Vivons heureux sans en avoir l'air
Petite chronique de la vie, comme elle est...

28 février 2006

Votre correspondant à l'Ecole polytechnique est décédé...

...veuillez le rappeler ultérieurement ou lui laisser un message après le bip.

Quand j'étais petit plus jeune, je trouvais (ce pastiche de) mon annonce de répondeur totalement irresistible. D'autant plus irresistible que la (possibilité technique de) consultation du répondeur sus-nommé était assez aléatoire, laissant le malheureux correspondant totalement ignorant d'un éventuel message que vous auriez pu lui laisser. Et que l'absence de réponse de sa part pouvait suggérer (à tort, je vous rassure) le décès brutal et inopiné du dit correspondant. [nda : c'est clair et passionnant, hein ?]

Non, tout ça pour dire que la fréquence de mes posts risque d'être assez aléatoire dans un avenir proche, alors, n'allez pas en conclure que

Votre correspondant à l'Ecole polytechnique est décédé...

27 février 2006

Histoires de tulipes

Des choses bizarres... L'une des premières bulles spéculatives dont nous ayons quelques traces remonte à 1637. Il s'agissait d'un engouement complètement déraisonné pour les bulbes de tulipes en Hollande (on a ainsi enregistré une vente à 6 000 florins pour un bulbe - à rapporter à un revenu annuel moyen de 150 florins). Cette Tulipmania a aussi donné naissance à des marchés dérivés du bulbe de tulipe (futurs sur bulbes). Bref, vous en trouverez encore plus ici (merci qui ? merci wiki...).

Pourquoi je vous parle de tulipes ? Ben, parce que certains (et j'ai les noms des coupables...) se répandent sur un magnifique bouquet de tulipes :


qui malheureusement a passé depuis quelques temps déjà...



Alors on se calme, hein ! C'est pas la peine de pourrir mon joli blog avec vos disputes à deux balles... :)

PS : oui, je sais, je suis hyper réactif...

24 février 2006

[miscellanée] Faux amis

On confond souvent parfois certains mots ou expressions. Ainsi tout le monde a buté un jour sur eventuellement et eventually. Les faux amis ne sont pas seulement un piège franco-anglais ou anglo-français. On trouve aussi des faux amis franco-français, par exemple : aménager et emménager.

L'appellation faux ami n'est guère attestée dans les grands dictionnaires du français contemporain, à l'exception du Trésor de la langue française et du Nouveau Petit Robert. Ce terme propre à la linguistique appliquée à l'enseignement des langues est particulièrement utilisé dans l'apprentissage de l'anglais aux francophones ou du français aux anglophones.

"Employé pour la première fois par Koessler et Derocquigny (Les faux amis ou les trahisons du vocabulaire anglais, Vuibert 1928), désigne les mots d'étymologie et de forme semblable mais de sens partiellement ou totalement différents. Ex. : angl. actual = fr. réel, fr. actuel = angl. present" (Mounin et al. 1974 : 139).

Contrairement à une idée couramment admise, c'est donc la désignation anglaise false friend qui est un calque du français. Les linguistes anglophones recourent d'ailleurs parfois à l'emprunt pur et simple de la forme faux ami, les plus puristes préférant le terme false cognate.

"False cognate [...] also faux amis, false frienda word which has the same or very similar form in two languages, but which has a different meaning in each. The similarity may cause a second language learner to use the word wrongly. For exemple the French word expérience means 'experiment', and not 'exprerience'. French learners of english might thus write or say : Yesterday we performed an interesting experience in the laboratory." (Platt, Richards et Weber 1985 : 103)

Dans la mesure où l'usage en langue française ne paraît pas encore fixé, on peut choisir, à l'instar de Colignon et Berthier (1985), d'utiliser le syntagme faux amis dans un contexte monolingue. Cette désignation semble, en effet, particulièrement adéquate pour désigner les unités lexicales dont la forme ou le sens sont susceptibles d'introduire la confusion dans l'esprit du locuteur.

En règle générale, les faux amis relèvent de l'homographie*, l'homophonie**, l'homonymie***, la parasynonymie**** ou la paronymie*****. Il peut aussi s'agir d'expressions proches******.


* Des signes sont déclarés homographes lorsque leurs signifiants respectifs présentent une graphie rigoureusement identique, sans pour autant se prononcer de la même manière.

** Des signes sont déclarés homophones lorsque leurs signifiants phoniques respectifs sont identiques, mais ne s'écrivent pas pour autant de la même manière.

*** Des signes sont déclarés homonymes lorsqu'ils sont tout à la fois homographes et homophones et possèdent des étymologies différentes.

**** Parasynonymie ou proximité sémantique : quand bien même ils relèvent d'un même champ sémantique et peuvent, à ce titre, faire l'objet d'un renvoi analogique dans Le Robert, certains mots ne doivent pas être confondus.

***** Les paronymes sont des mots dont les signifiants (phoniques et/ou graphiques) respectifs sont relativement proches alors que leurs signifiés sont distincts.

****** Certaines expressions figées présentent une proximité de forme, voire de sens.

source : Mille faux amis en langue française et une longue liste presque exhautive. [nda : oui, bon, en même temps, les bières belges, c'est plus intéressant que la linguistique, je vous l'accorde...]

