctions végétatives.
Comatage dépassé : comatage très profond et total où la survie est assurée uniquement par des moyens artificiels (psychotropes ou autres boissons à forte teneur en éthanol, par exemple... suivant la recommandation officielle de l'Académie de médecine, on parlera aussi de mort cérébrale). Comatage ethylique.

enfin, ce sera peut-être pour la dixième édition du Dictionnaire...)

*** Comme je disais il n'y a pas longtemps, il va falloir que je surveille mon langage, quelqu'un à vendu l'adresse de mon blog à ma mère... Putain, fait chier, on peut plus être tranquille nulle part ! Euh, oui, Maman, promis, je t'appelle... dès que je peux. Ah, et, euh... bon anniversaire ! Ben, si... c'était pas en février ?

09 avril 2006

Persistence rétinienne

Le récit de mon retour dans les salles obscures, après le teasing de vendredi (et parce que je suis un garçon conséquent)...

Je n'avais jamais vu le making of d'un livre. Et bien, c'est fait* et c'est bien fait**. Truman Capote, c'est l'histoire de l'écriture de In Cold Blood (De sang froid), le chef d'oeuvre de l'écrivain américain. Un tour de force à (au moins) deux égards.

Le premier, qui n'est pas le moindre, c'est de faire un film sur l'écriture d'un livre qui ne soit pas une adaptation du livre. Mieux, qui ne soit pas un spoiler***. J'avais commencé à lire Capote en janvier ou février - indépendamment de la sortie prévue de Truman Capote, comme ça, sur un coup de tête, en tombant sur le Capote's Reader en librairie, et j'en étais arrivé à De sang froid au moment de la sortie du film (et j'avais un peu les boules d'attaquer le bouquin que tout le monde est en train de lire... je n'ai toujours pas lu Da Vinci Code, pour vous dire...) et je crois que je vais reprendre ma lecture...

Le second, c'est la brillante performance d'acteurs. Et particulièrement celle de Philip Seymour Hoffman qui réussit à rendre toute la palette complexe des sentiments, attitudes et états d'esprit d'un écrivain égocentrique mais sensible, aussi manipulateur que torturé, en quête son Graal : une non-fiction novel, "the book [he] was always meant to write" (et qui, indubitablement, mérite son Oscar - meilleur acteur dans un premier rôle).

Le synopsis est simple (l'écriture d'In Cold Blood, depuis la colonne des faits divers du New York Times jusqu'à l'exécution des assassins), l'angle, très psychologique ce qui n'était pas sans risques, est original et réussi, la photo parfois remarquable. Et au final ? Je n'aurais pas su ce que je ratais... il était temps que je retourne dans les salles obscures.

Pour faire bonne mesure, et parce que le soleil n'était pas vraiment de la partie hier en fin d'après midi après une bonne promenade (et une partie des trucs en -age qui s'imposaient ce week-end), j'y suis retourné.

Une sorte d'alter ego italien du diptyque Bienvenue au Club - Le cercle fermé de Jonathan Coe. C'est ce que je me suis dit en sortant de Romanzo Criminale. L'histoire d'une bande d'ados romain qui, au début des années 70, se lance à la conquête de Rome. Plongée dans les profondeurs de la Rome interlope, avec en toile de fond, les années de plomb, l'enlèvement et l'assassinat d'Aldo Moro, l'attentat du 13 mai 1981 contre Jean-Paul II...

Une histoire à l'intersection de mondes souterrains (services spéciaux, groupuscules clandestins, mafia, malfrats, militants d'extrême gauche, etc.), loin des clichés (on ne trouve pas que le calme de la Trinité des monts en montant les marches de la Piazza di Spagna...) mais vraiment romaine (la Madonna dei Pellegrini du Caravage, les ruelles du Campo de fiori, etc.). Une histoire violente comme le crime et tragique comme l'opéra, des personnages attachants et la chanson d'un italien qui dit avec la même force "je t'aime" que "va te faire foutre"... Dommage que je n'ai pas pu aller le voir avec Pé ou BG, avant de finir la soirée dans un petit italien à projeter un futur week-end à Rome (au programme : terrasses, Caravages, Bernins, Trastevere, j'arrête, ça va vraiment me donner des idées !).

Et puis, en retournant au ciné, je me rends compte qu'il y a un paquet de films prometteurs qui s'annoncent : Inside Man, Sophie Scholl, V pour Vendetta, The Secret life of words, etc. (et l'Age de glace 2, [message personnel pour Tonfa et Mlle B. : vous venez ? après on pourrait aller lézarder au Luxembourg... :)]). En avril, c'est 24 images par seconde trois fois par semaine.

Truman Capote (Capote), 2005 de Bennett Miller avec Philip Seymour Hoffman (Truman Capote), Katherine Keener (Harper Lee) et Clifton Collins Jr. (Perry Smith).

Romanzo Criminale, 2005 de Michele Placido avec Kim Rossi Stuart (Il Freddo), Anna Mouglalis (Patrizia), Pierfrancesco Favino (Il Libanese), Claudio Santamaria (Dandi), Stefano Accorsi (Commissario Scialoja) et Jasmine Trinca (Roberta - [...] (: )


* Vedi, aurait dit C.

** Le making of en question, pour ceux qui ne suivraient pas (je mets un conditionnel parce que, comme vous êtes tous supérieurement intelligents, c'est très hypothétique... non, en fait, je mets un conditionnel parce que je me suis fait chambrer sur ma conjugaison originale - c'est à dire assez peu orthodoxe - de ce magnfique temps trop peu employé et qui permet pourtant de voyager dans des univers parallèles passionnants... ou de faire des suppositions idiotes).

*** Allez voir nos amis québecois pour une traduction française (enfin, si on veut), moi, je sèche...

On Air

Everyday there's a boy in the mirror
Asking me what are you doing here
Finding all my previous motives
Growing increasingly unclear

~

If you wanna be my friend...

~

I walked around for hours, two ten pence pieces in my hand
I was alone and freezing, still trying hard to understand you

I left the others knowing, I had to work this by myself
But now the feeling's growing, I would be better off with their help

I wish I had your scarf still, that once embraced and kept me warm
I wish you could be with me, in these last days when I am still hopelessly poor


Encore des scandinaves... Riot On An Empty Street, troisième album de King of Convenience. Accoustique, subtil, mélancolique et léger. Parfait pour un dimanche après midi à l'heure de l'armagnac ou du café. Ou pour blogger tranquillement pendant que chacun vaque.

[dédicace spéciale à qui de droit... : I loose some sales and my boss won't be happy / But I can't stop listening to the sound / Of two soft voices mended in perfection / From the reels of this record that I found]

Small pieces of my life

Ma vie, en rouge (parce que c'est définitivement une couleur... ben, parce que j'aime bien le rouje rouge, mais non, ce n'est pas une fixation ! et puis j'ai encore du bleu dans les cartons, et du vert, du jaune... on verra).




07 avril 2006

On Air

Like every city needs a distance, every sky demands a moon
Every winter needs a snowfall, every summer wants a June

And every minute needs the hour, every day demands a night
Every giant supernova, it’s the city with your light

I don’t need no superheroes, I don’t care for Gods with wings
I hear teardrops on the pavement when Lady Stardust sings



Entendu par hasard par ici... bien aimé, attrapé trois bribes et googlé en douce. Verdict : Lady Stardust de Lisa Miskovsky, et encore une petite découverte de Scandinavie (souvenez-vous, Thomas Dybdahl). Merci...

[edit : Parfois, il se passe des choses surréalistes. Surréalistes mais sympathiques, pour reprendre l'expression consacrée.]


Des trucs que je veux faire ici...

Technique un peu éculée depuis que Cortés (ne pas confondre avec les Cortès, assemblée parlementaire espagnole) a brûlé ses bateaux : faire des annonces publiques pour se contraindre à faire les choses. Going public as a self commitement device... Bref, à un horizon plus ou moins lointain et défini, je voudrais :

- refaire et personnaliser la présentation de ce blog (et faire un blogroll et... ouais, vous verrez);
- faire des billets intelligents sur mes dernières lectures ;
- retourner au cinéma et faire des billets intelligents... (vous avez compris & je suis paresseux) ;
- raconter le printemps qui arrive enfin, après un hiver trop long (c'est prouvé scientifiquement, madame... je l'ai entendu à la radio ce matin) ;
- être heureux sans en avoir l'air (enfin, un peu quand même parfois) et trouver les mots pour le raconter...

Mais en attendant, je vais surtout profiter d'un week-end qui s'annonce magnifique pour voir des amis, me promener (éventuellement avec mes amis, hein, histoire de faire deux choses à la fois...), dormir (euh, sans mes amis, enfin, vous n'y aviez pas pensé), lire au soleil, bruncher au soleil, rien faire au soleil, aller au ciné (pas pratique d'aller au ciné au soleil, enfin, on verra)... et puis aussi des petits trucs bien contingents du week-end (lessivage, repassage, rangeage, reposage, moulage et grasse matinage...).