D'un extrême à l'autre

Je fais le plein de nouvelles après m'être trop longtemps traîné cette suite de pavés. Kessel, Capote. Capote, Kessel pour cette semaine. En plus de la longueur, l'avantage des nouvelles c'est souvent le rythme et l'atmosphère. Portraits rapidement brossés, à l'essentiel. Atmosphère suggérée. Et, le plus souvent, du rythme, du supense ou du moins un tour original et de l'esprit.

De ce point de vue, Cercueils sur mesure de Truman Capote est vraiment réussi. Une histoire, une intrigue, des procédés de narration variés et inventifs au service d'un rythme et d'une atmosphère... Prenant et réussi.


Je ne vais pas vous faire la quatrième de couverture. Il suffit de savoir que c'est une sombre histoire de meurtres en série. D'un flic qui enquête jusqu'à l'obsession. Et d'un écrivain qui suit ça parfois de loin, parfois de près sans bien savoir trouver sa profondeur de champ. Le récit (120 pages) est enlevé, alternant dialogues, exposition cursive et notes rapides de l'auteur (un peu à la manière de La guerre des ombres de Joseph Kessel). Une nouvelle finalement efficace et plaisante et un bon apéritif pour attaquer De sang froid qui laisse augurer du meilleur. Et puis tant pis, je poursuivrais en français... retour de flemme.

23 février 2006

[miscellanée] Trappiste

Bière trappiste. Le haut du panier des bières wallonnes, fabriquées par les moines trappistes au sein de leur abbaye et selon les recettes ancestrales, appelées également bières catholiques.

Il n'existe que 6 bières dans le monde qui ont droit à cette appellation, dont 3 proviennent de Wallonie, à savoir :

L'Orval : la moins alcoolisée, très pétillante, subtilement ambrée, elle grise délicieusement. Ces caractéristiques lui ont donné le surnom de Champagne wallon.

La Chimay : fabriquée à l'abbaye de Scourmont à Chimay. La différence de densité est visible à la couleur de la capsule. On se plaît à dire que la blanche est pour les adolescents, la rouge pour les femmes et la bleu pour les hommes. Tout un programme...

La Rochefort : en provenance directe de l'abbaye Saint-Remy à Rochefort. Elle a du corps, certains la trouvent parfois un peu lourde, c'est le Bourgogne de notre région. Se décline en version 10°, 8° et 6° (Il s'agit des degrés de fermentation - le taux d'alcool est respectivement de 11,4%, 9,2% et 7,5%). La Rochefort 6° ne se trouve que dans les environs immédiats de l'abbaye.

source : fugitif.net (voir glossaire)

Retour de flamme

Où l'on apprend que la passion de monsieur Jean pour la lingua franca langue française n'est pas morte (malgré une absence remarquée de billets consacrés aux mots oubliés ou trop rarement employés*, aux particularités excentriques et exotiques et aux mille pièges de la langue française)

Il y a quelques jours, je m'interrogeais sur le genre des villes. Le genre de questions qui trouvent généralement leur réponse sur orthonet (et hop, une ressource de plus). Et bien, cette fois, rien, pas le moindre début du commencement d'une piste de réponse (ceci est une magnifique figure de style répondant au joli nom d'amphigouri).

Comme orthonet propose, lorsque le lexique ne suffit pas, de tenter de coller des linguistes avec une question ardue en promettant une réponse rapide, précise, documentée,
n'écoutant que ma perversité curiosité, j'ai demandé candidement :

Quels sont les règles et/ou les usages relatifs au genre des villes ?

et la réponse est arrivée, rapide, précise, documentée :

Vaste question!

Il n'y a pas à proprement parler de règle, mais des usages. [nda: c'est ce que j'avais cru deviner... d'où l'intitulé très subtil de ma question.]

Voici un résumé (extrait de la FAQ du service de correction du journal Le Monde) :

Si les noms de villes comportent un article, c'est le genre de l'article qui prévaut.
Ex. : Le Caire est bruyant ; La Rochelle est aérée.

Hormis ces cas, on ne saurait appliquer une règle générale. Toutefois, on admet que Paris, par exemple, est masculin, genre qui semble l'emporter.

Si l'on parle de la population d'une ville, le masculin est de rigueur.
Ex. : Tout Venise est coloré lors du carnaval.

Enfin, lorsque la ville désigne l'Etat, le masculin sera également de rigueur.
Ex. : Damas s'est inquiété des déclarations du président des Etats-Unis.


Et de me renvoyer finalement au cabinet des curiosités que j'avais déjà trouvé et référencé...

Monsieur Jean, heureux de ce petit savoir gratuit et savoureux, toujours amoureux de sa langue maternelle.


* J'aurais aussi pu vous raconter que je crois avoir été la première personne à envoyer un sms contenant le mot didascalie, mais je ne suis pas sûr que ça vous intéresse vraiment. :)

re-bonus du jour : le P'tit Dico (la FAQ du Monde)

22 février 2006

Hommage

Je viens de finir (un peu tard cette nuit) La guerre des ombres de Joseph Kessel. Un récit assez unique dans lequel on sent tout le talent de Kessel servir avec respect le combat quotidien de la Résistance. Un hommage aux Français qui se battaient, au moment même où il écrivait (le roman a été écrit à Londres et achevé en 1943), pour une guerre sans gloire, obscure et démesurément couteuse, mais une guerre pour que vive la liberté et une certaine idée de la France. L'occasion de se souvenir de ces hommes et ces femmes. L'occasion aussi de se demander "et moi, aurais-je été à la hauteur ? aurais-je eu leur lucidité et leur courage ?"