'tain, j'ai une vie trop intéressante... ah, oui, un dernier truc pour mon blog : ne pas refaire de billet "ma vie trop ordinaire qu'elle est trop pas intéressante et que je vous saoule avec ça sans vergogne", un peu comme celui là. C'est le problème de ce type de self commitement device, ça vous fait quitter mon salon pour vous emmener dans mes communs et,
comme chacun sait, il est plus difficile d'etre un heros pour son valet que pour son biographe...

Reprendre ses marques

où Monsieur Jean reprend ses activités bloggesques après une (éprouvante petite) interruption...

Le Robert définit la charrette comme un nom féminin apparu dans la langue française au XIème siècle (avec un usage avéré en 1080), dérivé de char. Voiture à deux roues, à limons, à ridelles, servant à transporter des fardeaux, la charrette s'est fait un nom avec la charrette des condamnés qui servait à conduire les condamnés à la guillotine pendant la Terreur, d'où, au figuré : groupe de personnes sacrifiées, licenciées et l'expression faire partie d'une charrette. Plus d'actualité dans mon cas, la charrette désigne aussi une période de travail intensif pour terminer à temps un projet urgent ; avec le traditionnel "L'architecte a une charrette ce week-end." On trouve aussi les expressions être en charrette et être charrette (avoir beaucoup de travail urgent).

Evidemment, vous voyez où je veux en venir : en plus de me plaindre - je me plains beaucoup, n'est ce pas ? - il s'agit de préciser que (i) c'est par la force de choses que j'ai été absent ces deux derniers jours et donc que (ii) mon sevrage n'est pas encore un succès...

Bref, je reprends mes marques... avant de changer encore (un tas de choses dans ma vie, bientôt). A suivre ?

[je voulais mettre en illustration les magnifiques tableaux d'art contemporain que j'ai réalisés ces jours-ci, mais j'ai un peu de mal...]



Finalement, c'est rassurant, je sais toujours faire un billet sans intéret ! Hello world, I'm still me... Et puis, je ne résiste pas (en même temps, vous en crevez d'envie...) :

limon [limT] n. m. (1160; probablt d'un rad. gaul. lem- "traverse") - Techn.
1. Chacune des deux pièces de bois entre lesquelles on attelle le cheval.
2. (XVIe) Noyau d'un escalier, dans lequel sont engagés les abouts des marches, et la balustrade du côté du vide.

et

ridelle [YidDl] n. f. (1383; reidele XIIIe; moy. haut all. reidel « rondin »; cf. all. Reitel)
Châssis à claire-voie disposé de chaque côté d'une charrette, d'un camion, etc., afin de maintenir la charge.

d'ailleurs, j'aime bien le côté "self defining" de la charette à ridelles et de la ridelle de la charette. De la difficulté d'écrire un dictionnaire (et où l'on comprend pourquoi la neuvième édition du Dictionnaire de l'Académie française, dont la publication a été commencée en 1986 et devait s'achever pour l'an 2000, est toujours interrompue à onglette dont vous n'êtes pas sans savoir qu'il s'agit d'un petit burin utilisé par les graveurs... charrette, les Immortels ?)


PS : euh... j'ai encore un truc idiot à raconter. Il n'y a pas très longtemps, c'était l'anniversaire de mon petit frère. C'était aussi l'anniversaire du premier secrétaire d'Etat (américain) de couleur. Ce qui est drôle, c'est que mon anniversaire coincide avec celui de la deuxième femme secrétaire d'Etat qui est aussi la deuxième personne de couleur à occuper ce poste. Oui, bon, je vous avais dit que c'était un truc idiot... bon, si on voulait vraiment faire plus intello, on aurait aussi pu dire que le 5 avril 1614, c'était le mariage de Pocahontas John Rolfe et partir dans une longue digression sur le respect de culture, la (les) colonisation(s), tout ça, tout ça... mais ça vous fait aussi une belle jambe, hein ? by the way, bon anniversaire Tonfa.

04 avril 2006

Is the seat taken?



C'est toujours amusant les rencontres impromptues. Apercevant une silhouette de dos, on se dit "tiens, ce ne serait pas... ?" Ou alors, là, au hasard d'un trajet inhabituel en métro, après quelques instants d'interrogation muette : "excusez-moi, on se connait ?" Ou encore, assis sur un banc, un ami : "mind if I seat here ?"

Allez, il reste de la place. Même pas besoin de nous serrer... et bienvenue.

[sybillin billet pour saluer l'arrivée de quelques amis par ici et là-bas et aussi un clin d'oeil pour... ben, quelqu'un (tu l'avais vue, n'est ce pas Mlle B ?)]

[crédit photo : the bitter*girl]

Lumières

Grands Boulevards, le 3 avril vers 20h30.

Douceur d'un soir de printemps qui tombe. Lumière rasante, terrasses accueillantes, passants heureux. Aller d'un pas tranquille.

Grands Boulevards, le 4 avril vers 07h50.

Gaité d'un jour déjà levé. Belle lumière encore un peu froide, la ville commence à s'activer doucement. Promesse d'une journée de printemps ensoleillée. Aller d'un pas tranquille.

Le couvercle qui d'habitude scelle le ciel de Paris est tombé... lumières d'un changement de saison.

03 avril 2006

Nulle part

Autant mon billet précédent relevait du n'importe quoi, "défouloir" d'une journée du peu tendue, autant celui-ci n'appelle aucun commentaire...

Dans Le Monde de ce soir, Un curé sur les traces de la "Shoah par balles" ; l'histoire du P. Patrick Desbois, secrétaire du Comité épiscopal des évêques de France pour les relations avec le judaïsme, qui vient de passer six ans à recueillir les derniers témoignages de l'extermination des Juifs d'Ukraine à partir de 1941, Shoah ignorée et mal connue.

Comme à chaque fois, un sentiment de malaise : "où aurais-je été ? aurais-je eu la clairvoyance ? le courage ?" Etre un homme juste n'est jamais acquis. Je ne pourrais pas croire quelqu'un qui me dirait : "moi, j'aurais su, j'aurais été..." ou "moi, jamais." Nous sommes si vulnérables au mal.


Douloureux rappel de ce nulle part absurde, lancinant appel à chercher la justice, poursuivre la paix et faire le bien.

Et comme unique réponse, comme seule réponse possible, ces psaumes qui montent du fond des temps, héritage du peuple Juif. Réponse fragile, humble et portant confiante, portée au travers des siècles par mes frères aînés.

Garde-moi, mon Dieu :
j'ai fait de toi mon refuge. Ps 15 (16)

[simplement parce que c'est ce que m'inspire la lecture de cet article,
parce que c'est mon blog... seulement quelques lignes écrites comme pour exprimer quelque chose que l'on n'écrit jamais, ou trop rarement, quelque chose que m'habite et que je ne peux pas taire... avant que le silence - seul discours possible - ne se fasse à nouveau, non plus sur un vague souvenir mais, à présent, lieu d'une mémoire avivée et d'une conscience plus exigeante]

Le dilemme du lundi

Le lundi, ce n'est pas seulement "le jour qui suit le dimanche et précède le mardi", où l'on enregistre le pic hebdomadaire de consommation de ravioli et au cours duquel les salamalecs traditionnels* "ça va ?" "ça va..." s'enrichissent d'un "... comme un lundi."

Le lundi, c'est aussi le jour du dilemme : ce matin, comme tous les (lundis) matins du monde, des milliers de mails voyagent sur la toile pour résoudre un problème dont la substance est simple : comment organiser les soirées de la semaine, décaler ce qui avait été prévu depuis des lustres le mercredi soir sans le remettre aux calendes grecques, tout ça parce que mercredi, finalement, c'est absolument impossible et que, somme toute, jeudi c'est mieux... (je dis jeudi mais ça pourrait tout aussi bien être mardi ou mercredi, mais si je dis jeudi, c'est plus drôle, c'est Jacques qui l'a dit... comprenne qui pourra).

Les arguments les plus débiles et les moins pertinents sont recevables :

mode "parfois, faut pas chercher à comprendre, c'est juste de la mauvaise foi" : Tu peux pas dire jeudi ? jeudi, c'est bien non ? c'est juste avant le vendredi et le vendredi, c'est un jour vachement bien parce qu'ensuite, c'est le week-end et que le week-end, bon, ben... merde flûte**, jeudi, PLEASE !!!

mode "je travaille dans un cabinet de conseil en stratégie, en organisation, en innovation, en propriété intellectuelle et en pipotages divers et variés" : Jeudi. Oui, jeudi, parce que la norme ISO 8601 désigne le jeudi comme le milieu de la semaine.

mode "ma vie mondaine (on en a déjà parlé, c'était aussi un mercredi, d'ailleurs)" : Mercredi matin, le roi, la reine et le petit prince [viendront] chez moi pour me serrer la pince, mais comme j[e serai] encore à Stuttgart, le petit prince [dira], puisque c'est ainsi, nous reviendrons jeudi...