L'occasion enfin de se souvenir du 22 février 1943. Hans et Sophie Scholl, Christoph Probst, trois étudiants allemands d'une vingtaine d'années sont décapités à la hache dans la prison de Stadelheim, près de Munich.

Hans et Sophie Scholl ont été l'âme de la
Rose blanche (Die Weiße Rose), un mouvement de résistance intellectuelle et spirituelle allemand qui, de juin 1942 à février 1943, a essentiellement diffusé six tracts et tenté de réveiller la conscience des étudiants allemands (universités de Munich, Ulm et Sarrebruck).

Malgré son caractère confidentiel, la Rose Blanche bénéficie dès le printemps 1943 d'une notoriété nationale et même mondiale. Thomas Mann lui rendit hommage sur les ondes de la BBC le 27 juin 1943, saluant "la naissance d'une foi nouvelle, celle de l'honneur et de la liberté" tandis qu'au cours l'été 1943, la RAF deversa au dessus de l'Allemagne un million d'exemplaires du dernier tract rédigé le groupe.


Si incontestablement, la Rose Blanche avait fané en moins d'une année, la mémoire d'une lutte héroïque - contre la résignation et pour la défense de la liberté d'opinion lorsqu'elle est menacée - devait, elle, ne jamais s'éteindre.

Le 22 février 1943,
Hans Scholl avait 24 ans, sa soeur Sophie, 21 ans et Christoph Probst, 23 ans, était marié et père de deux enfants.


Es lebe die Freiheit!

Christoph Probst, Sophie et Hans Scholl en 1942

source : Hérodote.net

20 février 2006

Petit déjeuner chez Tiffany












" Chéri, me dit-elle, peux-tu atteindre le tiroir là-bas, et me donner mon sac ? Une fille bien ne lit pas ce genre de lettres sans se mettre du rouge au lèvres. "

Voilà, je viens de finir Petit déjeuner chez Tiffany. Truman Capote, c'est une écriture étrange - tellement loin de Kessel et pourtant si contemporaine. Une sorte d'atmosphère indéfinissable. New-York, les forties, les escaliers de secours des luxueux appartements d'East River... un lieu et une époque dont je n'ai pas les clefs, les codes, les impressions. New-York alors que Paris est occupé et que Londres est bombardée (by the way, c'est quoi le genre des villes ? update : voir le bonus du jour). New-York qu'on imagine indolente et un peu superficielle alors que les boys se battent en Europe et dans le Pacifique. Etrange.

" Eventuellement elle me demanda une picayune, en tira une bouffée. (Là, je me suis dit qu'il fallait vraiment que je lise Capote en anglais... je me serais fait allumer par Lemon's en spé pour une faute de traduction aussi énorme !) " Goût vulgaire mais divin, fit-elle et me jeta la lettre. Peut-être que cela pourra te servir si tu écris le roman d'un rat. Non, ne te hérisse pas et lis tout haut. J'aimerai moi même l'entendre. ""

En fait, à la réflexion, Capote et Kessel ne sont pas si dissemblables, même si New-York est à mille lieux de la France occupée, du Yemen ou de l'Afghanistan, même si Kessel s'intéresse à des personnages totalement différents, même si la narration de Capote à la première personne vous colle dans l'histoire, trop près. Une même manière de peindre des personnages par les mots plutôt que par la phrase. Je veux dire, en recréant une atmosphère, une impression plutôt qu'en décrivant avec minutie et précision. Le sens du détail qui donne tout son caractère à un portrait crayonné à la hâte. La patte d'un bon dessinateur comme d'un bon écrivain.

bonus du jour : le cabinet de curiosité dont le principe est de rassembler des monstres, des figures étranges, des objets excentriques et exotiques de la langue française – les singularités qui la rendent agréable, plaisante et redoutable à la fois... et qui nous en apprend un (tout) petit peu plus sur le genre des villes.

update : Non, Catherine Helpburn n'est pas en train de se refaire une beauté devant la vitrine de Tiffany... elle mange une patisserie et c'est la scène d'ouverture du film, d'ailleurs. Alors, oui, en bref, rien à voir entre la citation et la photo. Et alors ?

On Air

Recurring post

Les dernières bonnes BO : Lost In Translation (non, ce n'est pas encore obsessionnel !), Eternel Sunshine of the Spotless Mind, Garden State, Good Bye Lenin, Les poupées russes...

Et puis aussi, des labels indépendants... Des sonorités vraiment originales, spontanées et authentiques. Et des envies de concerts improbables dans une petite salle qui paie pas de mine... après OMR en avant Wax Tailor, Troy Von Balthazar, Marie Cherrier, Claire Diterzi ou Joseph d'Anvers. Nouvelle nouvelle scène française ? Je ne sais pas, mais un son sympa et pas (encore ?) conventionnel. Un peu bizarre, étrange, rarement lumineux ou joyeux mais souvent délicieux, musicalement et/ou textuellement. Comme re-regarder Citizen Kane.

A écouter sans avec modération, à savourer à l'occas'.

17 février 2006

Done. Over. At Last...

J'avais commencé cette longue série (5 tomes, 7 volumes, respectivement 537, 700, 915, 539, 439, 511 et 511 pages, soit un total de - je vous épargne le calcul de tête, n'est pas polytechnicien qui veut... - 4 152 pages en poche chez Pocket) je ne sais plus quand, septembre ou peut-être plutôt octobre voire novembre. C'est une course de fond. Comme toujours, on part un peu trop vite (l'attrait de la nouveauté) puis on bute sur le mur des 2 000 premières pages (c'est quand même pas très bien écrit, on s'habitue au trucs de narration de l'auteur - en fait on s'y habitue plus tôt ; au bout de 2 000 pages, on les connait par coeur - et puis la description minutieuse du permafrost, c'est faisable la première fois, mais c'est comme le saut en parachute : le véritable exploit c'est la seconde !). Ensuite, on traîne la patte dans les derniers volumes, mais on s'accroche parce qu'on s'est mis au défi de le faire. Et on finit les derniers chapitres d'un sprint décidé et libérateur (parfois un peu poussif, c'est vrai) et on pousse le vice jusqu'à parcourir les remerciements qui closent le dernier tome avant de le refermer et de s'écrouler derrière la ligne en se promettant de faire un cure de petits romans fins, spirituels, et bien écrits, agrémentée (-ée, la cure, faut suivre aussi, parfois...) d'essais intelligents qu'on termine en quelques dizaines de minutes et qu'on résume en un paragraphe. Même si au cours de cette difficile épreuve, j'ai lu un tas d'autres choses bien tournées et quelques petits essais, sans compter quelques bouquins d'actu sans grand intérêt, j'ai l'impression d'être libre : libre de commencer un roman de 250 pages et de le savourer en me disant qu'on n'est pas pris en otage par l'auteur pour encore quelques milliers de pages. Et pouvoir varier les styles, les expériences, les intrigues et les paysages intérieurs explorés minutieusement au scalpel et peints avec talent, peu importe comment !

Quoi, c'était un très gros paragraphe ? Ben oui, en même temps, c'était aussi une très longue histoire...

Quoi, je vous ai pas dit ce que c'était ? Ah, désolé, oui, Les enfants de la Terre de Jean Auel, en même temps, si ce n'est pas sans intérêt, ce n'est pas non plus un conseil de lecture...

14 février 2006

Today was n'importe quoi !

Random quotes from today...

Si j'ai bien compris, tu voulais m'appeler samedi matin pour me dire que tu viens, mais ton chat a mangé ton blackberry et ton carnet d'adresses a opportunément disparu alors tu te demandes si tu viendras, finalement... L'excuse ne tient pas, tu es démasquée ! (monsieur Jean)

En fait les japonais sont devenus des playmobils et elle n'a plus eu qu'à les photographier en décor naturel ! (Pé)

Je suis confuse comme les cerises sont confites... Et d'ailleurs quand reviendra le temps des cerises, rira bien qui rira le dernier. (TG aka WMD)

Un grand moment de poésie

Oui, il n'y a que moi que ça fait sourire...
...et alors ? C'est MON blog, non ?

So perhaps you are [...] in favour of [...] ending economic growth entirely. This has proved possible - for example, in Mao’s China or the dying days of the Soviet Union. Environmental Eden did not result...

Of course, Dear Economist, c'est pas faux...

Il était extrêmement lucide et posé

En écho à un billet précédent, dans Libé, aujourd'hui, Lafaille, le poids de l'exploit, par François Carrel :

Grand Angle

Lafaille, le poids de l'exploit

L'alpiniste a disparu dans l'ascension du Makalu au Népal. Il attendait depuis six semaines à 5 300 mètres, contraint par la météo, pressé par le temps et hanté par son objectif : boucler les 14 sommets de plus de 8 000 mètres de l'Himalaya.

Par François CARREL
mardi 14 février 2006
Grenoble correspondance

On ne connaîtra sans doute jamais les circonstances précises de la mort de Jean-Christophe Lafaille, quelque part sur le Makalu (8 463 mètres, Népal), fin janvier. «Il a dû rencontrer un piège : un danger objectif comme une chute de sérac, une crevasse...», expliquait Katia, son épouse et manager, le 6 février, après un ultime survol du Makalu en hélicoptère. Lafaille, grimpeur, alpiniste et glaciairiste brillant, était un himalayiste professionnel, le seul en France. Aujourd'hui, le monde de la montagne s'interroge : pourquoi Lafaille est-il mort ? L'alpiniste a-t-il été victime des pressions psychologiques, économiques, inhérentes à son niveau de performance ?


Lundi 23 janvier, après dix jours d'inactivité forcée au camp de base, Lafaille reçoit l'information tant attendue. Katia lui annonce de bonnes prévisions de son routeur Yann Giezendanner : le vent tombe durablement. Il lui aura fallu s'armer de patience : les relations avec les trois Népalais qui tiennent son camp sont mauvaises, il ne dialogue plus qu'avec Katia, par téléphone, parfois avec leur fils Tom, 4 ans. Les semaines précédentes, Lafaille a enchaîné montées et descentes sur les flancs de l'immense montagne, repoussé à chaque fois vers le camp de base par le vent et le froid hivernaux. A 40 ans, il est au sommet de son art, parfaitement équipé et entraîné ; ses capacités mentales et physiques hors du commun font l'unanimité. Il n'empêche : lorsqu'il part enfin en direction du sommet, il est à pied d'oeuvre depuis six semaines. C'est long. Le repos, à un camp de base situé très haut, à 5 300 mètres, ne peut être que relatif.

«J'en ai marre, ça me saoule»

Lors de son avant-dernière incursion en altitude, il s'était filmé. Il avait transmis, après sélection, ces images à TF1 : «J'en ai marre. J'en ai marre des allers-retours pour rien. Ça me saoule...», disait-il à 6 900 mètres. Simple coup de fatigue ou lassitude profonde ? «La dernière fois que je l'ai entendu, raconte Yann Giezendanner, c'est lors de son appel à Katia du 24 janvier. Il allait bien, ne toussait plus.» De la toux ? Lafaille n'était donc pas, les jours précédant sa tentative, dans une forme physique éclatante. Patrick Gabarrou, alpiniste, souligne : «La frontière entre l'acclimatation, qui permet d'être en pleine forme à très haute altitude, et la dégradation qui suit est ténue. Le créneau météo est arrivé très tard pour Jean-Christophe. En avait-il trop bavé pour renoncer ?» Il avait prévu un retour en France le 30 janvier : sa tentative, démarrée le 24, était donc à l'extrême limite du temps qu'il s'était accordé.

Ce jour-là, lorsqu'il démarre, le vent souffle de 50 à 60 km/h. C'est encore violent, mais cela n'empêche plus sa progression, très rapide. Sa réelle tentative en solo hivernal a enfin commencé. Ce Makalu, Lafaille le veut. Ce doit être son douzième sommet de plus de 8 000 mètres, sur les quatorze que compte la chaîne himalayenne. Après avoir longtemps dénoncé les risques de ce défi, il avait décidé, début 2001, d'être le premier Français à gravir les quatorze sommets. Après Reinhold Messner, douze autres alpinistes l'ont fait. Plusieurs Français y ont laissé leur vie, en particulier Benoît Chamoux, Chantal Mauduit et Eric Escoffier. Voir disparaître Lafaille à son tour dans ce challenge désormais sans intérêt pour le haut niveau attriste Bruno Pellicier, président du Syndicat national des guides de montagne (SNGM) : «Jean-Christophe nous a montré tellement de choses uniques et sublimes que je ne lui en aurais pas voulu de ne faire que onze sommets sur quatorze ! La valeur de ce qu'il faisait ne se mesurait pas au double décimètre. Je regrette qu'il soit allé s'enfermer dans une logique arithmétique, à l'aboutissement morbide.»

«De la roulette russe avec trop de balles dans le barillet»

Si les Lafaille avaient décidé de se lancer ensemble dans l'aventure des quatorze 8 000, elle comme chargée de communication et manager, lui comme alpiniste dégagé de ces tâches prenantes, c'était à condition de le faire comme Jean Christophe l'entendait : dans le haut niveau... Par des voies jamais répétées, comme au K2 en 2001 et à l'Annapurna en 2003, puis en solo par une nouvelle voie, comme lors de sa précédente tentative au Makalu début 2004. Et toujours sans oxygène. Il s'était ensuite fixé une nouvelle frontière : le solo hivernal. «Je sais que je peux réussir les quatorze sommets de plus de 8 000 mètres mais je ne sais pas encore si je suis capable de le faire dans les conditions abominables de l'hiver, écrivait l'alpiniste en 2004. Cette incertitude me motive : suis-je capable de grimper en état d'hypoxie, à des températures polaires de - 40 ou - 50 degrés, dans une solitude physique et mentale insondable ?» Il avait eu une réponse positive au Shishapangma, réussi en décembre 2004, mais il avait décidé de tenter à nouveau l'expérience au Makalu, plus haut de 400 mètres de dénivelé. Au-dessus de 8 000 mètres et sans oxygène, c'est un défi à la limite des capacités humaines, sur lequel les avis divergent. Pour Reinhold Messner, vieux maître de l'himalayisme, «l'exposition au Makalu en hiver est énorme. Maximale. Mais on n'a pas le droit de dire que c'est trop, ou pas possible. Jean Christophe pouvait le faire». Jean-François Hagenmuller, l'un des rares compagnons de cordée de Lafaille, guide, professeur à l'Ecole nationale de ski et d'alpinisme de Chamonix, est plus hésitant : «Il était extrêmement lucide, tout sauf un allumé qui pousse le bouchon trop loin. Mais c'était beaucoup, en terme d'engagement.» Christophe Raylat, ex-rédacteur en chef de Montagnes magazine, ami de Lafaille, est amer : «Dans la logique des quatorze 8 000, il était dans une surenchère puisque d'autres l'avaient déjà fait. La surenchère, c'est ce qui limite les chances de survie. C'était de la roulette russe avec trop de balles dans le barillet. Jean-Christophe n'est pas le premier à être tombé dans ce piège : Benoît Chamoux, au Kangchengunga, y est resté.» Un autre fantôme flotte dans les esprits, même si personne n'en parle ouvertement : Patrick Berhault est mort en montagne en 2004 lors d'un accident des plus ordinaires. Alpiniste de haut niveau professionnel, il était alors engagé dans une aventure usante et très conceptuelle : enchaîner les 82 sommets de plus de 4 000 mètres des Alpes, dans un contexte de forte médiatisation.

«Il était extrêmement lucide et posé»

Mardi 24 dans l'après midi, Lafaille retrouve, à l'altitude de 6 900 mètres, sa tente installée là un mois auparavant. Il joint Katia à Chamonix. Elle attend l'appel chez Yann Giezendanner, avec une équipe de télévision de M6 Grenoble. Pour Yann et les journalistes, elle branche le haut-parleur. Jean-Christophe va bien, il avance comme prévu. Le lendemain, il grimpe très haut, malgré le vent, jusqu'à 7 600 mètres. Depuis sa tente, il appelle Katia, qui est en compagnie d'une équipe de télévision, de France 2 cette fois. Haut-parleur, caméra en route. Benoît Gadrey, le journaliste de France 2, est sûr de lui : «Il ne savait pas que nous enregistrions. Il était extrêmement lucide et posé.» Katia Lafaille a toujours clairement défini ses priorités : les télés, dont TF1 qui avait équipé Jean-Christophe de matériel de transmission, et quelques journaux à gros tirage, dont Paris Match, en contrat d'exclusivité avec les Lafaille. L'hebdo a d'ailleurs payé l'hélicoptère à Katia pour son voyage d'adieu au camp de base, après le drame, en compagnie d'un de ses photographes et d'un reporter. Bruno Pellicier, du SNGM, regrette cette exposition : «La médiatisation dans laquelle Jean-Christophe s'était installé hypertrophie la prise de risque par l'alpiniste, en faisant comme si c'était le seul intérêt, au détriment de l'esthétique, du sens de la démarche.» Le site Internet de l'alpiniste annonçait pour sa part sans retenue : «Jean-Christophe va réaliser durant l'hiver 2005-2006, son douzième sommet de plus de 8 000 mètres avec la première ascension hivernale et en solo du Makalu.»

Mercredi soir, nouvel appel. Lafaille décide de poursuivre le lendemain. Katia encourage Jean-Christophe quand il le faut. En 2003, il doit choisir avec Alberto Inurrategui de s'engager sur l'arête est de l'Annapurna, qui n'offre aucune possibilité de repli en cas de mauvais temps. Il écrira plus tard : «Je parle avec Katia à la radio (elle est au camp de base, ndlr). Nous sommes près du sommet mais je doute. (...) Une heure plus tard, on refait une vacation radio, Katia me motive à nouveau : nous décidons de poursuivre notre ascension.» Katia pousse parfois à la descente, comme ce fut le cas au Broad Peak où Jean-Christophe, victime d'un début d'oedème, sombre dans un sommeil léthal. Elle lui ordonne de redescendre, contribuant à sa survie. Les Lafaille sont un duo taillé pour l'extrême, c'est l'une des clefs des dernières réussites de Jean-Christophe.

Un budget de 50 000 euros, difficile à boucler

Les finances familiales et professionnelles des Lafaille sont mêlées. La PME Lafaille Communication, 30 000 euros de chiffre d'affaires avant l'éclatant succès à l'Annapurna, avait gonflé depuis mais l'équilibre était fragile. Les Lafaille avaient réuni fin 2005 treize sponsors ; quelques-uns seulement versaient de l'argent, parmi lesquels Gore Tex, Paris Match, Asolo, Petzl et la mairie de Chamonix. Aucun des sponsors n'a accepté de rendre public le montant de son soutien. On sait seulement que cette expédition au Makalu était chère, environ 50 000 euros, et que le budget avait été difficile à boucler.

Des pressions directes des sponsors sont peu probables. «A chaque 8 000, on versait une somme à Lafaille, qu'il réussisse ou pas. S'il avait renoncé, et était reparti plus tard au Makalu, nous l'aurions aidé de nouveau. Nous l'avons aidé à réaliser son rêve. Ce sont les alpinistes qui viennent nous chercher, ce n'est pas nous qui leur demandons d'aller escalader un sommet», tranche Marc Brincourt, chef du service photo à Paris Match. «Jean-Christophe était très libre, je n'ai jamais discuté avec lui de ses objectifs», assure Yves Denu, patron d'Asolo. Peut-on en revanche imaginer une obligation de résultat à laquelle Lafaille se serait exposé lui-même ? Giezendanner, le routeur, ne le pense pas. Le guide Jean-François Hagenmuller le redoute : «C'était sa deuxième tentative pour le Makalu. Remonter une nouvelle expé, c'était lourd d'engagement, financier et familial. Je crois qu'il voulait absolument terminer ce 8 000, ne pas y revenir.» Laurent de la Fouchardière, chargé du sponsoring chez Petzl, s'interroge : «Si nous ne mettions aucune pression à Jean-Christophe, le fait que l'économie familiale soit totalement basée sur ses expéditions pouvait peut-être en générer.»

Jeudi 24 au matin, Lafaille part vers le sommet, après une ultime conversation avec Katia. Elle a rapporté qu'il lui avait dit avoir pu dormir, mais il était énervé car il avait mal réglé sa montre-réveil et raté d'une petite heure l'horaire prévu pour le départ. La conversation tourne court, rendez-vous téléphonique est pris pour cinq heures plus tard. Il n'a jamais rappelé.

13 février 2006

Private joke / message personnel

(aujourd'hui - et aujourd'hui seulement - monsieur Jean assure la traduction - très approximative - des titres - et des titres seulement)

question : C'est quoi ?




















réponse : Tonfa sous la neige. Ce matin, à la radio, 63 cm de neige sur Central Park ; et chez toi ?

update : ok, merci pour ton mail... (:

Les parisiennes

On ne devrait jamais sous-estimer l'impact des Biba, Metropolitan et Elle* sur les rue de Paris, au-delà des couvertures qui tapissent** les kiosques à journaux et ponctuent les couloirs du métro, nous apprenant qu'Uma Stone ne s'est jamais sentie aussi adulte et mille autres choses qu'on n'aurait pas dû oublier ou pas pu soupçonner.

Bref, les magazines féminins façonnent les rues de Paris, les quais du métro et l'air du temps d'une manière plus subtile : en rhabillant les parisiennes.

Depuis quelques jours, je n'arrête pas de croiser des jeunes femmes habillées d'une culotte de flanelle grise, portée par dessus une paire de collants (pour des raisons qui, à mon avis, touchent autant à l'élégance qu'à la saison ; d'ailleurs, il est heureux que la saison impose le port du collant, je ne suis pas sûr de l'effet culotte de flanelle sans collants). Oui, une culotte de flanelle grise comme celle que je portais quand j'étais (petit) garçon d'honneur aux mariages de mes oncles. J'ai trouvé originale la première combinaison culotte/collants mais j'ai cessé d'en admirer la créativité après en avoir croisé cinq ou six en un seul trajet (Invalides - Opéra). Et je me suis rendu à l'évidence : on ne devrait jamais négliger l'impact de Biba, Elle et Metropolitan sur l'aspect des rues de Paris.

* liste non exhaustive, uniquement limitée par ma connaissance très limitée de ce segment pourtant non négligeable de la presse magazine.
** ou des tapisseries qui couvrent ?

Plan du métro

En revoyant Lost in Translation...

C'est un de ces petits plaisirs de voyage auquels on prête rarement attention : être debout pour la première fois devant le plan du métro, dans une ville dont on ignore tout, de la géographie aux habitudes (et parfois jusqu'à la langue). Perplexe, découvrir la physionomie générale (et très schématique) de cette ville. Chercher sur le plan la station que l'on vise tout en imaginant les itinéraires pleins de promesses qui se dessinent au fil de noms inconnus. Trouver enfin. Prendre le métro en vérifiant par deux fois qu'on est bien sur la bonne ligne (et dans la bonne direction). Et commencer à apprivoiser une nouvelle ville qui bientôt appartiendra à notre histoire, nous prêtera son décor pour quelques jours, quelques semaines et dont les stations de métro rythmeront nos souvenirs.

Please mind the gap between the train and the platform.



bonus du jour (rien à voir avec le métro, un peu plus avec Lost in Translation) : http://blog.so-net.ne.jp/photolog/


11 février 2006

C'est arrivé cette semaine

(la version outrageusement nombrilo-centrée d'une chronique généralement intéressante - voire aussi, dans un registre proche et à un horaire concurrent, Good Morning Week-end)

vendredi : Munich & Globo (c'est vrai, ça a aussi un peu franchement débordé sur le samedi) ;


samedi : librairie (j'aurais pas du...), (sèchage de) colloque, Pompoko*, dodo ;

dimanche :
mis à part les activités à fortes connotations sexuelles, trucs divers qu'on ne fait jamais (dont courses, lessives, repassage, etc.), et séquence "café branchouille, ciné (Brokeback Mountain**) & critique post-séance" avec P.

lundi : dodo, métro, boulot, dvd avec des potes, je me dis qu'il faut que je poste, j'ai des idées, mais j'ai un gros poil dans la main...

mardi : dodo, métro, boulot, déjeuner mais c'est hors sujet, boulot (non, je ne suis pas en grêve), idées des posts dans le métro au retour (une scène de métro et une analyse de l'impact des magazine féminin sur le look des parisiennes, promis, je vous raconterai...), les Dames de Cornouailles*** à la dernière séance, pour arrêter d'y penser (au boulot), pas de post finalement ;

mercredi : dodo, métro, boulot (les pales d'un ventilateur qui me brassent le cerveau au ralenti), dîner avec les parents (petite adresse sympa : Victor & Capucine) et Tonfa's Flight Over the Ocean, toujours pas de post ;

jeudi : dodo, malade (j'arrête le tartare de boeuf, c'est juré, et puis, j'aimerais bien que ça s'arrête, les pales du ventilo), dodo, j'veux mourir... bon finalement boulot, et puis la meilleure thérapie qui soit : le film pour enfants en VF (Nanny McPhee****),
dîner et retour ;

vendredi : boulot, post sans intéret, boulot (un peu, mais c'est dur), préparation du débat sur Lost In Translation (plus je le vois, plus je l'apprécie ce film) avec P.

et aujourd'hui, comme un week-end qui commence... (qui a dit "...par un billet sans intéret ?", je veux les noms !)

* La (très) véritable histoire des tanukis. Comme d'habitude, un
Ghibli qui fonctionne : dépaysant et délicat. Un vrai bon film d'animation pour enfants.
** Là, il va falloir que je prenne le temps d'écrire. J'étais très content de le voir avec P. et de prendre le temps d'en parler ensuite.
*** Un petit film qu'on arrive pas à détester ne pas aimer. Un peu naïf, pas super bien filmé, mais, c'est comme ça. Sans plus, mais comme ça quand même.
**** Jolies couleurs, gros travail de ce côté-là. Emma Thomson méconnaissable. Un vrai bon film pas d'animation pour enfants. Meriterait presque un petit billet.

PS : Qui a dit que je ne voyais que des trucs pour enfants... ? Bon, bah, oui, j'en vois aussi et j'assume (et non, je ne m'entraîne pas).
PPS : oui, c'est un billet "monsieur Jean, phase narcissique, tendance nombrilo-centrée"... en même temps, je vous avais prévénu !

10 février 2006

Perdre son temps...

Vouzavépaémé les gribouilloux, mais je persévère en perdant mon temps. Bon, c'est pas tout mais je dois vous laisser, là. J'ai du travail, hein, quand même.

bonus du jour :
http://www.mon-jardin-sucre.com/
http://www.ambidextre.com/ (& http://ambidextre.blogsome.com/)

Resume (live) blogging

0:01

C'est l'heure à laquelle je me suis retrouvé dans la rue après un dîner avec D. (et le dessert avec M., pleasure was mine). C'est ce que mon portable m'a dit quand je l'ai rallumé. J'ai trouvé ça drôle, 0:01. Bref, fin tardive d'un agréable dîner.

Et puis la 12. Jules Joffrin (je ne sais pas qui c'est Jules Joffrin, mais ça sonne très IIIème République, en tout cas). Abbesses qui n'est pas très en forme. Quelques pages plus loin (un bouquin d'actu), je passe par Pigalle, l'occasion de me souvenir qu'avant d'être proxénète, Pigalle (Jean-Baptiste) était sculpteur.




Monsieur Jean is back in town. Live blogging, sans intéret ni prise de tête.

03 février 2006

Explication de textes

(et non pas explications de texte)

ou pourquoi monsieur Jean n'a (presque) rien posté cette semaine

Après y avoir un peu réfléchi (c'est presque la première fois que ça m'arrive, une semaine de silence), j'ai commencé à comprendre pourquoi. Pourquoi les billets ne venaient pas cette semaine. Pourquoi les idées de posts restaient des idées (même si ça fera tout de même un ou deux billets dans les semaines qui viennent). Pourquoi je n'avais pas tellement envie de sourire, ni de vous faire sourire.

Ce n'est pas l'angoisse de l'écran blanc (le pendant bloggesque de l'angoisse de la page blanche, syndrome par ailleurs bien connu).

Ce n'est pas un spleen aussi soudain que gigantesque.

Ce n'est pas le coup de la petite voix qui me dit : "de tout manière personne ne te lit... alors, à quoi bon, hein ?"

Ce n'est pas le manque de temps (quoique... mais à la réflexion, non, ce n'est pas ça, ou pas d'abord ça).

C'est plutôt le sentiment que ces sourires sont parfois un peu vains. Parceque la vraie vie n'est pas toujours (uniformément) belle. Parceque c'est dur d'être léger. Impossible d'être insouciant, ni flegmatique, quand la paix se fait plus improbable au Moyen-Orient ; quand, quoiqu'on en dise, les civilisations se frottent jusqu'à faire des étincelles ; quand on sent que les choses n'avancent pas dans le bon sens ou pas vraiment ou pas assez vite. Quand on sent notre époque murmurer "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles." (Paul Valéry)

C'est dur (d'avoir l'air) d'être heureux quand l'air du temps n'y est pas du tout et quand on se fait du souci, pas tant pour soi que pour son époque.

Certains m'ont souvent dit qu'il n'y avait pas lieu de s'excuser hors de propos. Mais ce soir, monsieur Jean vous présente ses excuses : je n'arrive pas à être léger, à voir ce petit détail qui illumine une journée, quelque soir le temps qu'il fait, quoiqu'il se passe par ailleurs... J'ai le coeur lourd et l'air un peu grave, à l'intérieur.

02 février 2006

Des semaines comme ça...

Ce soir, j'ai :

- subi le discours creux, vide, affigeant mais tellement courant d'un de ces conseillers politiques qui maîtrisent tellement bien la forme de leur discours qu'ils oublient que parfois, l'absence de fond est un crime (en creux, l'occasion de me souvenir que l'absence de forme ne s'excuse pas non plus...);

- traversé la Seine en bus et admiré la voute du Grand Palais qui se détachait dans la nuit ;

et fait plein d'autres choses... Mais, cette semaine, je sèche lamentablement. Rien à vous raconter pour vous faire sourire et partager un peu de ma vie terriblement palpitante.

Les tulipes n'en finissent plus de fâner dans le salon. L'entropie dans ma chambre croît exponentiellement. Je n'ai rien lu depuis le week-end dernier. Je n'ai rien vu non plus d'ailleurs. Pas eu le temps de faire ce que je voulais faire. A fortiori, pas eu le temps d'en perdre avec art et talent.

Bon, une semaine un peu trop


et pas assez



Vivement...

sources : versapics et National Geographic

01 février 2006

Les mots qui ne viennent pas

Chercher les mots....

...pour dire à un ami qu'on pense à lui, qu'on voudrait faire quelque chose pour que ce soit moins dur...

...et savoir qu'on ne peut rien, qu'il n'y a pas de mots et que tout ce qu'on peut offrir, c'est d'être là, et se taire, simplement.

Lo, hang on.