En revanche, la contre-offensive classique "Non, impossible jeudi : j'ai piscine" développée par André Suchardon (in Guérir sans effort) n'est pas valable, il y a longtemps que le réveil jeudi à xx:xx (trop tôt) pour aller à la piscine ne fait plus qu'interrompre brièvement l'état de somnolence matinale profond de votre serviteur...

Bref, à l'heure qu'il est, le dilemme du lundi n'est pas encore résolu... mais de toutes manières, mercredi, je ne pourrai pas !


[NdA : billet librement inspiré d'une situation réelle, toute similitude avec des personnes ou des mails existant ou ayant existé n'est pas fortuite... et du coup, je me mets à jour sur l'accord du participe présent ! et pour ceux qui n'auraient pas tout suivi des allusions plus ou moins fines, je vous renvoie à une semaine de co-blogging avec Voutch début janvier - oui, enfin, co-blogging, je m'entends, c'est pour pas dire plagiat !]

[edit spécial de 3:50 pm (mode auto-critique chinoise on) : devant la contestation grandissante (rien à voir avec le CPE) et avant qu'il ne soit trop tard, je présente mes excuses à tous les protagonistes de cette sombre histoire de guerilla sud-américaine de mercredi prochain. Je ne voulais léser personne, je ne voulais insulter personne, je reconnais que l'expression "dilemme du lundi" n'est pas de moi, j'aime bien les gens qui travaillent dans les cabinets de plein de choses et qui jouent du pipeau toute la journée, ça nous fait déjà un truc en commun, vu que moi aussi, je suis musicien... euh, ça suffit ou il faut encore que je me fasse hara-kiri
seppuku ? - j'étale ma culture nippone avant de mourir...]

[edit de 5:30 pm : ma boite mail commence à chauffer... je me fais lyncher ! Et pendant ce temps là, il n'y a plus de rideaux à ma fenêtre et Alice dort dans mon lit, Charlotte avoue qu'elle se lève avec France, certain se demande ce que je fais pendant qu'il sera en vacances
train de travailler comme un fou à Alicante, Mlle B semble très inspirée par le printemps mais reste d'une humeur encore un tantinet hivernale, Tonfa dort - ben oui, sept heures de décalage - d'autres sont toujours dans le Sud, mon dossier est complètement retoqué, la plupart de mes lecteurs ne doivent plus rien y comprendre et mon blog devient un skyblog... l'angoisse en quelque sorte.

Ca ne va plus du tout... Il est temps de recentrer ce billet : je voulais juste parler du dilemme du lundi, petit artefact de la vie parisienne qui survient le lundi matin et qui fait suite à cet instant du dimanche soir dont j'ai déjà parlé il y a très longtemps (juillet, ce blog était encore un tout petit bébé blog à l'époque). Bref, on arrête les digressions, les mails qui volent avec des noms d'oiseaux (qui volent aussi, les noms dans les mails et les oiseaux de leurs propres ailes) et on travaille, non, parce que hein... et dire que je pensais être sevré ; pire qu'une drogue ce truc !]

* je ne vous ai jamais raconté qu'étymologiquement, la salutation "ça va ?" ne s'applique pas à une humeur mais tend à qualifier le transit intestinal de votre interlocuteur ? Non, je ne crois pas... mais comme je pars déjeuner, je ne vais pas vous raconter.

** c'est parce qu'on m'a signalé que mon langage se relâchait ces derniers temps...

02 avril 2006

Su(d)spension de séance

Le sevrage par le voyage, très bonne méthode, finalement...

De retour d'un week-end dans le Sud... Calanques, soleil, paysages magnifiques, je sens déjà monter une certaine nostalgie sudalgie.


Et comme Cambridge a perdu la Race Boat, le récit de mes aventures sur les bords de la Cam (que j'avais vaguement promis il y a quelques jours au cas où), ce sera pour une autre fois. De toutes manières, j'ai encore dans les yeux la lumière du Midi et sur le peau la caresse d'un doux soleil printanier (juste atténuée par un peu de Biafine...). Promenade dans le massif de la Sainte Baume, déjeuner en terrasse au bord de la mer, pause méditative et contemplative dans une calanque reculée et tranquille, là tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté...